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Les pétrodollars algériens attisent la violence dans nos provinces du Sud

Des primes allant de 20 à 500 dirhams distribuées quotidiennement à chaque fauteur de troubles




Les pétrodollars algériens attisent la violence dans nos provinces du Sud
Depuis jeudi dernier, des dizaines d’adolescents et de femmes sahraouis se déchaînent à coup de pierres, de cocktails Molotov et d’injures contre les forces de l’ordre   aussi bien dans les villes de Laâyoune, Samara ou Boujdour que dans la zone tampon d’où s’infiltrent des éléments du Polisario venus des camps de Tindouf.
Selon des sources sûres, des primes allant de 20 à 500 dirhams sont distribuées quotidiennement aux adolescents qui s’attaquent aux forces de l’ordre et à leurs véhicules mais qui taguent aussi les murs, brandissent les emblèmes Polisario ou se livrent à des actes de vandalisme contre les édifices publics.
Ces actes de vandalisme et les directives de leurs commanditaires semblent se propager très rapidement à travers toutes les provinces sahariennes, au sud de Tiznit.
Après Laâyoune, Boujdour, Smara, ce fut le tour de Dakhla où, contrairement aux autres villes de nos provinces sahariennes, les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont été de courte durée.
A Assa et Sidi Ifni, les fauteurs de troubles semblent être plus tenaces. La raison serait, selon un cheikh sahraoui, l’importance des sommes distribuées. Ce même cheikh nous a également affirmé que les journées de mardi et mercredi devaient être calmes, car les subsides algériens avaient fondu comme neige au soleil et qu’il a fallu attendre le renflouement des caisses des commanditaires pour voir reprendre le processus, ajoutant que la présence d’observateurs étrangers est également un déclencheur de troubles. Ce que nous avons vérifié. Ainsi, mardi et mercredi étaient d’un calme plat à Laâyoune. Le jeudi, la situation s’est embrasée à Assa, puis à Sidi Ifni et le vendredi la tension était à son comble aux abords des mosquées de Laâyoune où un déploiement des forces de l’ordre était observé.
Mais dans la journée de samedi, les heurts ont commencé avec l’arrivée des représentants de différents médias occidentaux. Et pour étayer la version selon laquelle la plupart des soi-disant observateurs étrangers qui débarquent à Laâyoune y viennent avec des idées préconçues, il suffit de rappeler qu’ils se rendent d’abord chez les séparatistes de l’intérieur, avant même de saluer les représentants de l’Etat ou ceux des tribus sahraouies. C’est en effet ce qu’ont fait les envoyés de la BBC,  du Washington Post, du  Herald Tribune, du Boston Globe, du New York Time, du Foreign Policy,  de CNN, de Sky News  et du Guardian qui ont, tous, eu des entretiens avec ces séparatistes dans le quartier chaud de Maâtalla. Précisons également que la presse anglo-saxonne n’avait, jusque-là, jamais accordé une telle importance à l’affaire du Sahara et que la présence d’un tel nombre de représentants d’organes de presse dénote du nouvel intérêt que ces pays accordent à ce dossier.
Les prédictions de notre source ont été étayées par le fait que les troubles ont repris avec violence samedi à Laâyoune où, apparemment les caisses des affidés du Polisario ont été renflouées à la veille de l’arrivée de ces journalistes. Ce qui a mis le feu aux poudres et alimenté des manifestations qui se sont soldées par des affrontements qui ont fait des dizaines de blessés, de part et d’autre.
Selon la chaîne de télévision régionale de cette ville, 12 éléments des forces de l’ordre ont été évacués à l’hôpital pour des blessures dont la gravité varie et dont certaines seraient vraisemblablement le fait d’arme blanche. De leur côté, les manifestants auraient enregistré plusieurs blessés qui auraient été soignés dans des domiciles privés par crainte d’être arrêtés.
Rappelons qu’en arrivant à Laâyoune, les journalistes occidentaux avaient tenu une réunion avec les séparatistes avant de rendre visite à la wilaya où le wali entouré des élus chioukhs et notables les avait reçus. Profitant de ce fait, les manifestants ont organisé un sit-in devant l’hôtel où les représentants des médias étrangers étaient descendus.
A noter que les affrontements de ce samedi qui sont considérés comme les plus violents que la ville ait connus, ces derniers temps, ont eu lieu dans les quartiers Wifaq, Doueiratt, Al Aouda, l’avenue Smara et l’avenue Skikima.
 A noter, par ailleurs  que les heurts de Sidi Ifni se sont soldés, quant à eux, par plusieurs arrestations dans les rangs des manifestants et des dizaines de blessés dans les deux camps.
Ces heurts au cours desquels huit éléments des forces de l’ordre ont été blessés auraient été provoqués, selon la version officielle, par l’arrestation d’un individu interpellé le 30 avril pour son implication dans les actes de vandalisme perpétrés sur la route nationale 12 reliant Sidi Ifni à Guelmim.
S’agissant des incidents d’Assa, les forces de l’ordre auraient reçu des instructions de disperser un rassemblement organisé par des diplômés chômeurs qui avaient monté une tente en guise de protestation contre le manque d’intérêt des pouvoirs publics et l’absence de dialogue en vue de trouver des solutions aux problèmes posés. Les protestataires revendiqueraient également la création d’une province dans l’agglomération Mahbes, ex-colonie espagnole, et qui serait un tremplin pour les tribus Aïtoussa. Selon un communiqué de l’Association marocaine des droits de l’Homme, section  Assa-Zag dont le journal détient copie, les populations se seraient soulevées contre la présence massive dans toutes les rues de la ville des forces de l’ordre.  Les affrontements n’ont cessé qu’après qu’un groupe de chioukhs de la tribu Aïtoussa  ont forcé l’entrée du siège de la province où le gouverneur n’avait d’autre choix que de les recevoir et d’ordonner le retrait des forces de l’ordre.

Ahmadou El-Katab
Lundi 6 Mai 2013

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