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Les maux de la capitale économique

Malgré le dynamisme induit par les projets structurants, Casablanca continue de souffrir des mêmes tares




Les maux de la capitale économique
Ahmed Brija, premier vice-président du Conseil de la ville, est un homme heureux. Selon lui, la ville de Casablanca bouge et dans tous les sens grâce à la dynamique de développement insufflée par les projets structurants.  A l’entendre lors de la conférence de presse organisée vendredi dernier, on a eu l’impression que la capitale économique n’a rien à envier à New York, Londres ou Paris. Une conférence organisée en catimini puisque rares sont les membres du Conseil de la ville qui en ont été informés.
Intervenant devant un public composé en grande partie d’acteurs associatifs invités au dernier moment, d’une poignée d’élus et de journalistes épuisés par une chaleur intense et des heures d’attente puisque la  conférence a débuté en retard, Ahmed Brija et  l’aréopage de décideurs qui l’a accompagné n’ont pas hésité à faire le panégyrique des réalisations ainsi que des chantiers engagés. Pas un mot sur les questions qui fâchent. Pas de déclarations sur les chantiers en retard. On n’a pipé mot sur les scandales qui ont secoué certains projets. Le ton était à l’exaltation et à la langue de bois.  
Ainsi, au niveau des grandes infrastructures, le port de Casablanca a pris les devants avec  la construction d’un troisième terminal à conteneurs et un autre pour les voitures ainsi que l’extension du terminal Est et céréalier. Au niveau de l’aéroport Mohammed V, un deuxième terminal a été réalisé et a permis de doubler la capacité d’accueil annuelle qui est passée à 11 millions de passagers.
Les infrastructures ferroviaires ont été également renforcées par la mise en service de la première ligne du tramway et de la plateforme logistique MITA ainsi que par la construction en cours de la nouvelle gare ferroviaire de Casa-Port.
Au niveau de l’industrie et des services, la région a connu la création de plateformes aéronautique (Aéropôle), automobile (Casablanca Automotive city),  d’offshoring (Casa Near Shore) et de shopping (Morocco Mall, Anfa Place)
Dans le domaine urbain, trois chantiers d’envergure ont été lancés. Il s’agit de la construction de deux nouveaux pôles urbains : la ville d’Anfa et celle de Zenata ainsi que la réhabilitation de l’ancienne Médina de Casablanca.
Le secteur de l’habitat a été aussi concerné par l’élaboration d’un programme régional qui bénéficiera à 45.920 ménages vivant dans les bidonvilles, et ce à travers la création de 55.000 unités de logement.
Dans le domaine de la lutte contre la pollution, des projets d’assainissement et de dépollution ont été programmés comme ceux de Mansouria, Nouaceur et Médiouna.  
Des réalisations qui sont loin de cacher une autre réalité. Celle d’une ville malade. A y regarder de plus près, on constate que la situation sociale, environnementale, sécuritaire, etc.,    y est plus dégradée qu'ailleurs.
En effet, la métropole a du mal à jouer son rôle de capitale économique. Certains symptômes du mal qui la ronge sont devenus évidents : pollution, congestion,  embouteillages, déchets, insécurité,  pénurie de logements, chômage, pauvreté, précarité…
Pour nombre d’observateurs, la métropole a besoin de plus de projets structurants. Elle a aussi besoin d’une vision  à long terme, d’un plan stratégique capable de proposer des solutions aptes à  rationaliser le développement urbain et la densité de la population dans les nouveaux quartiers et à éviter son extension excessive.
A l’heure actuelle, le développement de la ville se fait entièrement dans l’improvisation.
« La ville manque d’édiles capables d’anticiper l’avenir de la métropole.  La plupart des projets structurants achevés et ceux en cours ont été  impulsés par le Roi. Le Conseil de la ville n’a été qu’un simple exécutant. Le cas le plus édifiant reste celui du Tramway de Casa car s’il n’y avait pas eu l’intervention Royale, il n’aurait jamais pu voir le jour», nous a expliqué un édile de la ville sous le sceau de l’anonymat. Pour notre source, les désaccords politiques et le manque de visibilité chez les élus de la ville entravent toute possibilité d’impulser une vraie dynamique de développement. «Casablanca a besoin de ses hommes et de leur matière grise plus que de projets. Dommage qu’une si grande ville soit ainsi dirigée», s’est désolée notre source.

Hassan Bentaleb
Lundi 26 Août 2013

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