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Les hommes sont-ils violents par nature ?




Les hommes sont-ils violents par nature ou à cause de la société: une étude publiée récemment dans la revue britannique Nature met cette question philosophique à l'épreuve de la science.
La violence qui intéresse ici les chercheurs est celle qui se déchaîne entre membres d'une même espèce. Un type de violence quasi spécifique à l'homme et aux autres primates.
Le "grand méchant loup" a depuis toujours le mauvais rôle. Il fait portant preuve de peu d'agressivité envers les membres de son groupe. Ce qui n'est pas le cas de l'homme.
L'origine de cette violence humaine est depuis longtemps débattue par les philosophes, les sociologues ou les psychologues. Et deux grandes thèses s'opposent.
Certains pensent comme le philosophe anglais Thomas Hobbes que "l'homme est un loup pour l'homme", par nature. Des passions naturelles pousseraient l'homme à violenter et à porter préjudice à son égal. La société aurait pour vocation de pacifier la vie de groupe.
A l'inverse, d'autres penchent pour la théorie de Jean-Jacques Rousseau: l'homme est bon, c'est la vie sociale qui creuse les inégalités qui peuvent conduire à la violence. L'homme est rendu violent par la vie sociale.
Des chercheurs espagnols ont étudié la question sous un nouvel angle, par la biologie de l'évolution.
Ils ont analysé la cause de la mort de 4 millions de mammifères (représentant 1.024 espèces différentes) et d'environ 600 humains, évaluant la proportion de ces décès engendrés par des congénères.
 Selon leurs résultats, chez l'ancêtre de tous les mammifères, seul 0,3% des décès étaient causés par des semblables.
Puis, ce chiffre augmente, de façon constante, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de cet ancêtre commun pour se rapprocher de la branche portant l'ancêtre de l'homme et des primates le long de l'échelle de l'évolution.
Le taux arrive à 1,1% pour l'ancêtre commun aux primates, aux rongeurs et aux lièvres, puis à 2,3% pour l'ancêtre des primates et des musaraignes.
A l'époque où l'homme se dissocie des autres primates, ce taux était de 2%, soit six fois plus que la moyenne générale chez les mammifères.
Ce type de violence est pratiquement inconnu chez certains animaux, comme les chauves-souris ou les baleines.
Pour les chercheurs, ces chiffres sont la preuve que la violence entre membres d'une même espèce est une caractéristique particulière des primates, ordre dont nous faisons partie.
"Cela signifie qu'il y a une composante évolutive à la violence humaine" explique à l'AFP José Maria Gomez de l'Université de Grenade et coauteur de l'étude. "Pas que ce soit la seule composante", tempère le chercheur.
"L'inné et l'acquis (Hobbes et Rousseau, si vous préférez) ont façonné la violence humaine", conclut le chercheur. "Comme probablement la plupart des comportements humains."

Mercredi 5 Octobre 2016

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