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Les paysans africains, victimes de la chasse aux milliards “verts”




Les paysans africains, victimes de la chasse aux milliards “verts”
C’est au nom de la «lutte contre le CO2» que de nouvelles exactions sont commises contre des populations rurales de pays pauvres. Le New York Times et quelques autres, citant un rapport de l’organisation peu suspecte d’anti-écologisme Oxfam, révèlent que les exemples d’expropriations violentes de paysans, d’Afrique notamment, se multiplient. Plus de 20 000 habitants des campagnes ougandaises ont été expulsés de leur terre, le plus souvent violemment, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
En Afrique notamment, les « landgrabs » opérés par des politiciens qui vendent les terres à des sociétés étrangères en vue de pratiquer des cultures intensives en expulsant les populations locales, sont devenus hélas monnaie courante.  Dans l’affaire ougandaise révélée par le NYT, le gouvernement affirme que les occupants étaient dans l’illégalité, des « squatters » sans titre de propriété valide. Mais dans un pays au cadastre embryonnaire, qui a des droits de propriété valides ?
Le quotidien révèle que les paysans ont été expulsés au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, l’affaire s’articule autour d’un marché naissant de milliards de dollars créé suite à la signature du protocole de Kyoto, celui des « crédits-carbone ».
La compagnie impliquée, New Forests Company, cultive des forêts dans les pays africains, dans le but de vendre les crédits-carbone générés par ses arbres aux pollueurs étrangers. Ses investisseurs incluent la Banque mondiale, à travers sa branche privée d’investissement, et la banque HSBC.  Selon le rapport d’Oxfam, New Forest Company, avec l’aide du gouvernement local, n’hésite pas à pratiquer l’expulsion de force de familles parfois installées depuis des décennies, et réduites après cela à l’état de plus extrême pauvreté. NFC a ainsi obtenu du gouvernement, dans ces conditions scabreuses, le droit d’investir 9300 hectares plantés de 12 millions de pins, un investissement de 47 millions de dollars.  Cette affaire n’est hélas pas unique, très loin s’en faut : En 2010, le « Telegraph » révélait que le WWF, organisation qui se drape de la vertu des grands protecteurs de l’environnement, espérait toucher jusqu’à 60 milliards de dollars grâce à un programme ONUsien appelé REDD (Reducing Emissions from Deforestation in Developing countries). Par exemple le WWF s’est vu octroyer par le gouvernement brésilien la concession d’un territoire amazonien dont elle doit «préserver» le couvert forestier dans le cadre du projet ARPA (Amazon Region Protected Areas Project).
Dans un second temps, le WWF pourra, du fait de sa «protection», recevoir des crédits carbone pour chaque hectare de forêt «sauvée», et entend les revendre sur les marchés financiers verts aux entreprises qui préféreront acheter des crédits si cela leur revient moins cher que de mettre en place des filières limitant les émissions carbonées. Sa communication catastrophiste sur le devenir de la forêt amazonienne lui a donc permis de mettre en place un dispositif au potentiel incroyablement rémunérateur !
Une ONG qui combat le programme REDD, au nom de la protection des droits des populations indigènes à vivre sur leur territoire ancestral, Forest People Rights, a montré que le WWF avait expulsé des territoires concernés des milliers d’indigènes, relégués dans des bidonvilles en bordure des grandes villes situées à l’extérieur du territoire « protégé » par WWF.
En outre, selon l’analyste Richard North, les périmètres du programme ARPA sont souvent parmi … les moins menacés de déforestation, parce que parmi les plus inaccessibles. Le WWF n’a donc aucun mérite à les protéger, et lui accorder le bénéfice de crédits carbone sur la base du programme ARPA relève de la pure escroquerie, perpétrée au mépris des droits des occupants ancestraux de ces forêts.
Forests People Rights publie régulièrement sur son blog des informations sur la longue litanie de spoliations opérées au titre du programme REDD. Rien qu’en septembre 2011, ils ont recensé des opérations similaires dans la région des Chiappas au Mexique , des persécutions des communautés locales au Parana (Brésil), des expulsions au Congo.
Aucune des expropriations forcées recensées par Oxfam ou par Forests People Rights ne serait possible sans la complicité active des gouvernements locaux. Dans des pays où la formalisation des droits de propriété des peuples séculaires laisse à désirer, et où les gouvernements se fichent des droits de leurs populations, une source de profits faciles telle que REDD ne peut que produire des effets pervers absolument catastrophiques.
Si un programme tel que REDD excite la convoitise d’appétits privés, il est bel et bien l’enfant du protocole de Kyoto, construction tout ce qu’il y a de plus symbolique de cette collusion croissante entre gros intérêts financiers et États : le nouvel « oligarchisme ». Sachant tous les doutes qui existent aujourd’hui sur la qualité de la « science » qui préside aux écrits alarmistes du GIEC, bras armé de l’ONU pour promouvoir son agenda environnementaliste, et toutes les malversations et authentiques crimes contre l’humanité commis au nom de la lutte contre le CO2, il serait temps que, à l’instar du Président tchèque Vaclav Klaus, davantage de dirigeants occidentaux disent stop à la folie « climatique ». Le prétexte du danger climatique, aujourd’hui discrédité, n’est qu’une pompe à profits pour quelques lobbys de la fausse bonne conscience, au mépris des droits de l’homme.
 
* Economiste, analyste pour l’Institut Turgot, essayiste auteur de « Logement : crise publique, remèdes privés » et de « ForeclosureGate : les gangs de Wall Street contre l’Etat US »

Par Vincent Bénard
Vendredi 7 Octobre 2011

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