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Les islamistes sont indignés, les Amazighs protestent et les artistes ne comprennent pas : Ce Conseil national des droits de l’Homme qui fâche




Dans sa version revue et corrigée, le Conseil national des droits de l’Homme vient-il de commettre son premier faux pas ? La composition de ce Conseil dont la liste des 44 membres a été publiée dans le Bulletin officiel du 29 septembre continue de susciter ce mardi 4 octobre de vives réactions, de la protestation aux critiques les plus acerbes.
Exclusion, déni de représentativité ou encore marginalisation, les commentaires ne sont pas tendres avec Driss El Yazami et Mohamed Essabar, respectivement président et secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme, CNDH.
Et pour cause! Les islamistes du PJD, longtemps représentés au Conseil quand il était Conseil consultatif des droits de l’Homme par Mustafa Ramid, ne décolèrent pas. Ils estiment tout simplement avoir été exclus du nouveau conseil. « Nous avons proposé, à travers le forum Al Karama,  trois personnes comme cela nous a été demandé par le CNDH. Il s’agit de MM. Ramid, Hamieddine et El Hakiki. Qu’elle a été notre stupeur lorsque nous avons découvert que non seulement aucun de ces noms n’a été retenu mais pire encore, le PJD ne figure pas dans la nouvelle composition de cette institution », a déclaré Abdelilah Benkirane, le leader du PJD, à « Libération ». Le patron des islamistes n’en finit pas de s’interroger sans obtenir vraiment de réponse. « Y a-t-il une volonté d’exclusion de la sensibilité que nous représentons ? Est-ce le fait de quelques spin doctor et autres éminences grises ou au contraire une stratégie excluante des pouvoirs publics ? Personne n’en sait rien ».
Les islamistes du Parlement ne sont pas les seuls à se plaindre. Les activistes du mouvement amazigh, aussi, ne cachent pas leur indignation. Contre toute attente, aucun des leurs ne siègera au Conseil national des droits de l’Homme. Des noms avaient pourtant été proposés par le réseau amazigh pour la citoyenneté que le Conseil avait sollicité. « Le réseau amazigh pour la citoyenneté n’est qu’une composante parmi d’autres du mouvement amazigh et c’est la seule qui ait été contactée par le CNDH. Et même ses propositions n’ont pas été prises en considération. Résultat, il n’y a aucun représentant de l’amazighité au sein de cette instance nationale dédiée à la promotion et à la défense des droits humains », indique Ahmed Assid, le président de l’Observatoire amazigh des droits et libertés, lequel devait rendre public ce mardi un communiqué pour fustiger l’absence des Imazighen du CNDH et s’interroger sur la méthodologie « pas vraiment démocratique » adoptée dans le choix des personnes qui en sont désormais membres.  « Cette exclusion du mouvement amazigh est tout aussi grave qu’inexplicable. L’amazighité est un grand dossier qui est présent devant les instances internationales des droits de l’Homme relevant du système onusien. C’est aussi un long combat qui a rendu possible la reconnaissance d’une identité », fait valoir le président de l’Observatoire amazigh des droits et libertés.
C’est cette  même incompréhension dont font montre les artistes regroupés autour de la Coalition marocaine de la culture et des arts.
Les explications
de Driss El Yazami
Cette coalition que préside l’artiste Mohamed Derham avait pourtant signé en grande pompe, il y a un an jour pour jour, une convention de partenariat avec le Conseil consultatif des droits de l’Homme pour la mise en œuvre d’actions dédiées à la promotion de la culture des droits humains.
Une charte d’engagement pour la diffusion et la promotion de la culture des droits de l’Homme avait même été présentée et validée lors d’une journée d’information organisée conjointement par le CCDH et la coalition.  « Je ne comprends vraiment pas. Il est vraiment malheureux qu’il n’y ait aucun représentant culturel au CNDH. Pourtant, l’apport de la culture est indéniable en matière de défense des droits de l’Homme. L’absence de la coalition qui fait tout un travail dans ce sens est à mes yeux un point négatif », affirme Hassan Nafali, le vice-président de la Coalition de la culture et des arts.
Joint mardi matin au téléphone par « Libération », Driss El Yazami balaie d’un revers de la main toute volonté d’exclusion des uns ou des autres. « Le CNDH a écrit à 250 associations. Nous avons tenu une vingtaine de rencontres avec les ONG. Moins de 4 associations ont décliné l’offre de figurer dans la composition du CNDH. Tout cela pour dire que nous avons vu et écrit à un très grand nombre de personnes pour retenir au final 44 membres dont 13 sont déjà des présidents de commissions régionales des droits de l’Homme. Autrement dit, il est impossible que tout le monde soit représenté au sein du Conseil. » Pour le président du Conseil national des droits de l’Homme, toutes ces protestations nées de la composition de cette institution nationale sont « un signe de vitalité » et montrent bien que « les droits de l’Homme ont imprégné la société civile puisque tous veulent y contribuer ». « Ces critiques sont une preuve que le nouveau dahir portant réorganisation du CNDH est considéré comme une mutation et une reconnaissance du Conseil. Cela étant dit, toutes les personnes, tous ceux qui se sentent exclus sont d’abord et toujours des partenaires. Ils peuvent se retrouver dans l’une des 13 commissions. Le CNDH peut signer des projets et conventions avec eux. Tout est ouvert », conclut Driss El Yazami.

Narjis Rerhaye
Mercredi 5 Octobre 2011

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