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Les festivals de cinéma de la rentrée

Coup d’envoi de la course aux Oscars




Les festivals de cinéma de la rentrée
Les festivals de cinéma de fin août et début septembre ont marqué le début officieux de la course aux Oscars, avec  plusieurs films remarqués, même si aucun ne fait l’unanimité comme “12 Years a Slave” l’an dernier.
“L’été est fini, c’est la rentrée des classes, et c’est aussi la rentrée pour les membres de l’Académie des Oscars (Academy Awards)!”, ironise Glenn  Williamson, qui enseigne à l’UCLA School of Theater, Film and Television et est également membre de l’Académie.

Les trois festivals de la rentrée se superposent et drainent une grande partie des membres influents du secteur. 
Cette année, la Mostra de Venise s’est tenue du 27 août au 6 septembre, le  Festival de Telluride du 4 au 7 septembre, et celui de Toronto s’est ouvert le  4 septembre et se terminera le 14.
L’an dernier, “12 Years a Slave” —le film du Britannique Steve McQueen qui a remporté en mars l’Oscar du meilleur film 2014— avait créé le choc dès Telluride.

Il avait ensuite été présenté à Toronto où il avait remporté le prix du  public, avant de rafler une multitude de récompenses lors de la “saison des  prix”, jusqu’à l’apothéose des Oscars.
“(Le festival de) Telluride est devenu une étape importante au cours de ces  dix dernières années” pour “commencer la conversation sur un film”, notamment  parce que “beaucoup de membres de l’Académie y vont”, poursuit Glenn Williamson  qui rappelle que le “buzz” autour du “Discours d’un roi” (Oscar 2011 du  meilleur film) avait également débuté dans ce village du Colorado (ouest des  Etats-Unis).

Toronto présente également de “très bons films” avec une large couverture  médiatique, même si les négociations pour la distribution ou le financement de  films y occupent une place plus importante. Venise est aussi l’occasion de  gagner “une forte exposition”, explique-t-il.
 
Métamorphoses 
et histoires vraies 
 
D’autant qu’Abigail Severance, professeur au Film Directing Program de  l’université CalArts, ne pense pas “que la bonne performance d’un film risque  d’être oubliée par les membres de l’Académie” parce que celui-ci a été présenté  tôt dans la saison.


  Cette année, aucun film ne s’impose comme une évidence. Plusieurs semblent néanmoins sortir déjà du lot, notamment “Boyhood”, de Richard Linklater. Tournée sur douze ans avec la même équipe d’acteurs, cette fable simple et émouvante sur la transformation d’un petit garçon en jeune homme a détonné en  pleine saison des “blockbusters”. “Birdman”, d’Alejandro Gonzalez Inarritu, a impressionné à Venise puis à Toronto avec un Michael Keaton, ancien interprète de “Batman”, en ancien héros  de “comic book” vieillissant qui tente de redonner de l’élan à sa carrière et sa vie.
A Toronto, “Black and White”, avec Kevin Costner qui se bat contre Octavia Spencer (Oscar du meilleur second rôle dans “La Couleur des sentiments”) pour la garde de sa petite-fille métisse, a également fait parler de lui.
Le comique Steve Carell s’inscrit d’office dans la liste des prétendants à l’Oscar du meilleur acteur grâce à “Foxcatcher”, dans lequel il interprète un membre de la riche famille américaine Du Pont impliqué dans un scandale olympique. Un rôle sombre et un virage à 90 degré par rapport aux rôles potaches auxquels il est habitué, le genre de métamorphose dont raffole l’Académie. 
Il pourrait avoir pour rivaux Benedict Cumberbatch qui interprète dans “The  Imitation Game” Alan Turing, le scientifique britannique qui a élucidé le code  secret de cryptage des nazis, et Eddie Redmayne, qui joue le rôle d’un autre  scientifique de génie, Stephen Hawking, dans “Une merveilleuse histoire du  temps”.
Chez les comédiennes, Reese Witherspoon pourrait décrocher une deuxième  statuette après celle reçue en 2006 pour “Walk The Line”, avec plusieurs  performances remarquées: “Wild”, (encore une) histoire vraie d’une femme qui  part en randonnée dans l’Ouest américain pour apprivoiser ses démons, “The Good  Lie”, où elle accueille un réfugié soudanais, ou encore le polar “Inherent  Vice”. 
Enfin, l’acteur mexicain Gael Garcia Bernal pourrait aussi décrocher une  nomination pour son interprétation de journaliste emprisonné en Iran dans  “Rosewater”, le premier film réalisé par le très populaire animateur de  l’émission satirique américaine “The Daily Show”, Jon Stewart. 

AFP
Samedi 13 Septembre 2014

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