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Les impayés plombent les banques

Le montant des créances en souffrance en forte augmentation




Les impayés plombent les banques
Le système bancaire souffre du montant élevé des créances en souffrance, surtout dans les banques spécialisées. Dépassant le taux de 6,9% sur les cinq premiers mois de l’année en cours et de 11,8% en glissement annuel, les impayés, dans le secteur bancaire sont devenus la bête noire des banques marocaines. Du fait que le marché enregistre une raréfaction des ressources, les créances en souffrance, dont le nombre est en augmentation, risquent de conduire à une plus grande fébrilité de l’assise financière des établissements bancaires.
A fin mai, les créances en souffrance du système bancaire ont totalisé plus de 37,7 milliards de dirhams (MMDH), se hissant de 6,9% sur les cinq premiers mois et de 11,8% en glissement annuel, selon les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib.  
Une donnée qui n’augure rien de bon pour le secteur, étant donné que le taux de créances en souffrance est jugé préoccupant dès lors qu'il gravite autour de 10% des engagements globaux.
Ces créances évoluent depuis la fin de 2011 sur une courbe ascendante. Une tendance qui ne semble pas s’inverser durant l’exercice en cours. Cette courbe des créances touche des sommets lorsqu’il s’agit des crédits accordés aux entreprises, notamment les crédits d’équipement. En effet, les sociétés non financières privées enregistrent quelque 21,5 MMDH de créances en souffrances en hausse de 11,1% sur un an et de 5,5% depuis fin décembre 2012.
Une situation inquiétante, étant donné la fragilité de plusieurs secteurs, qui sont pointés du doigt, notamment le BTP, la sidérurgie, la chimie et la parachimie, l’agroalimentaire, et le textile, tout en sachant que, plus du quart de la production de crédit au titre des dix premiers mois de l’année, est neutralisé par l’entrée en souffrance d’anciens concours bancaires.
Rappelons que les secteurs précités ont souffert l’année dernière d’une décélération du rythme de l’octroi des crédits par les banques. Un ralentissement qui avait concerné l’ensemble des branches d’activité des trois secteurs de l’économie, et en particulier l’industrie. Les crédits alloués au secteur secondaire avaient enregistré une hausse de 1,4% alors qu’ils avaient augmenté de 12,3% en 2011.
Les  crédits d’équipement avaient, pour leur part, connu un recul de 2% contre une hausse de 4,1% un an auparavant, selon la même source. Cette chute a fortement touché le secteur des industries manufacturières avec 14,6%.
Pour le compte de ce même exercice, les créances en souffrance se sont accrues de 9,1% par rapport à fin décembre 2011, alors que leur part dans le total des crédits bancaires est restée stable aux alentours de 4,9%.
Le paradoxe c’est que les établissements bancaires trouvent des difficultés à placer des crédits auprès des clients. En effet, les crédits bancaires ont baissé depuis décembre pour passer de 719 à 706 MMDH seulement.
Les ménages non plus ne sont pas en reste, puisque les créances en souffrance les concernant ont atteint 15,8 MMDH, augmentant de 13,9% en glissement annuel.
Ce sont donc 1,9 MMDH de créances en souffrance de plus, alors que, dans le même temps, les crédits à la consommation sont passés de 39,6 à 40 milliards, soit 400 millions de dirhams de plus.

Mohammed Taleb
Jeudi 18 Juillet 2013

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1.Posté par BEN le 18/07/2013 15:09
La crise révéle certaines faiblesses de nos banques qui subissent les conséquences de leur soutien à des entreprises en difficulté,des crédits ruineux qui ont servit à payer des salaires,des impôts etc..et dont la récupération va se poursuivre en principe devant les tribunaux.Mais auparavent, la conduite de la politique monétaire avec des taux élevés exaspère cette crise en ne finançant pas correctement l'économie dans une perspective d'un soutien de la croissance et bien entendu de l'emploi.

2.Posté par Magid le 19/07/2013 22:38
Les banques marocaines ont commis les mêmes érreures que certaines banques chinoises , la course à la part de marché et à la rentabilité les ont amené à accorder des crédits aux entreprises dont la solvabilité était plus que douteuse. Pourtant des analystes crédit bien formés et intégres peuvent assez facilement détecter ces entreprises à risques.C'est le raisnonement que l'on est tenté d'avoir à la première lecture de l'article. Mais le problème ne viendrait il pas de certains cadres bancaires qui accorderait facilement des crédits à certaines entreprises( ou particuliers) mettant à terme leur banques en difficulté avec des créances douteuses ou irrécupérables dans leur bilans? Le nombre d'affaires de détournement d'argent dans les banques par le personnel prouve que le risque opérationnel dans les banques marocaines et africaines en génarale est bien plus élevé qu'en Europe.Ca n'est pas étonnant, j'ai moi même constaté il ya quelques temps que l'organigramme d'une grande banque marocaine était dépouvu de comité d'audit mais que de nombreux haut cadres appertenaient à la famille du PDG. Bel exmeple de professionalisme!

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