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Les jardins de Marrakech : Un poumon pour la ville ocre




Les jardins de Marrakech  : Un poumon pour la ville ocre
Devant l’extension effrénée du béton et l’urbanisation des villes à grande vitesse, l’importance des espaces verts et des jardins est de taille.
Les effets néfastes de la sédentarité, tels que la pollution, le stress, les vacarmes…ont touché les jardins, les squares et les espaces verts, puisque ces derniers remplissent, désormais, le rôle de poumon pour les villes, mais aussi de lieux de villégiature et de détente pour des habitants en quête de calme et d’air frais.
 A Marrakech, l’importance des jardins remontait à des époques lointaines. Pour preuve, les dynasties Almoravide et Almohade avaient fait des jardins, appelés « Arsat » ou « Jnane», une composante essentielle de la ville, et ce depuis des siècles.
C’est d’ailleurs cette tendance qui ne cesse de donner à la cité des sept saints une particularité et de la distinguer des autres villes du Royaume. De par le climat continental de Marrakech et la température élevée surtout en été, il était donc nécessaire de doter la ville de jardins et d’espaces verts susceptibles de tempérer le climat et d’offrir un peu d’ombre et de fraîcheur aux zones limitrophes.
Si durant la saison printanière ces espaces verdoyants sont investis dès les premières heures de la matinée par des visiteurs de tout âge, qui y viennent partager de bons moments, évoquer leurs soucis quotidiens ou encore feuilleter tranquillement un journal loin du vacarme et de l’agitation des boulevards, en été ce n’est pas le cas, puisque ces espaces demeurent presque abandonnés durant toute la journée et ne connaissant de grande affluence que vers le soir, avec la chute de la chaleur.
Toutefois, la fréquentation de tels espaces soulève logiquement la question de savoir s’ils sont très bien équipés en termes de confort et surtout de sécurité, sachant que ces endroits sont d’habitude fréquentés par des délinquants et des SDF qui y trouvent refuge pour s’adonner à des activités illicites ou à des actes outranciers.
 Pour eux, la création d’espaces verts et de jardins est une initiative louable ; encore faut-il renforcer la sécurité au sein de ces espaces, par l’organisation de rondes régulières des éléments de la sûreté notamment dans des lieux non surveillés, puisque les autres jardins ont un horaire de visite bien établi.
L’urbanisation « sauvage » de la ville ocre n’est pas sans avoir des répercussions directes sur ces lieux, d’où, ont-ils estimé, la nécessité d’assurer leur gestion, et ce à travers le recours à l’expérience de sociétés spécialisées dans ce domaine. Objectif : offrir aux habitants et aux visiteurs qui ne disposent pas de moyens suffisants pour fréquenter des lieux sélects (clubs), des espaces propres et verdoyants, dignes d’une ville qui se veut déjà locomotive du tourisme national.
A Marrakech, les exemples de jardins très bien entretenus et mieux gérés n’y manquent pas. A ce niveau, on peut citer Arsat Moulay Abdessalam érigée, pour le bonheur des visiteurs, en un Cyber Parc après son entretien et son aménagement par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement en partenariat avec Itissalat Al-Maghrib.
Autres exemples étant les jardins El Harti, les jardins de l’Agdal ou encore ceux de la Ménara, considérés actuellement comme des modèles en termes de propreté et de sécurité.  Pour assurer davantage de confort dans ces espaces, nombre de visiteurs ont suggéré la mise en place de points de vente réunissant à la fois hygiène et salubrité au lieu de laisser le terrain à certains marchands ambulants qui fréquentent ces coins et saisissent l’occasion pour proposer leurs marchandises (amuse-gueule, glaces, jus, sandwichs…) sans le moindre respect des conditions d’hygiène et avec une grande marge de risque d’intoxications alimentaires.
C’est dire qu’une telle mesure permettra une meilleure organisation de ces espaces, la création de nouveaux emplois, la lutte contre l'informel et surtout, la préservation de la santé des consommateurs.
Au sujet de l’engouement pour ces espaces, Haj Abdelghani (85 ans), estime que ce phénomène qui date depuis des siècles, faisait partie des traditions des anciennes familles marrakchies qui avaient l'habitude de fréquenter -souvent en groupes- les vieilles "Arsates" (jardins) de la cité, dans le cadre de ce qui est communément connu à Marrakech sous le nom de « N'zayeh » (pluriel du mot N’zaha qui veut dire promenade ou pique- nique).
Et de poursuivre que ces familles font souvent leurs préparatifs, quelques jours avant de sortir pour N’zaha, en emportant tapis, instruments de musique et paniers bien garnis de vivres, notant qu’il s’agissait là d’une image de la joie de vivre des habitants.
Côté préservation de la nature, l’organisation de campagnes de sensibilisation auprès des populations pour leur démontrer l’importance de ces jardins, demeure indispensable. Il serait souhaitable de les convier à contribuer au maintien de la propreté de ces havres de paix et au respect de la nature par un simple changement de comportement et davantage de civisme.
La superficie totale des espaces verts à Marrakech avoisine les 350 ha, sans compter la palmeraie de Marrakech (10.000 ha), l'oliveraie de l'Agdal (500 ha) et l'oliveraie de la Menara (80 ha).
Si le ratio des espaces verts par habitant (reconnu mondialement) est de l’ordre de  10m2, cette moyenne est de 11m2 par habitant à Marrakech, ce qui témoigne déjà de l’intérêt porté à l'aménagement et à l'entretien de ces espaces.
Si le budget total alloué aux espaces verts a été estimé en 2006 à 9.500.000 DH, dont 6.000.000 DH consacrés au fonctionnement et 3.500.000 DH réservés à l'équipement, ce budget est passé à 11.000.000 DH en 2007 (7.000.000 DH pour le fonctionnement et 4.000.000 DH pour l'équipement).  Pour la préservation des espaces verts, plusieurs actions sont menées depuis quelques années, notamment la plantation de milliers de fleurs et d'arbres, la création de jardins le long des boulevards et le développement des jardins des quartiers résidentiels.
D’autres actions portent, en outre, sur l’aménagement en cours de certains grands parcs urbains, à l'instar des jardins historiques d'Agdal Ba H'mad étalés sur une superficie globale de 11 ha, avec une enveloppe budgétaire 18 millions de DH à la charge du secteur privé.
Une action non moins importante concerne la régénération de la palmeraie de Marrakech, notamment avec la mise en place sur 15 ha d'une pépinière communale d'une production annuelle de 100.000 plants et la plantation de 80.000 palmiers dattiers et les différents espaces verts de la ville.  Les efforts en vue de la préservation de l’environnement à Marrakech sont énormes et menés d’arrache-pied, encore faut-il faire montre de beaucoup de rigueur  en vue de réaliser l’équilibre entre les pressions engendrées par une urbanisation galopante et la satisfaction des besoins de la population en termes de création d’espaces, de détente et distraction.


Mohamed RAMI
Mardi 26 Mai 2009

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