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Les 'petits' métiers saisonniers de l'Aïd Al Adha




A l'approche de l'Aïd Al Adha, de nombreux petits métiers saisonniers émergent et prospèrent dans les boulevards et les ruelles de la ville, des activités liées au rituel du sacrifice et aux traditions authentiques des familles.
 Partout, on voit des moutons transportés sur les épaules, sur les mobylettes, dans des carrioles, des vélopousses. C'est un véritable labyrinthe! Pour circuler, il faut se faufiler et surtout faire attention à ne pas prendre une patte ou une corne dans l'œil.
 Les métiers informels qui pullulent à cette occasion se répartissent entre la vente de charbon et de paille, le remoulage des couteaux, le grillage des têtes des bêtes, le découpage de la viande des moutons et la collecte et l'assèchement de leurs peaux.
 Des jeunes proposent ainsi du charbon sur les routes ou à proximité des marchés du mouton, l'occasion pour les gens de s'en approvisionner pour les besoins du barbecue, méchoui et brochettes qu'aiment consommer les Marocains le jour de l'Aïd qui fait aussi le bonheur des rémouleurs de couteaux. Car cette fête c'est l'occasion pour les Marocains de préparer leurs couteaux pour le sacrifice.
La fête du sacrifice est donc pour certains l’aubaine de faire de ''bonnes affaires". Que ce soit pour les éleveurs de moutons, les professionnels ou même les amateurs. Décidément, tous les moyens sont bons pour se remplir les poches.
 C’est le cas de Bouazza, vendeur ambulant de fruits et légumes à ''Guiche Oudaya'' à Témara, mais qui se transforme en réel boucher professionnel, le jour du sacrifice.
 « Je me fixe l’objectif d’égorger 10 moutons ; je pourrais faire plus, mais cela est très fatiguant. Les prix varient entre 100 et 150 DH, selon la taille du mouton», déclare-t-il.
 Selon certains, les prix pratiqués par les bouchers sont abordables ou plutôt dans les normes. "Les prix pour égorger et découper un mouton commencent à 100 dirhams et peuvent aller jusqu'à 250 dirhams", explique Abdellah, boucher installé à Rabat depuis 15 ans.
 « Ces bouchers saisonniers égorgent, en général, une dizaine de moutons, si ce n'est plus, pendant la matinée de l'Aïd. Les comptes sont facilement faits. Ils peuvent donc se faire jusqu'à 2500 dirhams pour une matinée de travail'', fait-il savoir.
 Cette situation a poussé certains jeunes à s’adonner à cette activité, le jour de l'Aïd. Hassan qui habite au quartier ''Boukroune'' à Rabat, en fait partie. Ses deux amis et lui commencent leur matinée de l'Aïd en égorgeant rapidement le mouton familial avant d'aller honorer leurs "engagements".
 "On a appris à égorger et découper les moutons depuis notre adolescence. Il y a deux ans, en voyant l'argent que se faisaient les bouchers professionnels, on s'est dit pourquoi ne pas se faire un peu d'argent pendant l'Aïd ?", témoigne-t-il.
 Toutefois, ces égorgeurs ne sont pas les seuls à se frotter les mains le jour de la fête. Après avoir fait leur "travail" la matinée, ils cèdent leur place l'après-midi et le lendemain aux bouchers.
 "Très rentable, il n'y a pas de viande à vendre, mais seulement à découper. Cela pour des prix qui commencent à 50 DH pour atteindre 100 à 200 dirhams par mouton, si ce n'est plus'', rapporte un boucher de Salé qui découpe plus d'une cinquantaine de moutons durant l'Aïd El Adha.
 "Tout dépend du boucher, de l'endroit et surtout de la taille du mouton. Je suis dans la moyenne. Certains de mes collègues en font plus", ajoute-t-il.
Le choix du mouton se fait généralement selon ses propres techniques; on tâte les cuisses pour voir si la chair est bonne, on observe et on marchande. La quasi-totalité des quartiers se transforment en lieux de vente de moutons.
 Selon le ministère de l'Agriculture et de la Pêche maritime, l’offre en cheptel ovin et caprin, destiné à l’abattage, s’élève, cette année, à près de 8,6 millions de têtes, pour une demande globale estimée à 5,35 millions de têtes.
 Le ministère explique que l’opération de l’Aïd représente une part importante, notant que les transactions commerciales des animaux d’abattage à l’occasion de cette fête religieuse permettront de générer environ 10 milliards de dirhams.
 Concernant, les prévisions du ministère, le prix moyen du mouton devrait se situer, cette année, entre 2.200 et 2.300 DH par tête.

Par Badr BOUHANIA (MAP)
Samedi 10 Septembre 2016

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