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Les mutations plus rares et l’évolution humaine plus lente




Chez l’homme, une soixantaine de nouvelles mutations génétiques seraient transmises par les parents à leur enfant, soit bien moins qu’estimé jusque-là pour calculer le rythme d’évolution de notre espèce au fil des générations, selon une étude publiée dimanche.
Le génome humain compte six milliards de molécules porteuses de l’information génétique, les nucléotides. Chaque parent en transmet trois milliards à son enfant. Une erreur de copie d’un seul nucléotide peut se traduire par une mutation génétique.
Jusqu’alors les chercheurs “estimaient que les parents contribuaient à une moyenne de 100 à 200 erreurs” dans les nucléotides transmis à leur enfant, explique Philip Awadalla (Université de Montréal), un des principaux auteurs des travaux paraissant dans la revue Nature Genetics.
“Notre étude génétique, la première de ce type, montre qu’en fait il y a beaucoup moins d’erreurs - ou mutations”, souligne le professeur Awadalla dans un communiqué.
Les parents transmettraient, en moyenne, soixante nouvelles mutations à leur enfant, selon l’étude qui a porté sur près de 6.000 mutations potentielles au sein de deux familles avec chacune un enfant, un échantillon limité.
Les mutations, qui font émerger de nouvelles séquences génétiques, jouent un rôle clé dans le processus d’évolution des espèces.
S’il se produit trois fois moins de mutations d’une génération à la suivante, l’évolution se fait trois fois plus lentement qu’on croyait jusque-là, explique le chercheur. Il faudrait alors revoir à la hausse le nombre de générations séparant l’homme de ses ancêtres communs avec le chimpanzé.
L’époque de la divergence entre homme et chimpanzé pourrait être à “repousser de 7 millions d’années dans le passé, comme le suggèrent les interprétations de récentes découvertes fossiles”, notent les auteurs de l’étude.
Ils ont aussi cherché à vérifier si le père transmet davantage de mutations à l’enfant que la mère.
A partir des cellules germinales d’origine, l’homme produit beaucoup plus de spermatozoïdes que la mère d’ovules. Or, plus il y a de divisions cellulaires imposant à chaque fois de copier l’ADN, plus le risque d’erreurs est grand, estimaient jusque-là les chercheurs.
Les résultats les ont surpris : 92% des mutations ont été transmises par le père dans une des familles, mais seulement 36% dans l’autre.
“Nous savons maintenant que, dans certaines familles, la plupart des mutations pourraient venir de la mère et que dans d’autres la plupart peuvent venir du père, c’est une surprise”, résume Matt Hurles (Wellcome trust Sanger Institute, Cambridge, Royaume Uni) co-auteur de l’étude.
“Le taux de mutation est extrêmement variable d’un individu à l’autre”, souligne le Pr Awadalla qui a co-dirigé ces recherches. Une variabilité qui peut avoir des implications pour le diagnostic médical, concluent les chercheurs, soulignant la nécessité d’études plus larges.

AFP
Mercredi 15 Juin 2011

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