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Levée de boucliers des ONG contre le gouvernement Benkirane : Halte à la discrimination contre les femmes !




Levée de boucliers des ONG contre le gouvernement Benkirane : Halte à la discrimination contre les femmes !
Elles sont outrées et elles le font savoir. Le fait que le gouvernement Benkirane ne compte qu’une seule femme en son sein a provoqué l’ire de l’ensemble des ONG féminines qui espéraient que les dispositions constitutionnelles relatives à la parité seraient appliquées par l’actuel Exécutif malgré son caractère conservateur.
Pour Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des femmes marocaines, la régression est insupportable. Ceci d’autant plus que l’équipe El Fassi comptait à un certain moment sept femmes. L’affaire est donc entendue : « Le gouvernement Benkirane viole les dispositions constitutionnelles sur la parité ».
Idem pour Saâdia Saâdi, présidente de l’Association Amal, qui déclare haut et fort que « c’est une régression, une honte d’autant plus qu’il s’agit du premier gouvernement nommé après l’adoption d’une Constitution qualifiée de révolutionnaire ».
Pour Khadija El Yamlahi, membre du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, il s’agit d’un « grand bond en arrière ». Quant à Horia Tazi, membre du Conseil national de l’USFP, elle estime que « la présence d’une seule femme au gouvernement est une régression au moment où la parité a été consacrée par la Constitution ».

Fouzia Assouli, présidente de la LDDF : «Le gouvernement Benkirane viole les dispositions constitutionnelles»

La liste du gouvernement est finalement tombée. Le moins que l’on puisse dire est que des relents de machisme s’en dégagent. Encore une fois, la femme est reléguée à l’arrière-plan et ce n’est pas faute de compétences. Que d’espoirs déçus parce que la montagne a accouché d’une souris. Au lieu de faire un pas en avant, on en fait plutôt deux en arrière. En effet, le précédent gouvernement  d’Abbas El  Fassi comptait bien sept femmes et maintenant on se retrouve avec une seule. Ce qui a fait sortir plus d’une femme de ses gonds. C’est le cas de Fouzia Assouli, présidente  de la Ligue  démocratique pour les droits de la femme, fervente militante des droits de la femme qui  n’a pas manqué de déverser toute sa colère sur le choix d’Abdelilah Benkirane fraîchement nommé chef de gouvernement. Dans une déclaration accordée à Libé, elle a qualifié la présence d’une seule femme au sein du gouvernement  d’un « mauvais signe, voire un recul dangereux ».
 Pour elle,  le gouvernement Benkirane a violé  d’emblée la Loi suprême qui consacre le principe de la parité et garantit le respect des droits économiques et politiques de chaque citoyen. « C’est dans cet esprit qu’on s’attendait à ce que le tiers des portefeuilles soit confié à des femmes. Celles qui ont lutté et fait entendre leurs voix haut et fort afin d’arracher leurs droits. Finalement, le résultat est décevant», nous a-t-elle confié avant de poursuivre : « C’est à croire que toutes les tractations et les difficultés pour composer ce gouvernement ne concernaient que les hommes quant au choix des ministères qui leur revenaient, la participation de la femme n’étant pas prioritaire ».
Pour elle, la responsabilité de cette situation incombe en premier lieu au chef de gouvernement Abdelilah Benkirane qui a  le devoir de veiller au respect de la parité. « Les autres leaders politiques devaient également présenter plus de femmes. Et dire que  le Parti du progrès et du socialisme a conditionné son alliance pour la composition  du gouvernement par le respect de la parité hommes-femmes. Des promesses qui sont restées malheureusement à ce stade», s’est-elle insurgée.
La présidente de la LDDF ne mâche pas ses mots. Elle estime que c’est  aberrant que certains membres du gouvernement désigné aient déclaré que  le choix a été élaboré sur la base des compétences et non sur le  genre. « Est-ce à dire que la matière grise manque effroyablement chez la gent féminine ?  Bien sûr que non, puisque le Maroc regorge de potentialités féminines dans tous les domaines et qui ont déjà fait leurs preuves. C’est réellement une volonté politique», a-t-elle remarqué.  Mais Mme Assouli ne compte pas en rester là. « Nous sommes là pour rappeler à quiconque veut l’entendre que le gouvernement ne peut se placer au-dessus de la Constitution. Dans un premier temps, nous allons publier un communiqué afin de faire part de notre position et  condamner cet état de fait. Ensuite, après la déclaration du gouvernement, nous établirons les démarches à suivre. Peut-être serons-nous acculées à saisir le Conseil constitutionnel afin de rétablir l’ordre », a-t-elle conclu.

Saâdia Saâidi, présidente de l’Association Amal :  «Halte à la discrimination contre les femmes !»


C’est avec des propos pleins de verve que Saâdia Saâidi, présidente de l’Association Amal femmes en mouvement pour une vie meilleure, commente la configuration du nouveau gouvernement. Cette militante des droits de la femme n’en revient pas de cette aberration. «C’est une régression, une honte d’autant plus qu’il s’agit du premier gouvernement instauré après une Constitution qualifiée de révolutionnaire. Une Loi suprême qui a fait de la protection des droits de l’Homme en général  et de ceux de la femme en particulier une priorité ». A ce stade, Mme Saâidi se demande comment on en est arrivé là. La responsabilité incombe à l’ensemble du gouvernement. Ni le Parti de l’Istiqlal ni le PPS n’ont  veillé à une bonne représentativité des femmes, confirme-t-elle. C’est vraiment regrettable car ces femmes qui, à travers une lutte acharnée, ont pu acquérir des droits âprement arrachés,  entendent bien les préserver.
Pour parer au plus urgent, la présidente de l’Association Amal compte lancer un mouvement appelé «Halte à la discrimination contre les femmes ». C’est un mouvement social, une sorte d’appel, explique-t-elle, ouvert à tous ceux qui sont épris de justice, que ce soit les partis politiques, les associations ou  les personnalités. Il veillera en premier lieu à l’application des dispositions de la Constitution.
Alors dorénavant le gouvernement doit compter avec la  présence de ce mouvement qui observera tous ses faits et gestes.

Khadija El Yamlahi, députée ittihadie : «Un net recul par rapport aux gouvernements précédents»

Khadija El Yamlahi, militante associative et membre du Groupe socialiste au sein de la Chambre des représentants, est profondément outrée. «Je ne serais sans doute pas originale en disant qu’en occultant la représentativité des femmes, le gouvernement nommé a fait un grand bond mais en arrière. Un net recul par rapport aux gouvernements précédents. Ce faisant, il a violé les dispositions de la Constitution qui prône la parité et l’égalité. Les mouvements féministes mécontents de leur représentativité au sein de toutes les instances politiques se voient infliger ainsi une sacrée humiliation».
Par ailleurs, on retrouve chez elle le même sentiment de déception qui marque les propos de toutes les militantes. Elle reproche ainsi aux autres partis représentés au gouvernement de ne pas avoir présenté des femmes ou le cas échéant de ne pas les avoir défendues. « Mais nous ne nous avouerons pas vaincues pour autant »,  ajoute-t-elle
En tant que parlementaire, Khadija El Yamlahi promet qu’elle portera haut et fort sa voix à travers la commission sociale afin de continuer à défendre ses compatriotes.
 

Houria Tazi, membre du Conseil national de l’USFP : «La présence d’une  seule femme au gouvernement est une régression»

Houria Tazi, militante associative et membre du Conseil national de l’USFP en joignant sa voix à celle des autres, considère, pour sa part, la présence d’une seule femme au gouvernement  comme «une régression au moment où la parité a été consacrée par la Constitution». Elle se dit indignée par cette décision  et réclame que lumière soit faite à ce sujet. « Nous aimerions être informées sur la réalité des tractations menées par le gouvernement », réclame-t-elle. Les partis de la majorité ont-ils simplement présenté des femmes ? Ont-elles eu au moins leur chance ? Des questions qui demandent des réponses instamment. Par ailleurs, Mme Tazi déclare que la représentativité politique de la femme est une question de gouvernance, voire une question sociale qui nous concerne tous. Pour la protéger, il faut renforcer les solidarités au niveau de toutes les instances.
Cette fervente militante abonde dans le même sens en rappelant que le Maroc a fait des progrès dans l’approche genre à travers les instances du gouvernement, notamment les ministères des Finances et du Développement social. Mais malheureusement, par cette initiative, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane vient stopper l’élan entrepris dans la voie du progrès et particulièrement de l’approche genre. 




Nezha Mounir
Vendredi 6 Janvier 2012

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1.Posté par futurbarbu le 06/01/2012 10:20
Mr le chef du gouvernement désigné et non investi par le parlement :
1) je vous informe ,qu'en tant ex-enseignant dans un institut supérieur ,j'ai remarqué que les 2/3 des étudiants étaient des filles tres studieues et qui sont aujourd'hui des hauts cadres dans les fonctions publiques et privées,
2)le maroc ,état ,parents et enseignants ,a investi de longues années et des milliards de dh pour leur formation dans différents domaines ,
3)comment se fait qu'il n'y a qu'une seule femme dans l'équipe du gouvernement ,
4)au départ vous nous avez déçu.

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