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Les inquiétudes du personnel politique devant l’incapacité du gouvernement


L’USFP parle de crise cardiaque, le RNI craint le retour du FMI et le MP évoque les risques sur le pouvoir d’achat



Les inquiétudes du personnel politique devant l’incapacité du gouvernement
«Y a-t-il un pilote dans l’avion?» L’interrogation se fait plus que pressante. Inquiétante, elle traverse les états-majors partisans, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique. Au cœur des inquiétudes du personnel politique, la situation économique et financière du pays qui n’en finit pas de se détériorer et la torpeur du gouvernement Benkirane.
Lundi soir, les ténors de l’instance exécutive de l’Union socialiste des forces populaires ont consacré une grande partie de leur réunion hebdomadaire à l’examen de la situation économique. Une situation jugée suffisamment grave pour que le Bureau politique du parti de la Rose rende public un communiqué qui fustige  «la confusion qui a marqué l’élaboration de la loi de Finances 2013 et ses répercussions montrent que le gouvernement s’est basé sur des hypothèses fragiles, ce qui a laissé la porte grande ouverte devant des pressions du Fonds monétaire international pour l’allègement du déficit» et en appelle à la mobilisation «pour sauver le pays de la crise cardiaque». «Il y a des indicateurs qui augurent bel et bien d’une situation économique difficile que le gouvernement semble incapable de résoudre. A l’USFP, nous sommes effectivement profondément inquiets. A l’évidence, cet Exécutif  opte pour la facilité afin de faire face aux profonds problèmes au lieu de procéder à de grandes réformes. Des réformes sur lesquelles il s’est pourtant engagé  lors de la déclaration gouvernementale !», s’exclame ce responsable usfpéiste.  
Inquiétudes, incertitudes, craintes. Le microcosme politico-économique est suspendu à toutes ces décisions urgentes, inévitables, que le gouvernement conduit par Abdelilah Benkirane  tarde à prendre. Le marasme est à nos portes, le FMI aussi, soupirent à l’unisson  classe politique et entrepreneurs.
Dans une interview publiée par «Libération» dans son édition du mercredi 3  avril, le président du Rassemblement national des indépendants a les mots pour le dire. «Il y a un signal d’alarme qui doit être tiré. On ne peut pas laisser une situation se dégrader sans réaction. Ce qui me préoccupe, ce n’est pas tant  la situation mais l’absence de réaction du gouvernement, l’absence de prise d’initiative, l’absence de courage et dans les réformes et dans la capacité à rassurer les investisseurs et les partenaires sociaux, à faire en sorte que le pays puisse retrouver la sérénité nécessaire pour pouvoir continuer dans sa dynamique de réforme et de construction. Au lieu de cela, on va à  la confrontation, on veut dénigrer tout le monde, on considère que toute critique est instrumentalisée», affirmait  Salaheddine  Mezouar.
Mais il n’y a pas que l’opposition qui donne de la voix.  Ce week-end, deux partis de la majorité, l’Istiqlal et le Mouvement populaire, ont fait entendre leur voix et leurs tourments face à la crise économique et, surtout, l’incapacité du gouvernement à y faire face. Samedi à Rabat et devant les cadres de sa famille politique, Mohand Laenser, le leader du MP et ministre de l’Intérieur, a critiqué en des termes à peine voilés  les méthodes de gestion des affaires de l’Etat du PJD. «On a même entendu Laenser mettre en garde contre les risques que peut engendrer cette situation économique et ses conséquences négatives sur le pouvoir d’achat des citoyens», témoigne un participant à cette rencontre des cadres harakis.

Le député PJD Aftati accuse le MP et l’Istiqlal
Studieux, l’Istiqlal est allé encore plus loin. Son  comité central  a été exclusivement consacré à solutionner la crise économique et financière. Des propositions concrètes et chiffrées sous forme de mesures d’urgence ont été effectuées et l’élève Benkirane n’a qu’à revoir sa copie et apprendre sa leçon, celle qui lui est faite par les économistes du plus vieux parti marocain. Pour relancer l’économie marocaine sans toucher au pouvoir d’achat, les Istiqlaliens ont adopté un dispositif qui permettra de mobiliser 42 MMDH. Une somme qui, disent-ils, permettra de   combler le déficit public estimé à plus de 30 MMDH. Ces mesures d’urgence portent sur le renforcement des recettes fiscales mais aussi sur la rationalisation des dépenses de la compensation. Dans la foulée et pour mieux compliquer la tâche à Benkirane et à son gouvernement, l’Istiqlal revendique un SMIG à 3000 dirhams et le recrutement de 800.000 personnes sur trois ans et ce en réhabilitant le système du service civil.  «De telles  mesures sont  applicables à court et moyen termes. Elles permettront d’économiser au budget de l’Etat 44 milliards de dirhams. Ce qui représente plus de 90% du budget englouti par la Caisse de compensation en 2012. Une leçon magistrale donnée aux grands manitous du PJD», jubile cet économiste du parti de la Balance.
La réaction  du PJD ne s’est pas fait attendre. C’est le député d’Oujda, l’islamiste Abdelaziz Aftati, qui a été envoyé sur le front de la réplique et de l’accusation. «La direction de la majorité a tenu une réunion jeudi pour trouver le meilleur moyen de coordonner l’action gouvernementale et éviter d’éventuels couacs, quarante huit heures après, deux dirigeants de la majorité attaquent de façon incompréhensible le travail de la majorité, voire le PJD. Cela rime à quoi ? Tout simplement à une volonté de saper le processus en cours et ce pour des raisons occultes.  C’est la première fois que le PJD arrive aux affaires, s’il y a un responsable de la crise actuelle, c’est  l’Istiqlal qui a été au gouvernement depuis 1998 ou le Mouvement populaire qui a pris part à divers gouvernements depuis des décennies»,  a-t-il en effet déclaré au portail menara.ma
Ce mercredi 3 avril, «Attajdid», le journal porte-parole du parti du chef du gouvernement, a préféré consacrer son ouverture  de «Une» à une étrange information, loin, très loin de la crise économique. C’est  un rapport du Centre marocain des études et des recherches contemporaines consacré à la situation religieuse au Maroc qui a retenu toute l’attention de la presse des islamistes au pouvoir. Un rapport qui, selon l’auteur de cet article, met en exergue «la montée des indicateurs de religiosité au Maroc et la poursuite des initiatives officielles dans le domaine religieux, ainsi que les efforts des acteurs sociaux pour s’adapter aux changements en cours dans ce domaine. Le rapport montre également l’impact des défis continus de la montée de la religiosité sur les relations sociales et l’influence croissante des questions religieuses sur les politiques nationale et internationale du Maroc». La religion, cet éternel opium du peuple…

Narjis Rerhaye
Jeudi 4 Avril 2013

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