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Les pharmaciens d’officine ont du mal à avaler la pilule : Grève aujourd’hui dans le Grand Casablanca




Les pharmaciens d’officine casablancais sont déterminés, plus que jamais, à dénoncer «l’anarchie qui règne dans la profession». Ils observent aujourd’hui une grève dans toute la métropole où plus de 90% des pharmacies seront fermées pendant la journée. A l’origine de ce mouvement, des griefs contre le ministère de la Santé et certaines pratiques des confrères. A travers cette grève, les pharmaciens veulent, en effet, dénoncer l’impunité dont bénéficient certaines pharmacies non respectueuses des horaires d'ouverture, de fermeture et du tour de garde édictés par l’arrêté préfectoral en vigueur, conformément à l’article II de la loi 17-06. Des  comportements qui ont déjà été sanctionnés par les conseils de discipline, composés d'un juge et d'un pharmacien inspecteur nommés par le ministère. Pourtant, les sentences n’ont jamais été appliquées. «Une quarantaine de sanctions prononcées n'ont pas été publiées dans le Bulletin officiel par le secrétariat général du gouvernement, elles ne sont donc pas applicables», déplore Hamza Guedira, président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens du Maroc en charge des conseils de discipline. La Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM) appelle donc à la grève pour demander au secrétariat général du gouvernement d'appliquer ces sanctions qui mettront un terme aux pratiques illégales qui ont "de fortes répercussions sur le chiffre d'affaires des pharmacies", précise-t-on dans un communiqué des syndicats.
En plus du non-respect des horaires d’ouverture qui constitue l’éternelle pomme de discorde entre les pharmaciens, de nombreuses doléances sont derrière le coup de gueule des officinaux, dont la non-application de la loi qui permet de définir et lister les dispositifs médicaux légaux réservés aux pharmaciens. Selon la FNSMP, cette pharmacopée permettrait de fixer les normes de la vente du matériel comme les implants mammaires, le matériel pour opérer, les prothèses auditives, oculaires, stents cardiaques, etc. Ils sont parfois vendus chez de simples commerçants comme des accessoires. Pourtant, ils devraient relever des prérogatives des pharmaciens comme cela est en vigueur dans le reste du monde. Il faut dire qu’il y a aujourd’hui un vrai danger de voir des gens qui n’ont pas fait des études idoines vendre des produits dont ils ne connaissent ni les indications thérapeutiques, ni les contre-indications et a fortiori les dangers éventuels qu’ils peuvent représenter pour la santé des citoyens. Pour la FNSMP, il est impératif d’avoir une meilleure réglementation pour avoir une traçabilité des dispositifs médicaux avec un numéro de lot et une date de péremption, ainsi qu'un encadrement des prix.
Rappelons enfin que la publication de l’arrêté sur la pharmacopée nationale aurait pour conséquence la fermeture d’un grand nombre de magasins spécialisés dans la vente de dispositifs médicaux et qui sont gérés par des non-pharmaciens.

Mehdi Ouassat
Mardi 7 Mars 2017

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