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Les troupes irakiennes avancent dans Mossoul




Une journaliste kurde irakienne tuée par l'explosion d'un engin piégé

Sous la protection des avions et des hélicoptères militaires, les troupes irakiennes combattent toujours les jihadistes dans l'ouest de Mossoul, mais la bataille risque d'être difficile pour leur reprendre leur dernier grand bastion en Irak.
Une certitude: le danger est omniprésent. Une journaliste kurde irakienne, Shifa Gardi, a ainsi été tuée par l'explosion d'un engin piégé sur une route de l'ouest de Mossoul alors qu'elle couvrait les combats, a indiqué la chaîne kurde Rudaw qui l'employait.
"Le journalisme reste dominé par les hommes, mais Shifa Gardi a cassé ces perceptions et stéréotypes. Nous rendons hommage à sa manière courageuse de faire du journalisme", a ajouté Rudaw.
Shifa Gardi est le deuxième journaliste irakien à trouver la mort en couvrant l'offensive de Mossoul, lancée le 17 octobre. Aux premiers jours des combats, un jeune reporter de la chaîne irakienne Al-Summaria, Ali Raysan, avait été tué par un tir de sniper alors qu'il couvrait la bataille.
Ces deux derniers jours, quelques centaines de civils ont fui au fur et à mesure de l'avancée des militaires, mais les ONG estiment à 750.000 habitants le nombre des habitants toujours encerclés dans le secteur ouest de la deuxième ville d'Irak.
Près d'une semaine après le début de leur offensive pour reprendre Mossoul-Ouest au groupe Etat islamique (EI), les forces armées ont sécurisé la plupart des régions entourant la cité, repris l'aéroport et une base contiguë, et pénétré dans les quartiers périphériques.
L'assaut impliquant des milliers d'hommes de la Force d'intervention rapide (FIR), des unités d'élite du contre-terrorisme (CTS) et de la police fédérale, a été lancé le 19 février principalement à partir du sud.
Les militaires se dirigent maintenant vers le centre de la ville septentrionale, sur la rive ouest du fleuve Tigre qui coupe la cité en deux.
"Actuellement, nous nous dirigeons vers le siège du gouvernorat de Mossoul dans le centre", a dit à l'AFP le lieutenant-colonel Abdelamir al-Mohammadawi sur la ligne de front, dans le quartier de Jawsaq repris en grande partie aux jihadistes.
Au fur et à mesure que les troupes progressent dans les quartiers densément peuplés de Mossoul-Ouest, la résistance des jihadistes semble plus forte.
"Daech utilise des habitants comme boucliers humains", a poursuivi le lieutenant-colonel, alors que les hélicoptères lançaient des roquettes sur les poches jihadistes à Jawsaq et que les tirs de chars pleuvaient pour neutraliser les franc-tireurs de l'EI.
Dans les secteurs "libérés" à Mossoul-Ouest, les habitants se réjouissent d'un retour à la liberté.
Les jihadistes "nous obligeaient à porter des pantalons courts et à nous faire pousser la barbe. Les cigarettes étaient interdites. Les femmes devaient même couvrir leurs yeux", a indiqué Othman Raad, 20 ans, assis sur les marches de sa maison à Jawsaq.
En juin 2014, l'EI avait pris Mossoul et d'autres régions d'Irak avant de proclamer un "califat" à cheval sur l'Irak et la Syrie où il s'est aussi emparé de vastes pans du territoire. C'est à Mossoul que son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait sa seule apparition publique en juillet de la même année.
L'EI a occupé un temps un tiers de l'Irak, mais depuis deux ans les régions sous son contrôle ont fondu face aux multiples offensives soutenues par l'aviation et les conseillers au sol de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
Le 17 octobre 2016, les forces progouvernementales ont lancé l'offensive pour le chasser totalement de Mossoul. Le 24 janvier, elles ont reconquis la partie orientale.
A Mossoul-Ouest, la bataille "progresse rapidement pour l'instant mais la prochaine étape pourrait s'avérer plus difficile", a indiqué un officier du CTS.
L'EI semble avoir renforcé ses défenses à l'intérieur de la ville, creusant entre autres des trous dans les murs des maisons pour se déplacer discrètement.
Des correspondants de l'AFP ont vu de vastes étendues de fumées noires au dessus de l'ouest de Mossoul, des incendies déclenchés par l'EI pour couvrir le ciel selon les commandants irakiens.
Une autre tactique de l'EI est d'étendre des tissus au-dessus des ruelles étroites de la vieille ville pour bloquer la surveillance aérienne. Sans oublier les kamikazes lancés contre les soldats.

Libé
Lundi 27 Février 2017

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