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Les habitants de Brahma en sit-in devant la Cour d’appel de Casablanca : Les familles des détenus déterminées à aller jusqu’au bout




Quelque 150  personnes étaient réunies, hier, devant la Cour d’appel de Casablanca, pour réclamer la libération des détenus du douar Brahma. Toujours présent et en tête de file, Ali Fkir, coordinateur du « Comité de la défense et de l’action pour la libération des détenus de Brahma et de la solidarité avec les victimes des intempéries et de l’exclusion» partage les peines et la colère des proches des « victimes » de ces inondations du 30 novembre 2010. Un manque d’intérêt de la part des autorités avait donné lieu à un blocage d’une demi-heure par les bidonvillois sur l’autoroute de Mohammedia. Les six détenus s’étaient, à l’époque, portés volontaires pour entamer la discussion avec le gouverneur de Mohammedia, conforme à la demande des gendarmes intervenus après ce blocage. Deux jours plus tard, on avait arrêté et jeté en prison ces six bidonvillois sans motif d’accusation.
L’instruction qui aurait dû avoir lieu hier, mardi 25 janvier, a été une fois de plus reportée suite à la grève des greffiers. La date du jugement reste donc indéterminée  et laisse les familles des détenus dans le plus grand doute sur l’issue de ce procès.
Les bidonvillois, unis dans cette bataille, haussent le ton et exigent d’une seule et même voix, la libération des détenus. Les différents comités de la métropole sont solidaires et le mouvement de protestation compte s’élargir davantage pour mener ce combat jusqu’au bout. Si la libération des détenus est une priorité, les bidonvillois protestent également contre les conditions de vie indécentes et réclament des logements sociaux dignes de ce nom. Avec la hausse des tarifs en gaz et électricité, la montée du prix des logements et la crise économique en général, les habitants n’ont plus les moyens de payer, « la plupart se retrouvent condamnés à vivre à 12 dans un espace de 58m² », comme en témoigne l’un des manifestants. Des conditions intolérables qui ne touchent pas seulement les couches populaires, les classes moyennes commencent également à ressentir les effets de cette crise, mais n’osent  descendre dans la rue pour le moment. En ce qui concerne les classes populaires, elles n’ont d’autre choix que de prendre la parole au vue de leur situation déplorable.
Parmi la foule, un nombre important de femmes qui ont mis de côté leurs douces voix pour scander leurs revendications aussi fort que possible et obtenir gain de cause. Najat Hannane et Khadija Nahal, deux proches des détenus, nous confient être prêtes à tout pour parvenir à la libération des détenus. Ces deux femmes à l’allure fragile investissent toute leur énergie dans ce mouvement et n’ont pas l’intention d’abandonner. Najat Hannane, sœur de l’un des détenus, Mohammed Drimi, nourrit l’espoir de revoir son frère ainsi que les autres détenus libérés. Elle garde en mémoire le sit-in d’Ain Sebaâ qui avait finalement permis la libération des 10 détenus de Bernoussi. Un exemple qui lui donne toutes les raisons d’espérer.

Mae Ait Bayahya
Mercredi 26 Janvier 2011

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