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Les tapis de Kostandovo, d’un village de Bulgarie aux appartements royaux




Les tapis de Kostandovo, d’un village de Bulgarie aux appartements royaux
Dans un modeste atelier bulgare, des doigts agiles nouent, coupent et transforment de la laine teinte en de somptueux motifs floraux, qui formeront dans quelques mois des tapis dignes d’être foulés par un prince.
Les tapis de Kostandovo, un village de la chaîne des Rhodope, dans le sud de la Bulgarie, comptent parmi leurs clients la Banque d’Angleterre, le Prince Charles ou encore le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger, selon le directeur de la fabrique, Nino Parpoulov.
Mais tout part d’un petit atelier au sol nu, où 28 femmes s’affairent entre des métiers à tisser en bois et des boîtes d’où dépassent des écheveaux de laine de toutes les couleurs.
La fabrique Hemus se targue d’être l’un des derniers producteurs de tapis grand format (jusqu’à 120 mètres carrés) faits main. Elle ne produit qu’une dizaine de tapis par an. Chacun requiert des mois de travail, qui peut mobiliser plusieurs tisserandes en même temps.
«C’est bien de savoir que ce que vous créez ira là où vous n’irez jamais et que des pieds royaux le fouleront», raconte Svetla Lambova, 39 ans, qui a abandonné l’année dernière les serres et les champs de pommes de terre et d’oignons pour une formation dans la manufacture, avec seize autres ouvrières de cette région parmi les plus pauvres de Bulgarie.
«Je pensais que ce serait très difficile à apprendre et que je ne me ferais pas à ce travail... Je suis toujours beaucoup plus lente que les autres tisserandes», dit-elle.
Nino Parpoulov a racheté l’usine avec son partenaire britannique David Bamford. Dans les années 1990, 1.100 femmes y travaillaient, un effectif depuis raboté par le manque de commandes, la disparition des subventions de l’Etat communiste et les départs en retraite.
Armé d’une subvention de 38.000 euros apportée par une ONG américaine, il a fait du recrutement et de la formation sa «priorité absolue».
Le travail est long et fatigant pour les yeux et les mains, les ouvrières nouant à longueur de journée une laine très fine.
«La moitié des femmes de la formation ont abandonné», raconte Svetla Mundova, 40 ans, une autre des nouvelles tisserandes qui noue un grand tapis beige et brun.
Le résultat final se vend environ 145 euros le mètre carré.
«Personne, et pas seulement en Europe, ne peut nous égaler pour le moment», assure Nino Parpoulov à l’AFP : «Nous sommes les seuls à proposer des tailles aussi grandes, des motifs compliqués et de nombreuses couleurs.»
La laine, teinte sur place, permet de reproduire la couleur exacte des meubles ou des murs de la pièce à laquelle est destiné le tapis.
Depuis peu, un grand tapis beige et vert mousse avec des grappes de raisin carmin orne une salle de réception dans le célèbre monastère de Rila (sud-ouest).
C’est la première vente d’envergure réalisée par la fabrique en Bulgarie. «Je peux maintenant dire que j’ai légué quelque chose à mon pays», se réjouit Nino Parpoulov. 

AFP
Mardi 13 Mai 2014

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