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Les lycéens marocains handicapés par un contexte social défavorable




Mathématiques et acquis linguistiques posent problème

Les lycées publics marocains englobent, en grande majorité,  des élèves issus des classes pauvres et moyennes et les trois quarts de ceux-ci ont dépassé l’âge légal  requis pour fréquenter les bancs des lycées. C’est ce qui ressort du dernier rapport d’évaluation des acquis des élèves du tronc commun établi par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) publié mercredi dernier. 
Selon ce document,  98% des élèves des quatre troncs communs du cycle secondaire qualifiant (première année du lycée) sont issus de milieux pauvres et des couches moyennes et seuls 2% d’entre eux sont issus de ménages aisés. Pis, un quart des élèves habite dans un logement «précaire». 
L’enquête du CSEFRS a également précisé que 6% des pères de ces élèves sont sans emploi, 5% n’ont pas d’emploi stable et 9% sont des retraités. Un tiers des pères n’ont jamais été scolarisés contre plus de la moitié (52%) pour les mères. Les pères de 17% de ces élèves sont fonctionnaires, 14% sont des agriculteurs et 13% des commerçants.
Les trois quarts des élèves sont âgés de plus de 15 ans et ont donc dépassé l’âge légal pour ce niveau. 38% d’entre eux ont redoublé au moins une fois au cours de leur scolarité et les deux tiers déclarent avoir bénéficié d’un enseignement préscolaire moderne. A noter qu’un cinquième (19%) des élèves a suivi sa scolarité primaire dans une école privée et 12% dans un collège privé.
Concernant l’évaluation des acquis linguistiques et mathématiques, ledit rapport a indiqué qu’à l’exception du score enregistré en arabe par les élèves du tronc commun technique, les scores moyens des acquis linguistiques pour les autres filières sont en deçà de la moyenne. 
Concernant les littéraires, l’enquête révèle une carence importante dans la production écrite en langue arabe. En français, la majorité des élèves des troncs communs «Lettres & Sciences Humaines», «Sciences» et «Originel» enregistre un score inférieur à 33. 
L’analyse des réponses aux tests montre que 9% des élèves du tronc commun «Sciences», et 4% de ceux inscrits en «Lettres et Sciences Humaines» maitrisent parfaitement l’expression écrite en arabe. Pour tous les contenus et niveaux cognitifs de la langue française, les élèves littéraires obtiennent des scores en dessous de la moyenne.  Pour les scientifiques, les scores en mathématiques montrent que 84% des élèves ont un score inférieur à la moyenne, et 54% d’entre eux ne dépassent pas le seuil de 33%.
S’agissant de l’appui social, 17% des élèves sont boursiers. A savoir les élèves promus du secondaire collégial au secondaire qualifiant mais ne disposant pas d’un lycée dans leur commune, ou ceux qui ont été orientés vers un tronc commun situé dans un établissement hors de leur localité. 
Le rapport indique, en outre, que 36% des élèves ont  bénéficié d’heures supplémentaires payantes. C’est en mathématiques (22%) et en physique-chimie (14%) que les élèves recourent le plus souvent aux heures supplémentaires contre 10% en français, 9% en anglais et 6% en sciences de la vie et de la terre.  
90% des élèves souhaitent bénéficier d’heures supplémentaires en français et/ou en anglais contre 49% en mathématiques.


 

L'éducation non formelle, un système 
d’éducation parallèle ? 


Les programmes de l’éducation non formelle se sont transformés, au fil du temps, en un système d’éducation parallèle qui s’élargit et s’amplifie de plus en plus en marge de l’éducation formelle, indique un rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, qui précise que le rendement interne et externe de ces programmes est faible.
Ce rapport, dont les résultats ont été présentés mercredi à Rabat, par le président de la Commission permanente des services sociaux, culturels et de l’ouverture des établissements d’éducation et de formation sur leur environnement a noté que les programmes non formels s'élargissent et s'amplifient de plus en plus, passant de programmes à caractère exceptionnel et ponctuel, à durée limitée dans le temps, à des dispositifs quasi-autonomes en marge de l’éducation formelle.
Afin de donner un nouvel élan à la réalisation des objectifs de l’éducation non formelle à l’horizon de 2025, le Conseil rappelle que l’espace naturel de l’apprentissage et de la formation est l’école formelle.
Le Conseil estime par ailleurs que ces programmes d'éducation non formelle doivent figurer parmi les mesures et les projets prioritaires durant les premières phases de la mise en œuvre de la réforme éducative, telle qu’énoncée dans la vision stratégique de la réforme 2015-2030.
Pour ce faire, le Conseil propose d’intégrer les programmes d’éducation non formelle aux missions fondamentales de l’école formelle moyennant une gouvernance efficace, en veillant à confier la responsabilité d’exécution de ces programmes à l’établissement scolaire formel durant la période de rattrapage et d'intégration.

Différences …


Où se situent les différences entre l’éducation formelle, l’éducation non-formelle et l’éducation informelle ? Ces trois expressions désignent des modalités particulières de l’éducation qui, pour être distinctes, n’en sont pas moins complémentaires en ceci qu’elles répondent toutes à un même objectif : permettre d’acquérir et d’approfondir des connaissances et des savoir-faire. 
L’éducation formelle renvoie à ce que l’on désigne habituellement et le plus spontanément lorsque l’on parle d’éducation. Il s’agit de la formation qui  est dispensée dans un cadre officiel et reconnu. L’éducation formelle est donc l’éducation prise en charge par le système scolaire et l’ensemble des composantes qui le constituent depuis la maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur. 
Pour sa part, l’éducation informelle est une éducation qui se déroule dans le cadre familial, entre pairs, dans des espaces de socialisation. L’apprentissage éducatif y est moins conscient.
Quant à l’éducation non formelle, elle se situe entre l’éducation formelle et l’éducation informelle. Elle est dispensée dans un temps défini comme étant un temps de formation, sur une base volontaire, sans pour autant donner lieu à des évaluations et à la délivrance de titres certifiant la bonne acquisition de ce qui a été enseigné.
L’éducation non formelle ne se définit cependant pas uniquement en négatif. Elle n’est pas simplement ce qui n’est ni l’éducation formelle ni l’éducation informelle, mais se distingue par tout un ensemble de traits qui lui sont propres. Ces caractéristiques qui donnent à l’éducation non formelle sa spécificité relèvent en premier lieu de la méthode de formation et d’enseignement qui y est usitée.

Hassan Bentaleb
Vendredi 3 Mars 2017

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