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Les jihadistes de l’EI résistent aux frappes de la coalition

Washington admet l'impact limité des frappes




Les jihadistes de l’EI résistent  aux frappes de la coalition
Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) progressaient lentement mais sûrement jeudi dans la ville syrienne de Kobané malgré les frappes des Etats-Unis, qui ont reconnu qu'elles ne suffiront pas à sauver la cité kurde.
 "Malgré une résistance acharnée des forces kurdes, l'EI a avancé durant la nuit et s'est rendu maître de plus d'un tiers de Kobané", a affirmé à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.
"Les jihadistes se sont emparés de l'immeuble des Assayech (forces de sécurité kurdes) dans le nord-est de la ville", a-t-il dit, faisant état de la mort d'un de leurs chefs et de plusieurs hommes.
Un des raids de la coalition a visé cet immeuble après sa prise par l'EI, selon l'ONG qui fait état de 30 morts de part et d'autre dans les combats de la nuit.
 Une journaliste de l'AFP à la frontière turque a vu jeudi matin deux frappes aériennes qui ont visé un même objectif situé au sud-ouest de la ville (Aïn al-Arab en langue arabe), d'où s'échappait une épaisse fumée.
 Selon l'OSDH, l'EI se rapproche de ce qui est appelé "le carré de sécurité", où se trouvent des bâtiments officiels et le commandement des Unités de protection du peuple (YPG, la milice kurde).
 Depuis lundi, la troisième ville kurde de Syrie est le théâtre de combats de rue acharnés. Le rapport de force est cependant défavorable aux Kurdes, l'EI possédant des véhicules blindés et des armes sophistiquées.
 Le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a reconnu que "les frappes aériennes à elles seules ne vont pas (...) sauver" Kobané. Il faudrait des troupes "compétentes", comme des combattants rebelles en Syrie, selon lui. 
Le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, a souligné que les jihadistes avaient changé de tactique pour s'adapter aux frappes que les Etats-Unis mènent en Syrie depuis le 23 septembre.
 "Ils ne plantent plus de drapeaux, ne se déplacent plus dans de longs convois comme ils le faisaient avant (...) Ils n'établissent pas de quartiers généraux qui sont visibles", a-t-il indiqué à la chaîne américaine ABC.
Les Etats-Unis ont exprimé leur frustration devant les réticences de la Turquie à lutter contre l'EI. "Nous pensons clairement qu'ils peuvent faire davantage", a estimé la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki. Mais, a-t-elle aussitôt reconnu, Ankara a "ses propres inquiétudes", en allusion au dossier kurde qui l'empoisonne depuis des décennies.
Les deux pays se sont d'ailleurs indirectement accrochés sur l'opportunité de créer une zone tampon entre la Syrie et la Turquie pour protéger les personnes déplacées.
 Ankara a maintes fois plaidé pour et a reçu mercredi le soutien de Paris. Mais la Maison Blanche et l'Otan affirment qu'une zone tampon n'est pas à l'ordre du jour pour le moment.
Pour tenter de convaincre la Turquie à s'engager contre les jihadistes, Washington a dépêché jeudi à Ankara le coordonnateur de la coalition, le général John Allen. 

AFP
Vendredi 10 Octobre 2014

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