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Les jeux vidéo au secours du troisième âge




Les jeux vidéo au secours du troisième âge
Et ça rigole, et ça fait des "oups!", des "ouaiiis!". Saburo Sakamoto et ses copains et copines s'amusent comme des petits fous à écraser des serpents, des grenouilles ou des crocodiles à coups de pied ou de maillet en plastique. Petit détail: ces "chenapans" sont octogénaires. 
Saburo a 88 ans et tous les jours il se rend dans un centre pour personnes âgées de Yokohama, dans la banlieue de Tokyo. En fait ça tient plus de la salle de jeux d'arcades et de jeux vidéo... spécial papis et mamies. 
"A ma première partie, j'ai fait un score vraiment nul. Mais plus je joue, plus je m'améliore. Ça donne envie de donner le meilleur de soi-même pour dépasser son record", dit à l'AFP ce jovial ancien en lorgnant vers une "rivale" entre deux coups de maillet sur des grenouilles qui sortent devant lui de plus en plus vite.
Pour l'instant, il est battu à plate couture par de joyeuses octogénaires qui elles aussi viennent régulièrement s'éclater dans cette salle payante bien loin des silencieuses et parfois sinistres maisons de retraite. A côté de certains jeux qui tiennent plus du flipper, il y a aussi ceux qui font appel à la vidéo. 
Assise devant un écran, une mémé tape frénétiquement de l'index et à une vitesse pas possible sur des kanji (caractères chinois) qui apparaissent de façon aléatoire dans des cercles. Là aussi, Saburo est dans les choux. 
Plus qu'une simple salle de jeux, ce centre de jour pour personnes âgées fait marcher la tête, les muscles, entretient les réflexes, etc. avec bonne humeur zygomatique en prime.
"C'est une vraie gymnastique du cerveau, et ça fait aussi faire de l'exercice physique... Je joue pour éviter de perdre la tête", témoigne Misae, une dynamique retraitée de 87 ans, tout en écrabouillant des têtes de crocodiles qui émergent de trous devant elle au hasard. 
Le centre a été conçu par une filiale de la compagnie Namco Bandai, l'inventeur du mondialement célèbre Pac-Man, cette petite boule jaune mangeuse de Pac-gommes que des fantômes poursuivaient dans des labyrinthes. 
Aujourd'hui ce ne sont plus les têtes blondes que vise cette compagnie, comme d'autres d'ailleurs, mais plutôt les "argentées". Un marché en pleine expansion dans un Japon qui vieillit à vitesse grand V et dans lequel le troisième âge représente un marché de plus en plus important: en 2055 près de la moitié de la population aura plus de 65 ans.
"Nous offrons du divertissement et ainsi les personnes âgées passent la journée à jouer, à s'amuser ensemble, et le soir elles rentrent chez elles heureuses. Fatiguées mais heureuses", explique à l'AFP Yoshiaki Kawamura, le président de Kaikaya, la filiale de Namco Bandai.
Outre les jeux, les anciens peuvent aussi prendre des bains, déjeuner, avoir des séances de physiothérapie.
Mais apparemment, ce sont les jeux et le fait d'être ensemble qui font le succès: "Les jeux ne sont évidemment pas obligatoires, mais les clients sont surtout excités par ça", explique M. Kawamura.
Le personnel l'a bien compris et encourage l'esprit d'émulation en inscrivant le nom des meilleurs "scoreurs" sur des tableaux au mur. 
L'un des jeux préférés des pépés et mémés, c'est celui qui consiste à s'asseoir dans un fauteuil et à écraser d'un coup de talon de "menaçants" serpents qui sortent du sol, un coup à gauche, un coup au centre, etc... un jeu développé par Namco Bandai en coopération avec un hôpital universitaire du sud du Japon. Il faut voir les grand-mères déplacer leurs pieds vers leurs "victimes" avec la rapidité et le jeu de jambes d'un organiste. 
Selon le docteur Shinichiro Takasugi, le jeu fait fonctionner les jambes et les muscles des hanches, idéal donc pour diminuer les risques de chutes, et il active aussi le flux sanguin cérébral, notamment dans les lobes frontaux, ce qui ralentit l'apparition éventuelle de certains troubles liés à l'âge. 
M. Tagasugi admet qu'il est difficile de quantifier scientifiquement les bienfaits des jeux sur les vieux mais "une chose est sûre: les effets psychologiques sont indéniables. Les visages des gens s'illuminent quand ils jouent". 
Le professeur Keizo Sato, un physiothérapeute du nord du Japon, est parti d'un constat simple: dans les zones rurales ou les petites localités, il n'y a pas forcément de kinés partout et les personnes âgées sont souvent isolées et loin de centres médicaux où elles pourraient faire de l'exercice.  

AFP
Jeudi 13 Mars 2014

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