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Les mille et un maux de la santé publique

Manque de personnel qualifié, formation approximative, données imprécises, infrastructure défaillante …





Au Maroc, il n’y a pas que la pénurie du personnel médical  qui pose problème. Le manque de données exactes sur la disponibilité des ressources humaines, leur vieillissement et leur formation constituent également un vrai défi pour le secteur de la santé. C’est ce que vient de révéler un récent rapport technique réalisé par le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé et présenté avant-hier à Rabat.  
Selon ce document, il y a une absence de données exactes et actualisées sur la disponibilité des ressources humaines pour la santé. A titre d’exemple, 26% des aides-infirmiers et 15% des techniciens et personnels paramédicaux sont comptabilisés comme infirmiers dans les statistiques officielles. De plus, les chiffres sur le secteur privé ne proviennent pas de sources de données contrôlées ni d’un processus de collecte organisé et transparent. Ceci d’autant plus que les chiffres ou données officiels concernant les migrations des personnels de santé n’existent pas.
Ce manque de données a été également constaté au niveau du programme de formation des médecins. Ainsi, le rapport a-t-il indiqué que la  dernière mise à jour du programme des études médicales a eu lieu en 1983 tout en précisant que la durée officielle des études est de 7 ans. Cependant, ajoute le rapport, seuls 3% des étudiants en médecine obtiennent leur diplôme en 7 ans. La durée moyenne des études se situe donc entre 8 et 9 ans, et 28% des étudiants inscrits abandonnent leurs études avant d’obtenir leur diplôme.
Le document en question a indiqué, en outre, que le programme actuel de formation médicale n’offre pas suffisamment d’opportunités d’apprentissage autonome et de discussions par petits groupes ; la majeure partie de l’enseignement a lieu sous forme de cours magistraux traditionnels, qui incitent à une écoute et à un apprentissage passif. La formation clinique se déroule presque exclusivement dans les services de soins tertiaires spécialisés de l’hôpital universitaire. De ce fait, les étudiants sont face à des patients qui ne sont pas représentatifs de ceux qu’ils seront amenés à soigner en tant que médecins généralistes. Une place très limitée est accordée aux problèmes et aux méthodes de santé publique et les étudiants ne sont jamais placés en situation d’apprentissage pratique.
L’accélération des départs à la retraite a été également évoquée. Ils concernent chaque année 1.500 professionnels du ministère de la Santé. Même l’introduction rapide des nouvelles technologies dans les méthodes d’apprentissage (apprentissage en ligne et à distance), et l’intensification des efforts de formation ne résoudront pas le problème de l’insuffisance de dotation en personnel, précise le rapport. «Il est presque impossible de relever ce défi à court et moyen terme sans reconsidérer le programme et la durée de la formation dans les facultés de médecine et de sciences paramédicales, et sans offrir aux professionnels atteignant l’âge de la retraite la possibilité de continuer à travailler. Il est également possible de créer une nouvelle catégorie de personnels, davantage tournée vers les communautés rurales pauvres, comme des agents de première ligne, formés à une approche de résolution des problèmes et sélectionnés au sein de ces communautés», a expliqué le document. Lequel a souligné le nombre limité d’institutions dispensant une formation universitaire supérieure dans les domaines de la santé publique. Actuellement, seule l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) dispense une formation universitaire supérieure en santé publique.
Les rédacteurs de ce rapport demeurent également sceptiques quant à l’amélioration de la situation du personnel médical. Ils estiment que malgré l’existence de plans relatifs aux ressources humaines en santé, leur mise en œuvre a été limitée faute d’engagement politique et d’absence d’informations systématiques et complètes pour articuler un plaidoyer au plus haut niveau.

Hassan Bentaleb
Jeudi 4 Février 2016

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1.Posté par Marwan le 03/02/2016 19:11
Formation aproximative oui et mille foix oui quand on voit que ce gouvernement a accordé le droit à des détenteurs de diplomes privés d'inférmier de se présenter au même concours que les infermiers diplômés d'état mais ou va t'on.? Et pourquoi pas accorder des diplômes privés de médecin ou d'architecte tant qu'on y est? On ne doit pas jouer avec la santé des malades et les formations privés d'inférmier ne sont pas au niveau , tout le monde le sait. Les propriétaires de ces écoles privés ont fait pression sur le gouvernement pour que ces écoles continuent à tourner et à faire fructifier un business juteux en dépis de toute logique. Les familles des patients souvent démunies doivent donner un bakchich exigé par les infermières ,privés ou public ,pour qu'elles fassent leur travail.Quand à l'hygiène des hopitaux publics: Que dire! Il suffit de voir les chats s'introduirent dans les hopitaux ou beaucoup de salle d'accouchement ne sont pas nettoyées et dans lesquels ils font leuir besoin et sont à l'affut d'une nouveau né qui aura le malheure de servire de nourriture . cruelle vérité!Pourquoi est ce qu'il n' ya pas d'audit dans ces hopitaux. Pourquoi est ce que les directeurs sont maintenus à ces postes malgré la persitance de ces problèmes?

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