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Les ministres ont reçu comme consigne d’être présents dans les médias : Pour Benkirane, il n’y a pas de politique gouvernementale sans communication




La consigne est claire : tous les ministres du gouvernement Benkirane ont pour directive de communiquer et de répondre aux sollicitations des journalistes. A la télévision, à la radio ou sur les colonnes de journaux, les interviews ministérielles se suivent. Des ministres communiquent plus que d’autres, sont plus visibles au moment même où des responsables gouvernementaux appartenant à la même équipe préfèrent encore l’anonymat. «Gouvernons heureux, gouvernons cachés»…
Ce n’est pas en tout cas la devise d’Abdelilah Benkirane qui a bien fait savoir à ses ministres que la communication n’est pas un luxe, mais un mode de gouvernance. Pas de politique gouvernementale sans politique de communication, leur a-t-il martelé.  La leçon est-elle pour autant apprise ? «Nous croyons au débat et dans le même temps que l’opinion publique a le droit de savoir. Les Marocains sont en droit de savoir ce que fait ce gouvernement. Et si nous disons aux ministres de ce gouvernement d’être présents dans les médias, nous leur disons également que les citoyens attendent des actes concrets. C’est pourquoi la communication de cet Exécutif doit se faire autour d’actions. Nous avons l’ambition de mettre en œuvre une communication diversifiée, accessible au plus grand nombre mais aussi une communication réactive», explique Mostafa El Khalfi, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.  Celui que l’on présente volontiers comme le plus jeune ministre du gouvernement Benkirane est sur la première marche du podium en matière d’interviews accordées. L’ancien journaliste répond à toutes les sollicitations de ses confrères, comme porté par cet exercice constant d’expliquer et de faire comprendre. Il est aussi et surtout en charge de la communication du gouvernement, «en étroite collaboration avec la Primature».
Parler une langue qui ressemble aux Marocains. C’est aussi l’une des règles que s’est imposé  le chef de gouvernement. Pour ses passages à la télévision –y compris ceux qui sont transmis en direct du Parlement, Abdelilah Benkirane s’adresse aux Marocains dans une langue simple. «Mais pas simpliste. Le gouvernement veut que l’opinion publique le comprenne. Pas question qu’il y ait un fossé entre gouvernants et gouvernés», s’empresse de préciser le porte-parole du gouvernement, celui-là même dont l’une des missions –et ce n’est pas la moindre- est d’organiser la communication de l’Exécutif conduit par le leader islamiste du PJD.  L’accusation d’un populisme annoncé est balayée d’un revers de la main. «En parlant aux Marocains dans une langue et un style qui leur sont familiers, nous ne brossons pas dans le sens du poil. Il faut nous juger sur nos actions. Et ce que nous proposons, ce sont de vraies mesures et non pas du provisoire puisé dans le démagogique et le populisme» se défend le journaliste devenu ministre,  passant avec la même aisance  de la liberté de presse, de la dernière censure d’El Pais  aux engagements de l’Etat par rapport au TGV.
Des ministres en guest star aux points de presse d’El Khalfi
A l’opposition, cette formation politique arrivée première aux élections législatives du 25 novembre dernier, faisait figure de championne de la communication avec les médias. Constamment sollicités par les médias – la réciproque a été souvent vérifiée avec des responsables du PJD contactant les journalistes- les islamistes du Parlement avaient bonne presse dans le microcosme médiatique. La lune de miel se transformera en lune de fiel maintenant que le PJD est aux commandes du pouvoir? Non, à en croire Mostafa El Khalfi qui annonce que des procédures techniques sont en train d’être mises en place pour que les rapports gouvernement/presse se fassent de manière continue et régulière.  Les traditionnels points de presse au sortir du Conseil de gouvernement, inaugurés par le gouvernement d’alternance  aux destinées duquel présidait l’Usfpéiste Abderrahmane El Youssoufi, vont évoluer, promet le porte-parole du gouvernement. «D’ailleurs cela a déjà commencé. Sur les grandes questions, c’est le chef de gouvernement qui donne le point de presse. Comme cela a été le cas lors du point de presse intervenu après la tenue de notre tout premier Conseil de gouvernement ou encore la semaine passée lorsque M. Benkirane a annoncé la fin de l’occupation illégale de l’espace public et le nécessaire respect de la loi. Sur des questions d’importance, nous avons estimé que le chef de l’Exécutif  devait être présent pour expliquer aux Marocains ce qui se passe», indique M. El Khafi.
Evolution donc du point de presse hebdomadaire du porte-parole du gouvernement qui conviera, à chaque fois que l’actualité l’exigera, un ou plusieurs de ses pairs de l’Exécutif à venir s’exprimer à ses côtés. Ce jeudi 1er mars,  projet de budget oblige, c’est Nizar Baraka qui l’accompagnera, en «guest star»  du point de presse.  «Notre credo est le suivant : donner l’information précise, au moment opportun et par la personne concernée», annonce l’ancien directeur d’Attajdid.
Pas de spin doctors et une communication «préventive»
Pas de spin doctors pour le PJD au pouvoir et encore moins pour la Primature: il n’y a pas de boîte de communication à l’horizon pour assurer la com’ du gouvernement.  «Nous communiquerons par nos propres moyens. Il y a suffisamment de ressources humaines dans les ministères. Nous sommes d’ailleurs en train de peaufiner une  politique de communication gouvernementale», assure le porte-parole du gouvernement avant de confier qu’il tiendra une réunion mensuelle avec tous les chargés de communication des ministres du gouvernement Benkirane.  Histoire d’opérer des réglages, de rectifier ce qui doit l’être et de communiquer encore et toujours. Une obligation constitutionnelle aux yeux du ministre de la Communication qui a d’ailleurs fait de la Constitution son livre de chevet.  «Une fois par mois, le chef de gouvernement doit se rendre au Parlement pour répondre aux questions des parlementaires. Le gouvernement est également invité à faire une évaluation annuelle de son action. Comment voulez-vous dès lors que nous fuyions le débat ?», ajoute-t-il.
Communiquer. Une panacée pour le PJD, devenu parti gouvernemental après avoir quitté les bancs et les clameurs de l’opposition ? Assurément. Les caciques de cette formation islamiste ont conscience des dommages collatéraux que peut provoquer le passage au pouvoir. Des mesures impopulaires doivent être prises. Des discours fermes doivent être tenus. Ainsi va l’exercice du pouvoir. «C’est pourquoi je parle de communication préventive. Il est important d’expliquer avant aux citoyens. Regardez ce qui s’est passé à Safi sur la lutte contre l’habitat sauvage et non autorisé. La première villa à être détruite a été celle d’un parlementaire. C’est important que les gens sachent que la loi s’applique à tous, y compris aux puissants.  Sur toutes ces questions, nous comptons assumer nos responsabilités tout en prenant le soin d’argumenter et de nous expliquer devant l’opinion publique», conclut le porte-parole de l’Exécutif.

Narjis Rerhaye
Mercredi 29 Février 2012

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