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Les professionnels du tourisme rappellent le ministère à son devoir de réactivité




Les professionnels du tourisme rappellent le ministère à son devoir de réactivité
Un constat très préoccupant. «Les professionnels du tourisme n’ont pas de visibilité claire et précise quant aux prévisions pour l’année 2013. Dans le meilleurs des cas, elle sera pareille qu’en 2012.». C’est ce qui découle de l’intervention du président de la Fédération nationale du tourisme, Ali Ghannam, lors d’un point de presse, tenu en marge du Conseil d'administration de la Fédération nationale du tourisme (FNT), pour présenter les activités 2012 de la FNT, ainsi que son plan d’action pour 2013.
Alors que le ministre verse dans l’optimisme en prétendant que le secteur est en bonne santé et que le train de la vision 2020 est déjà mis sur les rails, les professionnels ne partagent pas le même point de vue en affirmant l’absence et le manque d’une visibilité claire pour ce qui est des perspectives du secteur en 2013.  Ces derniers, fortement présents dans cet évènement, ont été unanimes sur le retard accusé dans le déploiement des 44 mesures de la Vision 2020.
Dans ce cadre, le président de la FNT, Ali Ghannam, a souligné d’un grand trait ce retard dû, notamment, à la création de la Haute autorité du tourisme et les Agences de développement touristique, lesquelles devaient être mises en œuvre avant la fin de 2012. « Il y a deux années creuses pour la Vision 2020. Certes il faut prendre en considération les évènements en 2011, à savoir le Printemps arabe, les attentats d’Argana, et autres, mais ce retard est là», s’est-il insurgé.
Outre l’absence de visibilité, les professionnels reprochent aux autorités de tutelle la lenteur en termes de réactivité. «Il y a une réactivité très lente, un manque de synergie entre les acteurs du secteur, et un tourisme à plusieurs vitesses. Il doit y avoir un pilotage conjoint et une visibilité pour cette vision », a indiqué le directeur du Conseil régional du tourisme d’Agadir, Abderrahim Oumani.
Pour ce qui est des résultats de l’activité touristique, les professionnels ont rappelé qu’on est loin du fameux objectif de 2010, à savoir les 10 millions, du fait que le nombre de touristes n’a atteint que 8,7 millions à fin novembre. Il n’y a pas que cela, le secteur prévoit un  taux d’occupation moyen qui s’est établi à 40,5%, soit une baisse de 3% par rapport à 2010. S’agissant des nuitées, elles ont dépassé les 16 millions à fin novembre 2012.
Quant aux facteurs de cette régression, les professionnels ont mis à l’index, entre autres, la baisse des dessertes aériennes de 22% pour la saison d’été 2012 par rapport à 2011 et de 16% pour la saison d’hiver, en affirmant qu’ils ont visiblement affecté l’activité touristique dans notre pays. Ils ont, également,  affirmé dans ce sens que malgré la bonne performance réalisée en termes de voyages à forfait pour l’été 2012 qui ont augmenté de 9%,  une baisse de 10% sur l’ensemble de l’année est à souligner. « Si on n’investit pas dans l’aérien, on n’arrivera pas à la hausse souhaitée de 7% pour le nombre d’arrivées. On est à 41% et on a besoin d’arriver à 65% comme taux  d’occupation », a affirmé Abdellatif Kabbaj, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière. Et d’ajouter qu’«en deçà de 65%  d’occupation, on est sous le seuil de rentabilité ».
 M. Kabbaj a aussi mis en avant la stagnation du secteur en 2012 par rapport à 2011 en mettant à l’index l’aérien. «Nous stagnons par rapport à 2011. En 2010, c’était 52% d’occupation et aujourd’hui on est à 47% pour Marrakech, et la principale raison, c’est l’aérien » a-t-il dit, proposant comme solution l’incitation des compagnies aériennes à cibler le low cost.
S’agissant du bilan de la fédération en 2012, cette année a été marquée par plusieurs activités, en l’occurrence l’accompagnement des Fédérations des métiers dans leur restructuration, à savoir la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM) et la Fédération marocaine du transport touristique (FNTT), ainsi que la signature de plusieurs conventions. Quant au projet de mandat, ce dernier avait trois principaux axes, à savoir assurer un environnement social favorable au développement du secteur, une bonne gouvernance, et améliorer la compétitivité des entreprises touristiques.   Pour que cette amélioration voie le jour, les professionnels  suggèrent d’agir en 2013, en incitant les banques marocaines à faciliter l’accès au financement aux entreprises touristiques et la mise en place d’une cellule pour la promotion de l’investissement dans ce secteur.
En substance, les professionnels, qui se prononçaient avec amertume sur les contre-performances du  tourisme national, ont appelé le gouvernement à agir vite pour rattraper le retard accusé dans le cadre de la Vision 2020. Le secteur ne peut se développer que si  le gouvernement prend des décisions adéquates pour mettre en place des leviers identifiés afin de renforcer l’offre touristique marocaine.

Les professionnels du tourisme rappellent le ministère à son devoir de réactivité

Mohamed Taleb
Vendredi 18 Janvier 2013

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