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Les thérapies conventionnelles doivent rester une alternative


La phytothérapie ne fait pas que du bien



Les thérapies conventionnelles doivent rester une alternative
Médecines douces, médecines alternatives, ou encore thérapies conventionnelles comme il convient de les appeler selon l’Académie française de médecine, sont de plus en plus sollicitées par les patients. Cette institution a publié récemment une mise en garde concernant ces différentes pratiques. Toutefois, ce rapport  se limite à quatre pratiques parmi les centaines qui existent. Il vise ainsi l’acupuncture, la médecine manuelle (ostéopathie et chiropraxie), l’hypnose et le Tai chi et Qigong.
Au Maroc, si ces thérapies conventionnelles existent, elles n’ont pas pour autant le même impact qu’en France d’où provient ce rapport. En effet, l’utilisation de ces pratiques demeure  limitée,  mais il en existe une autre qui suscite beaucoup l’engouement de nos concitoyens, à savoir la phytothérapie.
Ainsi, le coût que représente une visite chez le médecin pousse à chercher d’autres alternatives thérapeutiques, un constat qui vaut pour le monde entier. « Les Marocains qui, à travers leur histoire, se sont toujours soignés par les plantes médicinales ne sont pas en marge de cette tendance mondiale », explique le Dr. Abderrahim Derraji, secrétaire général du Syndicat des pharmaciens de Mohammedia. Selon lui, cet engouement pour la phytothérapie suscite l’intérêt des médias, plus particulièrement les chaînes de radio nationales. Celles-ci ont intégré dans leurs grilles de programme des émissions où des phytothérapeutes  se relayent pour vanter les mérites des plantes médicinales.
Le problème, c’est que ces émissions jouissent d’un bon audimat et peuvent induire leurs auditeurs en erreur. Malheureusement, certains vont même jusqu’à conseiller aux patients de stopper leurs traitements avec tous les risques que cela comporte, explique-t-il.
Dr. Abderrahim Derraji  tire la sonnette d’alarme et vise tous ces patients qui «font malheureusement une confiance aveugle à tous ces produits qu’ils considèrent à tort comme étant inoffensifs». En effet, plusieurs Marocains utilisent des mélanges de plantes dont ils ne connaissent ni la provenance ni la composition oubliant que l’hépatotoxicité et la néphrotoxicité peuvent émaner de certaines d’entre elles. Il donne ainsi, pour exemple, des cas d’atteintes hépatiques en Allemagne dont l’origine a été imputée aux extraits de racine de pélargonium.
Pour toutes ces raisons, Dr. Abderrahim Derraji ainsi que le Pr. Amal Bourquia, présidente de l’Association de lutte contre les maladies rénales (Reins) lancent un appel à l’Ordre des médecins pour tenter de stopper cette tendance.
Concernant ledit rapport, la première pratique visée est l’acupuncture, une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, basée sur l’implantation et la manipulation de fines aiguilles en divers points du corps à des fins thérapeutiques. Au niveau de cette pratique, l’Académie reconnaît qu’elle peut être efficace sur certains maux comme la lombalgie ou les maux de tête, mais elle reste toutefois sceptique, car la preuve de son utilité n’a pas été établie.  
L’ostéopathie, quant à elle, est une approche thérapeutique  qui repose sur l’idée que des manipulations manuelles du système musculo-squelettique et myofascial permettent de soulager certains troubles fonctionnels. Elle a prouvé son efficacité sur les rachialgies, les lombalgies, les cervicalgies, les céphalées, mais l’Académie explique qu’il y a éventualité de complications des manipulations cervicales qui certes sont rares, mais s’avèrent graves quand elles surviennent.
Pour l’hypnose, l’Académie dit reconnaître seulement son efficacité en cas de troubles du comportement chez l’enfant et l’adolescent et les effets secondaires de la chimiothérapie mais aucun bénéfice ne lui est reconnu sur les autres pathologies.
La dernière pratique citée par ce rapport est le Tai chi et Qigong. L’Académie de médecine estime qu’il s’agit plutôt d’un effet de mode et que cette pratique  doit rester complémentaire sans jamais faire l’objet de premier recours de la  part des patients.

Najoua Friguech
Mercredi 20 Mars 2013

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