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Levée de boucliers des 2300 associations des Marocains du monde suite au forum organisé par le ministère des MRE




Levée de boucliers des 2300 associations des Marocains du monde suite au forum organisé par le ministère des MRE
Le 10 mai courant, près de 150 représentants d’associations de Marocains du monde se sont réunis à Rabat à l’initiative du ministère en charge de la migration. Lequel souhaitait diagnostiquer l’état des lieux à travers l’organisation de ces assises des associations de MDM.
Construire une nouvelle forme de collaboration avec les associations de Marocains du monde, c’est le vœu du ministre marocain en charge des MRE, Anis Birou. C’est en tout cas ce à quoi il aspirait en organisant ce forum. Comment ces 150 associations ont-elles été choisies?
Une chose est sûre, la grogne fait déjà rage au sein de quelque 2300 associations qui n’ont pas été consultées et la déception commencerait une fois de plus à planer sur le reste des 5 millions de MRE qui n’arrivent toujours pas à digérer que Younès et Mimoun (qu’ils ne connaissent ni d’Adam ni d’Ève) se permettent de parler en leur nom.
Cela ne fait pas l'unanimité dans le choix qui a été fait par le ministère ou les consuls en poste dans les régions où ces associations opèrent. Plusieurs d’entre elles qui réalisent leurs objectifs sans aucune subvention ne sont toujours pas considérées par le ministère, alors que pas mal d’autres ne sont que des coquilles vides sans aucune action et avec des assemblées générales avec d'éternels présidents.
L’organisation de ces assises des Marocains du monde aurait été l'occasion idéale une fois pour toutes de diagnostiquer l’état des lieux de ce favoritisme qui n'a que trop duré, et de mettre fin aux “méthodes clientélistes”.
Qu’entend le ministre, en déclarant vouloir instaurer une “nouvelle forme de collaboration?” Pour Anis Birou, il s’agit d’une relation de confiance qui permettrait au ministère de rendre service au mieux à cette communauté.  Au final, le résultat est maigre voire squelettique, du blablabla comme d'habitude pour épater la galerie, mais rien de concret, rien de nouveau. Encore une fois, les dindons de la farce sont les MRE qui ont toujours souffert d'une myopie chronique: oui, il faut trouver des moyens pour qu’ils continuent à envoyer de l'argent au Maroc mais on ne s'est pas assez penché sur les vraies questions.
1. Sur qui va-t-on compter et qui sont les interlocuteurs du ministère? On a trop vite refilé cette question aux affaires consulaires qui, eux, souvent agissent selon les modalités des “Ouidadiates”, “Bak Sahbi, Shkoun ntina”! si en plus on maîtrise un tant soit peu le discours de la gauche sans pour autant camper à gauche, le tour est joué. Il faut dire que les MRE n'ont pas beaucoup de choses en commun; certains sont partis faire des études et sont restés à l’étranger, d'autres se sont mariés avec des étrangères, d'autres encore sont partis du Maroc en désespoir de cause, quitte à risquer leur vie dans les pateras, très peu sont probablement des réfugiés politiques, alors que certains diplomates ou représentants des institutions marocaines s’y sont installés après leur retraite. Les Marocains de deuxième génération à l'étranger ont le sentiment d’être laissés pour compte par tout le monde. La RAM aurait beaucoup à faire à ce sujet en proposant des billets bon marché (où sont les promesses faites par le ministère à ce sujet?). 
2. Les associations reflètent un peu cette disparité. Certaines consistent en un mari et son épouse, d'autres sont créées pour bénéficier des subventions sans pour autant présenter les rapports moral et financier; d'autres  encore ont des agendas pour le moins douteux. 
Comment discuter avec un Maroco-Canadien qui crie haut et fort que les MRE devraient décourager les Canadiens d'aller investir au Maroc alors qu’il encourage plutôt les investisseurs marocains à venir investir au Québec? Comment comprendre que le ministère donne des subventions de 50 000 € pour faire un disque? Ou subventionne depuis cinq ans un festival à Toulouse qui doit montrer l'image du Maroc d'aujourd'hui mais qui, hélas, présente un plateau artistique inchangé depuis cinq ans, comme s'il n'y avait pas d'autres artistes marocains ! Ceci n'est qu'un exemple que vous pouvez multiplier par centaines. Comment comprendre alors que des subventions soient distribuées à des associations qui n'honorent pas leur pays?
3. Le renforcement des potentialités du tissu associatif devrait être un point de départ mais renforcer lesquelles? pour faire quoi? Permettre aux gens de voyager de part et d'autre de l'Atlantique aux frais de la princesse? 
4. Les activités culturelles sont également essentielles pour maintenir et renforcer la fibre patriotique chez les MRE. Mais pour cela, il faudrait développer des créneaux pour que les activités culturelles soient financées par les MRE eux-mêmes; la lutte contre la pauvreté via l'INDH qui peut mieux utiliser une grande partie du budget culturel. Que les 400 millions de dirhams de budget annuel du ministère profitent aux nécessiteux”.
Il est malheureux que les invitations à ce forum-mascarade et la distribution des billets d'avion soient délégués aux ambassades et consulats marocains, de telle sorte que les acteurs associatifs qui ne sont pas dans les bons papiers du consul ou du vice-consul sont exclus d'office. Jusqu'à quand le ministère des MRE souffrira-t-il de myopie chronique?
Les MRE demandent au ministère chargé des Marocains de l'étranger l'arrêt des dépenses inutiles en leur nom”. “Le dossier de l'immigration marocaine; (Al-Jalya) ne peut continuer à souffrir des aléas du changement de majorité (...) Il s’agit des droits de notre communauté et de l'avenir de nos enfants. Il s'agit aussi d’une question stratégique qui relève de l’intérêt suprême de la nation”.  Ces MRE plaident pour la continuité et la permanence dans la gestion du dossier de l’immigration marocaine, ils invitent également “les forces vives de la société civile et de la politique marocaine à un débat participatif sur le devenir de l’immigration marocaine”. Pour eux, “il est temps que l’Etat marocain prenne au sérieux les attentes des Marocains du monde et s’engage dans le débat de la mise en œuvre effective des articles 16, 17, 18, 30 et 163 de la Constitution, qui touchent à leurs droits civiques et politiques”.
Le ministre Birou semble avoir un (petit) problème. Car tôt ou tard, cette rencontre du “Forum des associations des Marocains du monde”, va être jugée , non pas sur ce qui a été dit tout au long de sa tenue, mais sur des actes et des réalisations.
 

Par Rachid Wahib Maghrebinfo
Samedi 17 Mai 2014

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