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Les politiques macroéconomiques, à l’origine du creusement du déficit de la balance des paiements

La Banque mondiale s’oppose au constat dressé par le CESE




Les politiques macroéconomiques, à l’origine  du creusement du déficit de la balance des paiements
Depuis son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce en 1995, le Maroc a fait le choix de s’orienter vers l’ouverture de son économie.
Une orientation qui a suscité beaucoup de débats. D’une part, on considère que c’est un choix courageux et anticipatif des effets de la mondialisation et d’autre part, l’on estime que le rythme d’ouverture de l’économie nationale est en déphasage avec la mise à niveau du tissu économique marocain, inéluctablement nécessaire   pour faire face à la globalisation.
C’est d’ailleurs l’avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a présenté vendredi un rapport sur la cohérence des stratégies sectorielles et les accords de libre-échange » dans lequel il relève que le «Maroc enregistre un déficit commercial avec tous les 55 pays avec lesquels il dispose d’un accord de libre-échange, à l’exception de la zone de l’Association européenne de libre-échange».
Des propos qui ont été vite contredits par Jean-Pierre Chauffour, l’économiste principal pour le Maroc et coordonnateur des échanges régionaux pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) de la Banque mondiale (BM). 
S’exprimant en marge du Forum public-privé au sujet de l’impact de l’ouverture économique du Maroc sur les équilibres macroéconomiques et la performance commerciale des entreprises marocaines, il a affirmé que «le creusement du déficit courant de la balance des paiements a été occasionné principalement par les politiques macroéconomiques et non pas par l’ouverture de l’économie marocaine». 
«L’ouverture de l’économie marocaine était bénéfique pour la balance des paiements», a-t-il soutenu au cours d’une analyse, qu’il a faite de l’impact de l’ouverture de l’économie marocaine sur les équilibres macroéconomiques, la productivité des entreprises et la convergence réglementaire en matière de concurrence d’investissement et de gouvernance des marchés publics.
Ce forum s’inscrit dans le cadre de la préparation du second programme d’appui de la Banque mondiale au gouvernement marocain pour le renforcement de la compétitivité du pays ainsi que dans le cadre de la préparation du Mémorandum économique de la BM sur le thème : “Une société plus ouverte pour une économie plus prospère, inclusive et résiliente”.
L’objectif du forum était de contribuer au débat sur la capacité du Maroc à bénéficier de son ouverture commerciale. Au moment où il a commencé explicitement à douter des bénéfices de son ouverture par la voix du CESE, la Banque mondiale appelle le Royaume à plus d’ouverture de son économie.
Rappelons dans ce sens, que le taux d’ouverture de l’économie marocaine est passé de 51% en 2000 à 64,8% en 2011, selon un rapport de la direction des études et prévisions financières (DEPF) intitulé «Compétitivité des exportations : quel bilan ?».  Un taux qui demeure élevé  comparativement à des pays qui ont des niveaux de développement similaires, il a enregistré un taux d'ouverture moyen de 60,5% sur la période 2006-2011, soit un niveau  supérieur à celui de l’Egypte (39,5%), de l'Inde (36,6%), de l'Argentine (35,8%) et de la Turquie (43,6%).
Une stratégie à double tranchant qui, au lieu de permettre d’atténuer le déficit commercial qui ne cesse d’augmenter ces dix dernières années, a engendré une contribution négative du commerce extérieur à la croissance.
Selon le rapport économique et financier 2013, élaboré par le DEPF, le Maroc a  réalisé un taux de croissance annuel moyen de 4,9% par an sur la période 2006-2011, «compte tenu d’une  contribution positive des éléments de la demande finale intérieure», qui n’a pas été confortée par l’évolution des échanges extérieurs, laquelle s’est traduite par une contribution négative de -1,3 point en moyenne sur la période 2006-2011 contre une faible contribution positive de 0,1 point au cours de 1999-2005».
La politique d’intégration irréversible du Maroc à l’économie mondiale a permis, certes, au pays d’enregistrer un certain dynamisme des exportations au cours des dernières années, mais cette amélioration s’est faite, en réalité à un rythme plus faible que celui des importations.  En moyenne, selon la DEPF, « l’effort à l’exportation du Maroc a oscillé aux alentours de 17% entre 2000 et 2011. Ce taux reste faible par rapport à ceux affichés par la Tunisie ou la Jordanie, ou par certains pays émergents, principalement d’Asie du Sud et les pays d'Europe centrale et orientale (PECO)».  Ce qui s’est traduit, tout au long de la dernière décennie, par un recul du taux de couverture des importations par les exportations. 
Il en résulte que plus d’ouverture aura un impact néfaste sur l’ensemble de l’économie et rend la mise à niveau du tissu économique plus pressante que jamais.  

Mohammed Taleb
Mercredi 14 Mai 2014

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