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Les messages d'une œuvre




“Et plus si affinités” entretient un rapport étroit avec la réalité. Cela nous interpelle et nous  pousse à faire un rapprochement avec ses œuvres précédentes, essentiellement “Thé amer” et “La femme du soldat”. Il faudrait dire que l'œuvre littéraire de Moha Souag ne cesse de nous intéresser. En fait, nous trouvons que “Et plus si affinités” est un récit très attachant dans la mesure où non seulement il perpétue la même verve narrative et la même inspiration esthétique déjà entamées avec  l'écriture de “Thé amer” et celle de  “La femme du soldat”,  mais aussi parce que l'auteur y maintient le même souffle idéologique, celui de l'écrivain engagé. Encore une fois, l'auteur décide de mettre son art au service d'une cause. Tout en procédant par imbrication ou par enchevêtrement d'histoires de vie semblables, “Et  plus si affinités” est un récit qui s'ancre dans un contexte socio-historique bien précis  en vue de  révéler la réalité, pour la mettre à nu.  On comprend alors que le récit  délivre un message. De ce fait, sa visée est persuasive. Aussi le lecteur  est-il  appelé à réagir et l'opinion publique est-elle alertée. Notre lecture consiste alors à montrer que derrière la mise en scène des réalités sociales réside un désir de corriger  non seulement les mentalités mais aussi la société.  
Plusieurs aspects textuels montrent que le roman est une œuvre qui s'inscrit dans le sillage de la littérature engagée.
Premièrement, c'est une œuvre qui relate des événements en rapport direct avec la réalité contemporaine non seulement de Ksar Souk mais aussi du Maroc. En effet, les événements racontés évoquent les conditions de vie de jeunes et de familles livrés à la misère et à l'illusion. Hamid a beau suer pour décrocher un diplôme, il se retrouve sans travail. Pire, il est la risée de ses sœurs. Tous les types sociaux sont presque introduits dans le récit : Hamid, le diplômé chômeur, Aziz, l'illettré et Samir le professeur. Tous sont hantés voire obnubilés  par le rêve occidental. L'exemple de Samir est en ne peut plus important : il oublie son devoir vis-à-vis de ses élèves pour aller vivre avec un Espagnol changé en femme Tous y voient une solution idéale à leurs situations sociales.
Deuxièmement, c'est une œuvre qui traite des problèmes actuels. D'abord ces problèmes sont d'ordre social. “Et  plus si affinités“ évoque les nouvelles pratiques culturelles, fruit des nouvelles technologies de l'information et de communication surtout l'Internet.  Au début, les jeunes s'amusent à naviguer et à chater, ils s'amusent à créer des relations amicales, ils s'amusent à vivre des aventures amoureuses, bref, Internet nourrit chez eux un certain espoir. Cependant, tous les récits révèlent que ces relations et ces histoires finissent par décevoir; elles finissent même par projeter nos jeunes dans la catégorie des exclus voire des marginaux sociaux.  Des jeunes abandonnés à leur sort, des jeunes livrés au désespoir.

* Agrégé de français

Abdelkbir JOURJI *
Mercredi 30 Juin 2010

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