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Les premiers mauvais coups du PJD portés à ses alliés du RNI

La majorité multiplie couacs et dérapages




Les premiers mauvais coups du PJD portés à ses alliés du RNI
Les couacs de la majorité n’en finissent pas de nourrir la chronique politique. Cette semaine, trois ministres sont au cœur d’une actualité chaotique et dont le gouvernement Benkirane se serait bien passé. Mohamed Boussaid, le ministre RNI de l’Economie et des Finances, a été le premier à en faire les frais en demandant la suspension, mardi dernier, de la commission parlementaire des finances à la Chambre basse. On s’en souvient, la réunion était consacrée au vote des amendements portant sur le projet de loi organique des finances.  La majorité menée par un PJD bille en tête, fait passer un amendement relatif aux comptes spéciaux du Trésor qui désormais ne pourront plus échapper au débat et contrôle parlementaires. Surprise à peine cachée de Mohamed Boussaid qui est littéralement pris de court. Majorité et opposition ont en effet  fait cause commune pour que ces fameux comptes spéciaux soient clairement mentionnés dans la rubrique « ressources et dépenses de l’Etat ». Une alliance pour la bonne cause mais qui s’est effectuée sans la moindre concertation. «Un tel amendement devait faire l’objet de concertation de la majorité, en amont. Le ministre de l’Economie et des Finances n’a même pas été tenu informé d’une telle proposition qui allait émaner de sa propre majorité. Cette  disposition était inscrite au programme. Sauf qu’elle se prépare », fait remarquer ce cacique du Rassemblement national des indépendants.
C’est le premier coup porté par les islamistes du PJD au RNI,  leur principal allié du gouvernement. Les mauvaises habitudes des islamistes au pouvoir refont-elles surface ? La question se pose avec insistance. Et les troupes de Salaheddine Mezouar ne cachent pas leur mécontentement. « La nouvelle charte de la majorité doit être respectée de tous. Pour être homogène, la majorité doit jouer la même partition et parler d’une même voix », martèle ce ministre du parti de la Colombe.
Autre ministre, autre couac, les déclarations du ministre islamiste de l’Enseignement supérieur devant les députés sur la généralisation des bourses à la rentrée universitaire prochaine ont fait le buzz. Elles ont aussi et surtout provoqué la colère des autres partenaires de la coalition gouvernementale, obligeant Daoudi à rétropédaler et à revenir sur ces propos.  Mardi dernier,  Lahcen Daoudi avait annoncé lors de la traditionnelle séance des questions orales de la Chambre des représentants la généralisation de la bourse à tous les étudiants qui en feraient la demande. Une opération qui va demander, a-t-il précisé, la mobilisation de 2MMDH. Problème, une telle généralisation et une telle enveloppe budgétaire n’ont jamais été discutées en Conseil de gouvernement. La décision aurait-elle été prise ailleurs et auquel cas la charte de la majorité n’étant qu’un monument de vœux pieux? Et même si le ministre de l’Enseignement supérieur s’était auto-infligé un démenti. «  Seuls les étudiants nécessiteux et qui sont dans l'obligation de recourir à cette aide financière de l'Etat sont concernés par cette mesure. Il ne s'agit pas d'une généralisation de la bourse à tous les étudiants, », a-t-il affirmé à un quotidien de la place. « Partis en fumée les deux milliards de dirhams et autres promesses populistes et électoralistes. Il ne faut pas se leurrer, le parti du chef du gouvernement est entré en campagne », commente ce député de l’Union socialiste des forces populaires.
Reste enfin la toute dernière sortie du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement  portant gravement atteinte au Mexique qui a mis à mal les deux ministres RNI à la tête du département des affaires étrangères, Salaheddine Mezouar et Mbarka Bouiida. Mardi 3 juin,  à la séance des questions orales de la Chambre des représentants,  Mustapha Khalfi a été interpellé  par la députée socialiste Hasna Abouzaid  sur la tentative de mainmise du gouvernement Benkirane sur les médias audiovisuels publics. «Voulez-vous faire du Maroc un Afghanistan?» lui demandera cette parlementaire de l’opposition.  «Voulez-vous que le Maroc devienne le bordel du Mexique?», rétorquera sans coup férir le ministre islamiste.
Si l’incident diplomatique a été frôlé, un tel dérapage d’un responsable gouvernemental a indigné la Toile qui en a appelé à la démission du ministre impénitent. Rétropédalage du porte-parole du gouvernement sous forme de tweet : «Ma déclaration a été altérée, ce qui a donné lieu à une atteinte à un pays ami le Mexique et cette atteinte est inacceptable». «Personne n’a rien altéré du tout. Heureusement que les séances des questions orales sont enregistrées », conclut ce député de l’opposition.


Narjis Rerhaye
Samedi 7 Juin 2014

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