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Les violences s’amplifient : La réunion de Genève sur la Syrie menacée d’échec




Les violences s’amplifient : La réunion de Genève sur la Syrie menacée d’échec
Les violences en Syrie ont fait plus de 180 morts jeudi, un des bilans les plus lourds depuis le début du conflit, à la veille d’une réunion internationale à Genève déjà menacée d’échec par des objections russes à un plan de transition politique.
Les Etats-Unis, la France ou encore le Royaume-Uni ont déjà laissé entendre qu’ils boycotteraient la réunion s’il y avait un risque que le plan de l’émissaire Kofi Annan, qui préconise un gouvernement de transition pour mettre fin au conflit, ne soit pas adopté.
Or, le conflit est de plus en plus sanglant, avec des bilans dépassant ces dernières semaines la centaine de victimes chaque jour. Celui de jeudi a atteint 183 morts, dont une centaine de civils et 60 soldats, selon les chiffres de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La majorité des victimes civiles, dont plusieurs femmes et enfants, ont péri à Douma, ville rebelle proche de la capitale et pilonnée chaque jour par l’armée, selon les militants.
En plus de 15 mois de révolte, les opérations de répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l’OSDH.
Comme chaque vendredi depuis mars 2011, les militants ont appelé à des manifestations, se disant «confiants dans la victoire divine» contre le régime du président Bachar al-Assad.
Se targuant du soutien d’une partie de la population, M. Assad ne reconnaît pas la contestation et affirme combattre des «groupes terroristes». Il a accusé les Occidentaux de soutenir militairement «en sous-main» la rébellion, dans une interview diffusée jeudi par la télévision d’Etat iranienne.
Ces derniers jours, les violences se sont rapprochées des centres du pouvoir: une attaque contre une chaîne officielle a fait sept morts mercredi dans le centre de Damas, où un attentat à la bombe a fait trois blessés jeudi dans le parking du palais de justice. Parallèlement, après la perte d’un de ses avions de combat abattu il y a une semaine par la Syrie, la Turquie a envoyé un convoi de véhicules militaires et une batterie de missiles sol-air à la frontière syrienne, selon les médias turcs.
Sur le front diplomatique, des diplomates à l’ONU assuraient jeudi soir que «de sérieuses menaces» pesaient sur la réunion du «Groupe d’action» sur la Syrie prévue samedi à Genève, en raison des objections russes au plan Annan.
Cette réunion doit se tenir en présence des chefs de la diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France) et de trois Etats arabes, ainsi que des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe.
Mais Moscou, principal allié du régime Assad, a prévenu qu’il n’y avait pas d’accord final sur le plan Annan et maintenu son refus de toute solution imposée de l’étranger.
«La Russie a dans un premier temps donné son accord», a expliqué un diplomate. Mais depuis la convocation de la conférence, «nous avons l’impression qu’ils reviennent sur leur position».
Pour tenter de sauver la réunion, Kofi Annan a convoqué pour vendredi une réunion préparatoire de hauts fonctionnaires des cinq principales puissances et s’est entretenu avec leurs ministres des Affaires étrangères.
Selon un autre diplomate, la tenue de la conférence dépend désormais surtout des entretiens prévus vendredi à Saint-Pétersbourg entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov.
Dans un document en vue de la réunion, dont l’AFP a obtenu une copie, M. Annan préconise des étapes «claires et irréversibles» vers une transition démocratique en Syrie, dont un «gouvernement provisoire d’union nationale».
Ceux dont la présence «pourrait nuire à la crédibilité de la transition et mettre en danger la stabilité et la réconciliation» seraient exclus de ce gouvernement d’union, ajoute le texte sans plus de précision.
Selon des diplomates, cette clause pourrait impliquer un départ du pouvoir du président Assad, que l’opposition syrienne considère comme une condition préalable à tout dialogue.

Libé
Samedi 30 Juin 2012

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