Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les hérétiques de l’islamisme radical

Le drapeau de Daech comporte une faute de syntaxe induisant une innommable hérésie




Les hérétiques de l’islamisme radical
Le drapeau noir, tout en écriture, des islamistes radicaux suscite quelques questions. Il comporte, au niveau du texte, une incroyable faute syntaxique, dont on se demande comment elle a pu s’y glisser, au nez et à la barbe de soi-disant champions de l’arabité et de l’islam.
Trois mots écrits en noir figurent sur disque blanc au centre du drapeau de l'islamisme radical mondial, l’un au-dessus de l’autre. Ce sont, en commençant naturellement par le haut : Allah – Messager – Mohammed. Ainsi lus en français, ces trois mots ne poseraient apparemment aucun souci. Encore que, moyennant deux sous de jugeote, on se demanderait à quoi rime un tel alignement …
En arabe, c’est autre chose. Ça donne, ni plus ni moins, ceci : « Allah est le Messager de Mohamed». Une aberration d’autant plus inouïe et invraisemblable qu’elle est le signe de ralliement de supposés exaltés de la foi…
Il est certain que le responsable de cette bourde, concepteur en communication s’il en est, ne peut pas être quelqu’un qui maîtrise un tant soit peu la langue arabe… Pour le reste, on ne peut que conjecturer. Et la première idée qui vient à l’esprit est celle-ci : comme ce zig-là doit savoir, comme tout le monde, que l’arabe s’écrit de droite à gauche; il a peut-être pensé aussi qu’il n’y avait pas de raison que la lecture ne se fasse pas également de bas en haut. Ce qui donnerait, certes, une phrase juste, et même artistiquement fondée vu l’état sens dessus-dessous dans lequel se trouve aujourd’hui le monde dit arabo-musulman… Sauf que, manque de chance pour lui, ça ne passerait pas non plus…
Plus sérieusement, cette espèce de bannière est brandie, en quantité impressionnante, exactement à l’identique, par des égarés de toutes sortes passant pour des fous de Dieu, dans des contrées aussi éloignées les unes des autres que l’Afrique de l’Ouest et le Cham. Que ce soit, à l’évidence, une boîte internationale qui est derrière (même non-arabe, comme c’est probablement le cas ici), il n’y a rien de plus normal. Que les sponsors d’une telle commande s’en tapent, au final, du contenu même de leur soi-disant message comme de l’an mil, c’est une autre affaire. Cela signifie rien moins qu’en fait de leaders fanatiques, on a plutôt affaire à des escrocs de haut vol, capables tout au plus d’ânonner le Coran, peut-être intégralement et sur le bout des doigts, mais ignorant, non seulement l’histoire de leur religion, mais aussi le b.a.-ba de leur grammaire.
Votre serviteur s’est amusé, des journées entières, à relire la phrase en question, en variant, autant que possible, rythme et intonation, histoire de voir – sait-on jamais ! – s’il est une déclamation particulière pouvant induire un sens autre que celui signalé ici. Rien à faire: il n’en est pas d’autre, à part, du point de vue de n’importe quel croyant honnête, l’abominable hérésie. Des millions d’Arabes et de musulmans arabisants ont dû lire aussi, des dizaines de fois sur leurs petits écrans, cette énormité. Et cependant, aucune voix ne s’est élevée jusqu’à l’heure actuelle pour s’en émouvoir. Il faut dire que pour une énormité, c’est une énormité : elle crève tellement les yeux…
En réalité, il n’y a rien d’étonnant à cela. L’absence de réactivité salutaire, censée venir des esprits les plus éclairés de la société, serait, au fond, la cause originelle de cette espèce de décomposition funeste du monde dit arabo-musulman à laquelle on assiste aujourd’hui. Une décomposition, dont des guignols autoproclamés califes et leurs hordes de misérables divers et variés se repaissent avec une délectation nauséeuse comme des vers et autres charognards sur un cadavre…
 
N B : Le verbe «être» 
n’existant pas en arabe, c’est 
la juxtaposition immédiate du sujet et de la qualité (attribut), qui induit 
le rapport entre les deux, de sorte que «Allah Messager» = «Allah est le Messager». Il en est de même du rapport d’appartenance, qui s’établit en français au moyen de la préposition «de», 
dont l’équivalent n’existe pas en arabe, d’où : «Messager Mohammed» = «Messager de Mohammed».
 

Par Léon Kémal
Samedi 27 Septembre 2014

Lu 1068 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs