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Les menaces planent sur l’avenir des exportations de phosphates

La concurrence mondiale bat son plein




Les menaces planent sur l’avenir des exportations de phosphates
Si le Maroc n’avait pas de soucis à se faire quant à l’évolution de la demande mondiale des phosphates sur le long terme, de par la croissance dans un contexte de démographie et de besoins alimentaires en forte augmentation, il en aura, en revanche, à court et moyen termes.
 Les cours mondiaux de ce minerai, qui ont atteint un pic de 185 dollars à fin 2012, se sont inscrits sur un trend baissier depuis juillet 2013 : de 157,96 dollars à moins de 100 dollars à la fin de 2013. Une tendance qui ne semble pas s’inverser, les cours des phosphates et dérivés ayant fortement chuté ces dernières semaines.
Dans ce contexte, leurs exportations ont atteint 37,1 milliards de dirhams à fin 2013, contre 48,4 milliards de DH en 2012, affichant ainsi une régression de 23,3%, selon l’Office des changes. L’Office chérifien des phosphates (OCP) a vu chuter ses bénéfices de près de 50% et son chiffre d’affaires reculer de 13%.
La contraction des exportations est imputable, en partie au recul de la demande mondiale, qui s’est réduite comme peau de chagrin dans un contexte de crise économique mondiale persistante, mais aussi à la reconfiguration du marché mondial.
En effet, plusieurs pays ont des visées sur les 40% d’augmentation de la demande mondiale dans les dix prochaines années. Se situant actuellement à environ 50 millions de tonnes, la demande d’engrais est sur le chemin d’enregistrer une croissance moyenne annuelle de 3,6% pour passer à près de 70 millions de tonnes en 2020.
Ce sont donc 2 millions de tonnes d’engrais supplémentaires qui  devront être au cœur d’une concurrence acharnée durant les prochaines années.
Dans ces conditions, le Maroc qui cherche à consolider sa position de leader sur ce marché, par l’engagement de grands investissements, devrait désormais sérieusement prendre en considération les visées de plusieurs pays et faire avec pour atteindre son objectif.
Le principal nouveau concurrent n’est autre que l’Arabie Saoudite qui nourrit de grandes ambitions sur ce marché, en l’occurrence pour l’exportation des engrais et des fertilisants minéraux. A vrai dire, le Maroc devrait faire face à l’arrivée de ce rival en 2011, l’entreprise saoudienne Ma’aden, qui devait mettre sur le marché sa production à partir de cette date, n’est entrée effectivement en lice qu’en 2012. 
En termes de forces, d’atouts et attraits, l’allié golfique du Maroc s’avère être un redoutable concurrent. Il possède plus de  forces que d’atouts, notamment, des ressources abondantes et une proximité géographique du premier marché consommateur de phosphates, à savoir l’Inde qui demeure l’un des principaux clients du Maroc.
Outre l’Arabie Saoudite, la Tunisie semble chercher un retour en force sur le marché. Pénalisée par la crise politique, la Tunisie en besoin important de devises, a pensé à réexploiter la mine de phosphate de Meknassi (gouvernorat de Sidi Bouzid), où l’extraction de phosphate s’est arrêtée depuis la crise économique de 1929. Cette mine devrait entrer en exploitation à partir du deuxième semestre 2014, selon le directeur général des mines au ministère de l’Industrie, Ramadhane Souid.
Un autre concurrent, qui n’est pas à négliger, est l’algérien Ferphos qui  ne cache pas sa volonté de se positionner sur le marché international. Les Algériens seront prêts à vendre au prix de revient ou même moins rien que pour contrecarrer le Maroc sur ce secteur.
Automatiquement, toutes ces variations vont conduire à une augmentation de l’offre, ce qui risque d’impacter le cours mondial des phosphates et plus grave encore, de réduire la part de marché du Maroc. 
Des évolutions qui n’échappent pourtant pas au management et aux analystes de l’OCP, qui ont déjà prédit ces changements et envisagent une reprise dès 2015.
Le programme d’investissement de l’OCP compte sur un sursaut qualitatif pour être en mesure de répondre à la demande mondiale, mais aussi  pour faire face à une concurrence qui gagne du terrain.
Bien qu’il détienne les premières réserves mondiales de phosphates, le Maroc ne dispose que de près de 30% des parts du marché international et avec l’arrivée de nouvelles capacités de production, l’enjeu est d’abord de consolider les acquis avant de monter en puissance. Le mangement du groupe ne cache pas sa volonté d’atteindre 50% des parts de marché dans les prochaines années. Même constat du côté des engrais où le Maroc n’occupait que 10% du marché il y a quelques années. Aujourd’hui, l’OCP vise plus de 40% en triplant la capacité de production des engrais.
 

Mohammed Taleb
Mardi 11 Février 2014

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1.Posté par Abdelhamid le 08/03/2014 18:57 (depuis mobile)
La concrétisation des investissements en unites industrielles de production doit etre achevée dans les plus brefs délais
Ceci permettra à l OCP de gagner en influence sur offre sur le marché et dissuadé de les ambitions de nouveaux concurrents

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