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Les tomates d’Ibn Tofail




Les tomates d’Ibn Tofail
Quel est le lien entre, la hausse du prix des tomates (matécha), et, avoir une licence en Littérature et Langue Française ? Apparemment rien ! Eh bien, détrompez-vous.  A l’université  Ibn Tofail c’est plus qu’un rapport, c’est un lien cérébral ! Important et déterminant !
Oui, entre l’Histoire de la France ; les belles paroles de Hugo; la philosophie révolutionnaire de Descartes ;  les poèmes exquis de Baudelaire;  les descriptions fascinantes de Zola ; les images réelles  de Balzac ;  la morphosyntaxe rébarbatifs de Chomsky ; et «matécha» ! Il y a un lien capital !
Cette vérité ne m’aurait pas été révélée sans cette femme à l’allure grasse et décrépite, qui se blottit parmi les jeunes universitaires. Ce mélange hétéroclite d’étudiants vieux  et de moins vieux, de femmes et d’hommes, reflète, apparemment, un engouement pour l’acquisition du Savoir, dans cette université, mais, c’est une apparence trompeuse ! Une apparence de « matécha » !   
Elle a l’air de ces femmes qui semblent avoir un malheur dans leur vie, et qui cherchent à renaître  de nouveau après avoir quitté le suaire de leur vie antérieure.  Anxieuse, elle disait à une autre femme  qui lui ressemblait en toute pièce, car souvent les sots trouve toujours des plus sots pour s’admirer : « avec ce diplôme ! Je n’aurais plus de peine à acheter du «matécha» quand je veux et où je veux » !  Cette affirmation a raisonné à mes oreilles comme un coup de foudre ! Je me suis demandé : mais quel est le rapport ? La confession de la femme a certainement  retenti dans cette établissement, ses mûrs l’ont entendu ! Ce haut lieu de l’Enseignement Supérieur,  qu’est l’université  Ibn Tofail en est meurtri ! Il devient avec cette vérité de «matécha»  irrévocablement un lieu d’ «Enseignement Inférieur» !  Ibn Tofail lui-même, ce grand savant, a du se retourner dans sa tombe, et moi, depuis lors, je vois en « matécha » le reflet d’une mort intellectuelle.
Ce fruit tellement rouge et juteux, qu’il donne envie d’être pris et dégusté,  signifie aussi, une fois pourris,  la bassesse et la répugnance.  Cependant, il   n’est pas motif d’apprentissage que pour cette femme ! Si elle en fait un motif existentiel, nombreux  dans cette université font leur propre « matécha » !  La «matécha» altérée   sévit partout ! on la voit sur les têtes de monsieur-tout-le-monde,  sortant des cartables de quelques professeurs, comme des sacs de plusieurs étudiants. Dans les classes, les amphis, à l’administration, dans la bibliothèque, dans les buvettes, ...  tous ne rêvent que de  «matécha» ! Ne pensent qu’à «matécha» ! Ne parlent que de «matécha» !
Les jeunes crédules, agités et nerveux, se livrent à une fausse guerre.  Les uns arborant les écrits crasseux de Marx, les autres vénérant les fausses  visions du déluge (Al tofane). En délaissant les bancs, en boycottant le chemin du savoir, en se délestant de l’arme fatale qu’est  la science, et en se livrant des batailles sensées mais  infructueuses : le transport, le resto, la bourse ! Ne faudrait-il pas acquérir d’abord les armes nécessaires, qui sont ici la science et le savoir, pour se livrer combat ! Ne faudrait-il  pas d’abord apprendre à réclamer son droit  pour être bien entendu après !
Ces deux jeunes filles, qui,  rêvant du prince charmant, s’oublient dans une classe, déjà bondée plus qu’il n’en faut, sont inattentives au torrent de paroles des enseignants et qui pourtant s’échangent des babils sur : « cet homme qui est l’amant de celle-ci, qui va se fiancer avec celle-là ! L’homme qui… ».!
Le professeur qui parait insouciant, fatigué, n’ayant plus ni le gout ni l’envie d’enseigner et qui cherche par tous les moyens de tuer le temps. L’autre qui s’absente tout un semestre, et qui  exige, pourtant un examen ! L’autre qui reporte un contrôle sans prendre la peine de l’annoncer ! C’est du «matécha» ! L’étudiant, qui supporte toutes les peines du monde pour venir dans une classe, passer des heures à se distraire, à bavarder, ou à jouer avec son téléphone ! C’est du « matécha » !  L’autre qui réplique aux dernières syllabes prononcées par le professeur pour paraitre habile et érudit ! Oubliant le fait que celui «qui écoute bien, apprend bien » ! C’est du « matécha » !
Heureusement que la tomate (matécha) lorsqu’elle est fraiche, pourpre et juteuse, peut aussi servir à préparer des jus et des salades délicieuses. Le Savoir aussi. L’université se doit d’en dispenser. Les étudiants doivent en recevoir.  

Par Mohammed Bougdim
Vendredi 4 Octobre 2013

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