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Les partis de gauche plaident pour une diplomatie participative et crédible

De retour de Suède, la délégation marocaine dresse le bilan de son voyage




Moins de 48 heures après leur retour de Suède, les quatre membres de la délégation composée de trois partis appartenant à la gauche marocaine ont rencontré ce vendredi matin à Rabat  la presse pour faire le  bilan de ce voyage.
Deux femmes et deux hommes dont le cœur bat à gauche –Nabila Mounib, la SG du PSU, Rachida Tahri, la parlementaire PPS, Mohamed Benabdelkader, membre du BP de l’USFP et M. Bouaziz , l’historien appartenant au PSU-  ont livré leurs  toutes premières impressions d’un retour de voyage dans un pays, la Suède, déserté par la diplomatie officielle et celle parallèle marocaines.
Le premier constat tombe comme un couperet. Les Suédois, explique d’emblée Nabila Mounib, méconnaissent la question du Sahara. Celle qui a présidé la délégation marocaine évoque la présence active des séparatistes du Polisario qui ont investi la société civile suédoise, les centres de recherches, les partis politiques.  « Ils ont su développer un discours sur la thématique des droits de l’Homme et la démocratie auquel la société de ce pays scandinave est très sensible. Les politiques et responsables de Suède n’ont jamais entendu le son de cloche marocain.  Nous leur avons dit que la paix n’est pas dans la reconnaissance d’une entité étatique dont les ficelles sont tirées par l’Algérie. Nous leur avons fait savoir que la Suède peut jouer un rôle dans la paix dans cette région du Sud de la Méditerranée.  Nous leur avons expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une question de décolonisation. Nous avons essayé de leur faire comprendre que l’affaire du Sahara est celle d’un peuple  au Maroc et d’un régime  uniquement en ce qui concerne l’Algérie», rapporte la leader du PSU.

«L’Histoire n’avance pas
avec des ruptures»

Au cours de leurs  entretiens avec le vice-président du Parlement suédois, la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, des représentants de partis politiques tels que les Verts et les sociaux-démocrates, des présidents de think-tank et de centres de recherches et des représentants de la société civile, l’initiative marocaine a été présentée comme «une conception très avancée de l’autonomie qui préserve la paix». La rencontre avec le président de la commission «Al Qods» à l’origine de la reconnaissance de la Palestine par la Suède a été extrêmement bénéfique.
Trois jours chargés et un agenda bien rempli que  la PPS Rachida Tahri n’est pas près d’oublier. «Et nous n’avons pas joué aux pompiers», se défend-elle.
A tous leurs interlocuteurs, les Marocains de gauche ont dit et redit leur profonde conviction : la création d’un Etat dans la région mettra en danger la paix dans cette partie du monde déjà mal en point.
C’est bien la première fois qu’un dialogue politique institutionnel a été ouvert entre les partis de gauche suédois et marocains. Toutes les rencontres ont été organisées sous la Coupole du Parlement. «Nos interlocuteurs suédois étaient surpris. Nous leur avons juste demandé de nous écouter. Et quand ils l’ont fait, ils ont découvert un nouveau discours», affirme l’Usfpéiste  Mohamed Benabdelkader.   La Suède reconnaîtra-t-elle ou pas la pseudo RASD ? Ce responsable socialiste  très actif dans le cadre de l’Internationale socialiste est confiant. Il faut savoir, dit-il, décrypter le langage diplomatique. Une évaluation interne de la question du Sahara est en train d’être faite par les Suédois.  «Et les responsables que nous avons rencontrés ont été clairs. Seul un Etat qui remplit les trois critères définis par le droit international (terre, population et autorité sur la population) peut prétendre à la reconnaissance. Ce qui est loin d’être le cas pour le Polisario», soutient Mohamed Benadelkader.
Le problème n’est pas pour autant résolu alors que les séparatistes sont en campagne mondiale pour les 40 ans de la création du Polisario.  Celles et ceux de la délégation marocaine de  gauche qui vient de rentrer de Stockholm en appelle à la mise en œuvre d’une diplomatie participative avec l’association d’acteurs politiques et ceux de la société civile crédibles. Une approche globale et offensive doit être également élaborée en direction des pays scandinaves et des Etats qui méconnaissent la position marocaine sur le Sahara. La démocratie, les libertés et le respect des droits humains doivent être au cœur de l’argumentaire du Maroc.  Ce sont autant de conclusions que les membres de la délégation ont partagées jeudi avec les officiels marocains dont le ministre délégué à l’Intérieur et la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères.
Le mot de la fin appartient sans conteste à l’historien Mohamed Bouaziz. «L’Histoire n’avance pas avec des ruptures. Les avancées historiques ont été rendues grâce aux grands consensus».

Najis Rerhaye
Samedi 10 Octobre 2015

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