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Les grandes lignes de la plateforme d’orientation du IXème Congrès de l’USFP : Vision politique et projet sociétal




Les grandes lignes de la plateforme d’orientation du IXème Congrès de l’USFP : Vision politique et projet sociétal
Le Congrès de l’USFP sera organisé les 14, 15 et 16 décembre prochain. Les congressistes débattront de plusieurs projets dont la plateforme d’orientation.
L’objet de cette plateforme est d’élaborer une vision politique et d’ébaucher un projet sociétal avec des contenus économique, social et culturel à même de fournir des réponses aux questions qui taraudent chaque Ittihadi aujourd’hui. Notamment la question de l’identité du parti, celle de la participation de l’USFP à l’expérience de l’alternance consensuelle qui était une expérience fondatrice du processus politique actuel, et celle afférente au rôle imparti à l’opposition ittihadie.

1-La question de l’identité
La question de l’identité du parti est posée avec force dans le projet de la plateforme d’orientation du IXème Congrès de l’USFP.
Après plusieurs années de participation du parti à la gestion gouvernementale et son intégration dans les rouages techno-administratifs et après le recul de la pensée socialiste et de son attractivité face à la montée de la pensée traditionaliste et conservatrice au sein de larges couches sociales, les questions suivantes s’imposent: Que signifie être socio-démocrate aujourd’hui ? Comment peut-on refléter notre identité dans les programmes et l’orientation générale du parti et nous différencier au vu de la  confusion et du foisonnement  des formations politiques qui ont été parfois fondées sur le soi-disant concept de « la fin de l’idéologie » et parfois sur celui prônant la fin de la dualité gauche/droite.
Toute la littérature du parti, surtout depuis le rapport idéologique approuvé par le Congrès extraordinaire en 1975, a insisté sur l’identité de l’USFP et son choix du socialisme démocratique comme référence et comme objectif de sa lutte politique et sociale pour une société où règnent la démocratie et la justice sociale.
L’identité de l’USFP comme parti social-démocrate, c’est son engagement quotidien de lutter :
Pour l’unité de la Nation et sa souveraineté. Dans ce sens, le parti s’engage à militer pour l’affirmation de l’intégrité territoriale du Maroc sur son Sahara et la récupération des villes et des îles du Nord qui sont encore sous occupation, à savoir Sebta, Mellilia et les Iles Jaâfarines.
Le parti oeuvre aussi pour l’unité maghrébine, pour la démocratisation de l’Etat et de la société, pour l’affirmation des valeurs de modernité de la pensée et de la politique, et notamment les valeurs de citoyenneté et du respect de la diversité et de la différence sans exclusion ni discrimination du genre, ethnique ou doctrinale.
L’objectif socialiste de la lutte démocratique du parti est un horizon qui permet de  réaliser la libération de l’Homme de toutes les formes d’exploitation matérielle et spirituelle, et partant il constitue une alternative objective à tous les projets néolibéraux portés par les politiques, les technocrates ou les conservateurs (comme ce qui se passe dans les pays du Printemps arabe). Cet horizon mène vers l’humanisation de l’économie du marché et lui confère une dimension sociale.
Ces fondements de l’identité ittihadie doivent être concrétisés dans l’action politique et la lutte quotidienne du parti. Le Congrès de l’USFP doit confirmer la continuité dans les engagements et les orientations intellectuelles et politiques qui sont au cœur de son choix socialiste et démocratique consistant notamment à :
- Pousser le processus démocratique en vue de répondre au but recherché par la nouvelle Constitution , à savoir la monarchie parlementaire.
- Accorder une place importante à la question sociale dans la ligne politique de l’étape et sur tous les fronts de l’action du parti.
- Mobiliser toutes les composantes de la société marocaine et ses élites politiques et culturelles pour mettre fin à la discrimination dont souffre la femme, et pour concrétiser dans la réalité le principe de la parité et de l’égalité, loin de toute interprétation conservatrice et traditionnaliste.
- Appuyer les peuples arabes et les mouvements de libération dans le monde contre la colonisation et le despotisme et défendre leur droit à l’autodétermination, notamment en ce qui concerne le peuple palestinien qui milite pour l’édification de son Etat indépendant avec Al Qods comme capitale.
- Participer aux  luttes des forces démocratiques de gauche et des organisations de la société civile qui combattent la face sombre de la mondialisation et défendent les valeurs d’égalité, d’équité, de droit à un environnement équilibré, et qui militent pour la paix mondiale et la tolérance entre les peuples.

2- L’alternance consensuelle et le processus en cours
En 1998, le pays est entré dans la phase politique qualitative qu’a été l’alternance consensuelle sous la direction du militant Abderrahman El Youssoufi. L’USFP a participé aux côtés de ses alliés de la Koutla démocratique à la gestion de cette étape nouvelle et importante en ces temps où le Maroc fut, comme disait feu Hassan II, au bord de la crise cardiaque à cause des choix économiques et sociaux antipopulaires auxquels l’USFP s’est opposé avec force pendant des décennies.
L’expérience de l’alternance consensuelle constitue une étape fondatrice du processus politique actuel qui se caractérise par une dynamique démocratique qualitative qui a abouti à l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’entrée du Maroc dans une phase fondatrice de l’alternance démocratique. L’USFP a accepté d’intégrer la première expérience dans des conditions difficiles pour répondre à l’appel de la Nation qui a été étouffée par une crise économique et sociale, ce qui a confirmé la dimension nationale et démocratique de l’identité ittihadie.
Le résultat de l’action du gouvernement de l’alternance consensuelle était positif. Sur le plan politique, ce gouvernement a créé une nouvelle ère de liberté et  permis au Maroc d’obtenir un grand succès diplomatique dans le dossier du Sahara. Sur le plan économique, le gouvernement de l’alternance a rendu à l’économie nationale son équilibre et sur le plan social, il a également réalisé de grandes avancées (couverture médicale, augmentation du taux de scolarisation qui a atteint 94 %, résultats importants au niveau du dialogue social, réalisation d’un taux d’électrification du monde rural sans précédent, etc.).
Et malgré ces succès, cette expérience n’a pas pu réaliser tout ce que les Marocains attendaient du gouvernement d’alternance. Cela est dû à des causes   multiples dont  le poids de l’héritage d’un passé caractérisé par la mauvaise gestion de la chose publique, les politiques antipopulaires qui ont engendré les disparités sociales criantes, les forces de corruption qui sont réticentes par nature à toute réforme ou changement, les mentalités qui ne voient en l’Etat qu’une vache à traire et les entraves constitutionnelles marquant la relation entre le pouvoir monarchique et le gouvernement.
L’importance de l’expérience de l’alternance consensuelle ne se mesure pas par les bilans chiffrés et documentés, mais surtout par l’ouverture d’un large horizon vers la démocratie. Cette expérience a été brisée après les atteintes portées à la méthodologie démocratique suite aux élections législatives de 2002 qui ont hissé l’USFP à la première place. Ce fut un véritable revers pour le processus de transition démocratique, ce qui a eu des répercussions sur la vie interne du parti surtout après la décision de la direction de participer aux gouvernements de 2002 (sous la présidence de Driss Jettou) et 2007 (sous la présidence de Abass El Fassi).
Aujourd’hui, on peut affirmer en toute honnêteté intellectuelle et politique, que cette participation du parti a eu des répercussions néfastes sur la transition démocratique et sur le parti lui-même, ce qui explique les réactions négatives de  l’opinion publique envers une expérience qualitative et fondatrice.

 
3-Les missions et les défis de l’opposition ittihadie
Après une lecture des résultats des élections du 25 novembre 2011, le Conseil national de l’USFP a pris la décision de revenir dans les rangs de l’opposition, et ce, pour plusieurs raisons. Particulièrement, le respect de la volonté des électeurs, le fait que le retour à l’opposition constitue un intérêt national, la nécessité politique de  réaliser une avancée démocratique en vue d’instituer une véritable alternance démocratique et la nécessité d’une opposition forte pour une bonne opérationnalisation de la nouvelle Constitution, ce qui nécessite un Parlement avec une opposition forte et responsable et un équilibre politique et institutionnel entre l’Exécutif et le législatif. Le retour de l’USFP à l’opposition vise également à mettre un terme à l’amalgame, à la confusion et à la banalisation de la vie politique depuis l’avortement de l’expérience de l’alternance consensuelle.
Les missions de l’USFP dans l’opposition sont les suivantes :
- Défendre les acquis démocratiques qui ont été réalisés après une lutte longue et acharnée visant l’édification d’une société démocratique moderniste où les valeurs de citoyenneté, d’égalité, de liberté, de respect de la diversité et de la différence et de rejet de toute tendance de domination ou d’exclusion, ne sont pas de vains mots.
- Parachever la réforme constitutionnelle à travers l’adoption de lois organiques conformes à une vision démocratique et moderniste et s’opposer à la manière avec laquelle le gouvernement gère l’opérationnalisation de la Constitution. De plus, l’opposition ittihadie doit imposer une approche participative de cette opérationnalisation à travers un débat national auquel participent toutes les composantes de la société marocaine.
- Œuvrer avec toutes les composantes de la société civile et les syndicats pour l’adoption d’une stratégie nationale afin de lutter contre la corruption et l’économie de rente.
- Faire pencher les rapports de forces sociaux, culturels et idéologiques en faveur des forces du progrès et de la modernité, et ce en vue de prémunir la démocratie marocaine contre les tendances conservatrices d’une part, et néolibérales d’autre part.
Pour relever ces défis de taille, l’USFP doit établir  des alliances stratégiques avec toutes les composantes de la gauche marocaine sur la base d’un programme politique, économique et social et  d’actions concrètes sur le terrain,    et ce en vue d’édifier un pôle de gauche, socialiste et démocratique de poids et qui sera à même d’encadrer la dynamique sociale en cours.
Les alliés naturels du parti sont les partis de la gauche socialiste et  démocratique, les forces politiques qui sont indépendantes du pouvoir et les forces et organisations de la société civile. La coordination avec d’autres partis politiques peut  être imposée par les nécessités de la gestion des intérêts des populations tant au niveau des communes urbaines que rurales. Ce fait est dû au système électoral actuel qui favorise la balkanisation.
 
 
 
 
 
 
 
 

Libé
Samedi 24 Novembre 2012

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