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Les grandes lignes de la plateforme économique et sociale du IXème Congrès national de l’USFP : Remettre l’Homme au cœur de toute stratégie de développement




Les grandes lignes de la plateforme économique et sociale du IXème Congrès national de l’USFP : Remettre l’Homme au cœur de toute stratégie de développement
Dans l’édition d’hier, on a présenté une partie de la plateforme économique et sociale du IXème Congrès de l’USFP. Dans l’édition d’aujourd’hui, on présentera deux autres volets de celle-ci. Le premier est relatif aux  défis du développement et de la compétitivité et le second à l’investissement social.
Le défi du développement et de la compétitivité
La politique économique menée par le gouvernement de l’alternance a permis au Maroc de profiter d’un développement soutenu durant une période assez longue. Mais ce développement est menacé aujourd’hui non pas par la crise économique mondiale que nous ne pouvons pas contrôler, mais aussi par un  relâchement manifeste dans la gestion macro-économique et par l’impuissance du gouvernement actuel à mettre en pratique de nouvelles conditions de développement.
Nous avons déjà insisté sur la nécessité de redéfinir la mission de l’Etat. Ceci d’autant plus que le développement est tributaire de la compétitivité de l’économie marocaine, c’est-à-dire de sa capacité à répondre aux besoins afférents à la demande intérieure, étant entendu que celle-ci pourrait se tourner vers les produits fabriqués à l’étranger, et aussi de sa capacité à exporter des biens et des services pour rétablir l’équilibre de la balance commerciale.
Répondre aux besoins de 33 millions de Marocains nécessite des secteurs agricole et industriel puissants et compétitifs. L’approche qui prône que le Maroc peut vivre seulement grâce à la commercialisation des produits importés ou les services, est une approche erronée. Les pays qui appliquent pareille approche sont de petits pays en termes de démographie et leurs citoyens disposent d’une formation de haute qualité, ou exploitent une manne pétrolière.
Le Maroc doit accorder une grande importance à l’industrialisation
Le Maroc ne dispose que d’une petite quantité de ressources naturelles et par conséquent l’industrialisation devient un moyen important pour créer de la richesse. Certes, la tâche n’est pas aisée à cause du choix de l’ouverture et la manière de gérer ce choix, du manque de ressources humaines qualifiées, de la difficulté d’accéder à l’énergie à des prix convenables, du manque de financements adéquats, de la pratique du dumping par certaines entreprises étrangères, de la méfiance persistante entre l’administration et le monde de l’entreprise.
Et pourtant, nous ne partons pas d’une table rase. Beaucoup d’acquis ont été réalisés et il suffit seulement de rectifier le tir en définissant des objectifs clairs et en se dotant des potentialités adéquates.
L’objectif de l’industrialisation dans un premier temps est de tenter de répondre le plus possible aux besoins de la population. Plusieurs pays ont adopté le principe de l’industrialisation par substitution aux importations.
Le Maroc a expérimenté, avec succès, cette méthode au début des années 80. Mais l’ouverture des frontières a montré les limites de cette approche et plusieurs secteurs n’ont pas pu faire face à la compétitivité étrangère.
Si quelques secteurs ont disparu avec l’ouverture, d’autres ont pu résister et se développer surtout ceux qui ont opté pour de nouvelles technologies, une organisation rationnelle du travail ou noué des partenariats avec des entreprises étrangères pour acquérir de nouveaux savoir-faire.
Le succès de l’industrialisation dans une économie ouverte nécessite quelques conditions sine qua non sans lesquelles les entreprises ne peuvent pas résister, à savoir :
- Un marché intérieur et extérieur régi par des lois et des normes claires de compétitivité, loin de tout monopole ou domination.
- Une administration qui dirige et accompagne les entreprises et qui applique la loi.
- Un monde de l’entreprise indépendant du pouvoir politique et qui peut, avec les autres partenaires sociaux, appuyer de véritables politiques sectorielles, et ce à travers la définition des besoins en financement, en ressources humaines et en mesures d’accompagnement.
- Une main-d’œuvre qualifiée et encadrée qui répond aux besoins de chaque secteur.
- Un monde universitaire qui adhère à la recherche développement.
- Une facilitation des procédures d’obtention des financements pour les PME.
- Une amélioration des circuits de distribution.
- Une amélioration de la logistique et du transport.
- La poursuite de l’effort consenti dans la construction des infrastructures.

Le défi de l’investissement social :
L’Homme et sa prospérité se situent au cœur de la théorie sociale-démocrate qui considère que la finalité du développement est la prospérité de l’Homme et l’amélioration des conditions de sa vie. Cette théorie s’oppose à la concentration des richesses entre les mains d’une poignée de personnes. Certes, les fondateurs de cette théorie ont accepté l’économie du marché, mais ils y ont introduit quelques aménagements de nature à mettre fin aux dysfonctionnements engendrés par la logique libérale. Et c’est l’Etat qui se charge de cette mission d’ajustement qui garantit la cohésion sociale. Les fondateurs de la théorie sociale-démocrate ont mis en exergue le rôle stratégique de l’Etat afin de  permettre à l’ensemble de la population d’accéder aux services sociaux. Les libéraux ont appuyé, dans une certaine limite, cette politique sociale, car une main-d’œuvre qualifiée et qui vit dans un habitat salubre est plus productive qu’une main-d’œuvre dépourvue du minimum de services sociaux nécessaires. Et partant, ceux qui critiquent maintenant les dérives de l’Etat-providence oublient que c’est ce même Etat qui a mis à leur disposition une main d’œuvre qualifiée pour garantir le développement de leurs industries.
Nous n’avons pas besoin de présenter le bilan des dysfonctionnements sociaux dont souffre le Maroc, les chiffres en attestent de manière éloquente. Nous privilégions une approche consistant à proposer quelques directives qui peuvent servir de plateforme pour un programme détaillé.
Si nous acceptons la logique qui sous-tend et qui a sous-tendu les politiques publiques jusqu’à maintenant, nous ne pouvons parler de désengagement de l’Etat sur le plan social vu l’effort consenti dans ce domaine. Et pourtant, le Maroc reste en queue de peloton par rapport à d’autres pays qui sont moins développés que lui. La question qu’on peut se poser est de savoir pourquoi le fait d’investir un dirham dans les secteurs sociaux ne réalise pas le même retour sur investissement que dans les pays similaires au Maroc en termes de développement. Cela ne signifie-t-il pas que le mode de gouvernance constitue le dysfonctionnement principal dans la mise en œuvre des politiques publiques au Maroc ?
On adopte souvent des politiques sociales, mais on néglige les conditions de leur opérationnalisation. C’est un fait qui démontre que l’évaluation de ces politiques est ou bien inexistante ou qu’elle se pratique dans des conditions qui sont loin d’être transparentes. 

Libé
Mardi 27 Novembre 2012

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