Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les représentants religieux demandent une sécurité renforcée des lieux français de culte


L'un des auteurs de l’attentat contre l’église près de Rouen identifié



Les représentants des cultes en France ont demandé mercredi à François Hollande que les lieux de culte fassent "l'objet d'une plus grande attention" de la part des autorités en matière de sécurité, a rapporté le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.
"Nous avons profondément souhaité, les uns et les autres, que nos lieux de culte (juifs, chrétiens, musulmans...) soient l'objet d'une plus grande attention, d'une attention soutenue, puisque même le plus humble des lieux de culte est aussi l'objet d'une agression", a-t-il dit à l'issue d'une réunion à la présidence française au lendemain de l'égorgement d'un prêtre dans une petite église du nord-ouest du pays.
Le recteur de la grande mosquée de Paris a également "exprimé au nom des musulmans de France le deuil profond qu'ils ressentent et la sidération psychologique qu'ils ressentent devant l'annonce de ce sacrilège blasphématoire contraire à tout l'enseignement de notre religion".
Il a aussi suggéré une "réforme dans les institutions" de l'islam de France, en estimant qu'il "serait l'heure pour les musulmans de prendre conscience de ce qui ne va pas dans cette vision mondiale de l'islam et que les musulmans de France soient à l'initiative d'une formation de nos religieux beaucoup plus attentive".
Deux jihadistes, dont un Français connu des services antiterroristes, ont surgi mardi matin dans l'église de Saint-Etienne-de-Rouvray, banlieue ouvrière de Rouen (nord-ouest), pendant la messe matinale et pris en otage six personnes, dont le prêtre, trois religieuses et un couple.
Cela faisait plus d'un an que la menace d'une attaque contre un lieu de culte chrétien planait sur le pays, depuis l'échec d'un projet d'attentat en avril 2015 contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne. 
Moins de deux semaines après le carnage de Nice (84 morts), les jihadistes du groupe Etat islamique ont à nouveau frappé la France en égorgeant un prêtre dans son église, relançant les interrogations sur la politique antiterroriste du pays.
Cette attaque menée mardi par deux jeunes hommes, dont l'un était inculpé pour avoir tenté d'aller en Syrie, menace de fracturer davantage une société française meurtrie. Elle est la première contre un lieu de culte catholique en Europe revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).
"Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République qui garantit la liberté de conscience", a réagi mardi soir le président François Hollande dans une allocution solennelle, appelant à nouveau les Français à ne pas se diviser.
Car la polémique enclenchée au lendemain de l'attentat de Nice (84 morts le 14 juillet) a déjà commencé à rebondir, l'opposition de droite et d'extrême droite mettant en cause l'efficacité de la politique antiterroriste du gouvernement.
L'attaque rapidement endossée par l'EI, qui a aussi revendiqué deux récents attentats en Allemagne, s'est déroulée à Saint-Etienne-du-Rouvray, cité ouvrière de 29.000 habitants dans la banlieue de Rouen (nord-ouest).
Un des deux jihadistes, Adel Kermiche, 19 ans, originaire de la région, était déjà inculpé pour avoir tenté à deux reprises, en 2015, de se rendre en Syrie. Il était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis mars, après une dizaine de mois en prison.
Le deuxième assaillant n'est pas encore identifié formellement.
Mardi vers 07H30 GMT, en pleine messe, les deux jihadistes, "porteurs d'armes blanches, ont surgi dans l'église pendant la messe matinale et pris en otages six personnes", dont le père Jacques Hamel, un prêtre octogénaire qu'ils ont égorgé, a raconté le procureur de Paris chargé de l'enquête, François Molins. Un autre otage a été grièvement blessé, mais ses jours ne sont pas en danger.
Après une tentative de négociation avortée, les policiers d'élite sur place ont renoncé à donner l'assaut, trois otages se trouvant en position de boucliers humains.
Les jihadistes ont été abattus par la police au moment où ils sont sortis sur le parvis de l'église en criant "Allah Akbar" (en arabe: "Dieu est le plus grand").
Le prêtre "était encore en aube, il était au pied de l'autel, ils l'ont obligé à se mettre à genoux" avant de sortir un couteau, a témoigné dans des médias français une religieuse, Sœur Danielle.
Fustigé par l'opposition depuis l'attentat de Nice, le président Hollande a réitéré "la détermination absolue" du gouvernement. "Mais restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles, n'apporterait pas d'efficacité à la lutte contre le terrorisme", a-t-il martelé, en dénonçant "les surenchères, les polémiques, les amalgames et les suspicions".
Chrétiens, musulmans et juifs, les représentants des cultes en France ont affiché leur solidarité, appelant à "l'unité".
Frappée trois fois en 18 mois par des attentats jihadistes sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 le 13 novembre, 84 le 14 juillet), la France craint de nouvelles attaques.

Libé
Jeudi 28 Juillet 2016

Lu 441 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs