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Les stations-services en grève de 48 h

L’intransigeance du GPM et la sourde oreille de Benkirane




Les stations-services en grève de 48 h
«Nous n’avons été contactés  ni par le GPM, ni par le gouvernement. Jeudi dernier nous avons présenté au GPM notre cahier revendicatif qu’il connait par cœur et puis ce fut le silence total. Nous maintenons notre mot d’ordre de grève pour les 18 et 19 juillet»,  nous a déclaré Zakaria Rabaâ à la veille de la grève. La Fédération des gérants des stations-services maintient donc  son mot d’ordre de grève annoncé lors de la réunion de son Bureau national du 04 du mois courant. Cette fermeture des stations aura certainement un impact sur l’économie du pays et affectera plusieurs secteurs, en particulier les transports des marchandises et des personnes en ce mois sacré .Pour le GPM, l’intransigeance reste de mise. Aucune proposition sérieuse  n’a été avancée alors qu’aucun dialogue raisonnable n’a été entamé. De son côté, le gouvernement Benkirane et le département de tutelle ne semblent pas inquiétés outre mesure par cette grève. « Devant ce despotisme  de la part du Groupement des pétroliers du Maroc et la sourde oreille du gouvernement au sujet des problèmes qui se sont accumulés en raison de l’entêtement du GPM, nous sommes obligés de défendre nos intérêts par tous les moyens » , explique ce gérant d’une station-service du Grand Casablanca.
Ils sont 2260 stations-services qui rapportent annuellement  22 milliards de centimes aux caisses  par le biais des impôts et  22.000 emplois. Cependant, les gérants de services se sentent lésés dans la mesure où leur marge bénéficiaire n’est que de 3%  en raison de la vente clandestine de carburants et la prolifération illégale des espaces de lavage. Mais le point de discorde majeur concerne les nouveaux contrats que le GPM veut imposer aux gérants et le  non-respect de  la convention signée par les deux parties en 1997.  Pour la Fédération, le GPM ignore cette convention  qui réglemente la relation entre les deux parties et préserve  les intérêts  des uns et des autres. Mais le point qui a déclenché la crise reste essentiellement le cas des ayants droit. Selon cette convention, les héritiers reprennent automatiquement le commerce des ascendants sans aucune formalité ou renouvellement des contrats. Point que le GPM n’a pas respecté, ce qui a déclenché la grogne des gérants des stations-service.   Le Groupement a persisté en présentant des requêtes à la justice pour l’évacuation des ayants droit  qui ont refusé de renouveler les contrats de gérance à des prix exorbitants. Et depuis quelques années, partout au Maroc, de nombreux familles vivent ce calvaire. Plusieurs procès ont été intentés aux ayants droit et les jugements en première instance et en appel étaient en faveur des héritiers. Cependant, la goutte qui a fait déborder le vase reste l’annulation des deux précédents verdicts par la Cour suprême  arguant le non-renouvellement de ladite convention. La Fédération nationale des commerçants de carburant service indépendant est montée au créneau. «La durée de la validité de l’accord entre les deux parties est indéterminée et seul un nouvel accord entre les deux protagonistes peut annuler la première convention», a précisé un nembre de la Fédération.  Dans son communiqué, celle-ci demande au gouvernement  la promulgation d’une loi organisant le secteur de la gestion indépendant des stations-service. Elle réclame également l’opérationnalisation de la nouvelle formule des contrats. De plus,  les gérants exigent du GPM la restructuration de toutes les stations sans lier cette opération à la hausse exorbitante des loyers. En outre, la Fédération, interpelle également les tribunaux de commerce à travers le Royaume pour prendre en considération dans les litiges entre les gérants et le GPM l’accord du 08 avril 1997.
Du côté du GPM, l’intransigeance est de mise. «Si le GPM persiste dans sa position, nous entamerons d’autres formes de protestations pour défendre nos droits», a conclu Zakaria Rabaâ , secrétaire de la Fédération des gérants des stations-services au Maroc. L’affaire risque de prendre une grande ampleur. Mais l’intérêt de tous est de se mettre sérieusement autour d’une table pour un réel dialogue.

Kamal Mountassir
Jeudi 18 Juillet 2013

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