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“Les hommes d’argile” de Mourad Boucif ouvre la Festival du cinéma arabe au Brésil




Le film "Les hommes d’argile" (2015) a été projeté en ouverture du 11ème Festival du cinéma arabe au Brésil, mercredi soir à Sao Paulo, en présence du réalisateur d’origine marocaine Mourad Boucif et de l’acteur vedette Jawad El Boubsi. Il s’agit d’une œuvre relatant l’histoire de Sulayman, un jeune homme qui vit au Maroc en parfaite harmonie avec la faune, avant d’être enrôlé de force dans l’armée française après une histoire d’amour avec Khadija, la fille du caïd, le chef d’une immense région, lequel, assoiffé de pouvoir, accepte mal le mariage de sa fille avec un berger.  
Le long-métrage plonge dans les atrocités de la Seconde Guerre mondiale et dévoile la destinée du contingent de soldats marocains embarqués malgré eux dans un conflit qui ne les concernait guère.
Arrivés mardi soir dans la capitale économique du Brésil, la présence du réalisateur Boucif et l’acteur El Boubsi, tous deux d'origine marocaine, a permis d’engager un échange constructif avec la presse locale sur la valeur de ce travail, dont la réalisation a pris presque douze ans.  
"A une certaine époque personne ne voulait entendre parler d’un film racontant comment les Nord-Africains avaient libéré l'Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale", a-t-il dit, en relevant que "Les films qui tournent autour de la guerre comme +Les sentiers de la gloire+ de Stanley Kubrick et +Il faut sauver le soldat Ryan+ de Steven Spielberg ont besoin de ressources pour montrer le carnage".
"Dans mon film, la guerre est observée au microscope", a-t-il expliqué, avant d’ajouter que son œuvre "n’est pas un film sur l'héroïsme pendant la guerre mais plutôt sur l’anonymat".
Boucif, qui se considère comme le produit de la diversité culturelle, estime que "des événements comme celui-ci (NDLR les festivals du cinéma arabe) sont importants et nécessaires pour faire avancer la discussion sur bien de problèmes mondiaux et établir un dialogue".  
"Le radicalisme se nourrit de discrimination et de préjugés qui engendrent le mécontentement et la haine", a-t-il encore dit.
Se disant fier d’être au Brésil, El Boubsi est revenu sur son expérience lors du tournage du film, en notant que "l'inconfort physique a contribué à la construction du personnage du film, ballotté au milieu d’une guerre qu’il ne comprenait pas".
"Les indigènes ont été utilisés comme de la chair à canon et ont souffert de la discrimination de la part d'autres soldats qui se sentaient supérieurs. Désormais, je connais ce sentiment-là", a-t-il indiqué.
Organisé par l’Institut de la culture arabe (Icarabe), en partenariat avec le Centre culturel Banco do Brasil et le sponsoring de la Chambre arabo-brésilienne de commerce, ce festival propose 37 œuvres inédites abordant la diversité du monde arabe dans les questions politiques, sociales et culturelles et traitant des relations des pays arabes avec le Brésil et l'Amérique latine.

Samedi 13 Août 2016

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