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Les états-majors partisans s’inquiètent du retard pris sur les lois électorales : Vol au-dessus d’un épais nuage




Dans les travées parlementaires, l’inquiétude est palpable. L’absence de visibilité sur les prochains rendez-vous politiques fait le tour des états-majors partisans et les commentaires vont bon train. « Nous ne savons absolument rien. Nous n’avons aucune date, aucun calendrier. On a l’impression que tout le monde navigue à vue », se plaint ce député de l’opposition. La session d’avril qui s’annonçait éminemment politique à l’approche des rendez-vous électoraux sera-t-elle finalement blanche et sèche, ou presque ? D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, on se pose à voix de plus en plus haute la question. Et la question se fait de plus en plus lancinante.
Hier, mardi 3 mai, devait intervenir le vote sur la révision des listes électorales. « Une révision qui ne concerne que le référendum. Et les listes ne seront ouvertes que 15 jours. Nous estimons ce délai insuffisant », soutient ce membre responsable du PJD. Si le délai est insuffisant, le calendrier, lui, est toujours inconnu. Un épais brouillard continue d’entourer la date de l’organisation du référendum relatif à l’adoption du projet de réforme de la Constitution, un projet que la Commission Menouni devrait boucler et remettre au Souverain à la mi-juin. « Le référendum aura-t-il lieu en juillet ou en septembre ? Personne n’est capable aujourd’hui de répondre. Et quand le ministre de l’Intérieur est interpellé sur cette question, il botte en touche, évitant de donner une réponse claire », fait valoir ce parlementaire du camp de la majorité.
Les lois électorales et la loi sur les partis devaient être au cœur de cette session parlementaire de printemps. Le département de l’Intérieur avait d’ailleurs entamé les consultations avec les partis politiques. Visiblement, le chantier de la réforme constitutionnelle a comme bouleversé la donne, changé le calendrier et pris tout le monde de court. « Dans le même temps, tous sont conscients que le code électoral ou encore la loi sur les partis sont des réformes politiques qui doivent nécessairement accompagner la révision de la Constitution. Quand cela se fera-t-il ? Nul ne le sait encore une fois », constate ce politique dont le cœur bat à gauche. « On ne sait même pas s’il y aura de nouvelles élections locales avec la restructuration de la Chambre des conseillers, » renchérit avec force cette figure de l’opposition parlementaire.
Les cénacles politiques et les grands couloirs des deux Chambres du Parlement bruissent d’informations les unes plus contradictoires que les autres. Une chose est pourtant sûre : aujourd’hui, sur le front politique,  la priorité de Taïeb Cherkaoui est le référendum. « On parle de lois électorales qui seraient débattues au Parlement à la rentrée prochaine, lors de la session d’automne. Cela me semble très difficile sachant que la loi de finances occupe le gros des travaux de cette session », fait remarquer ce député qui a survécu à trois législatures. La session d’avril 2012 sera-t-elle celle de l’adoption de tous les textes qui régiront et organiseront les prochaines élections législatives ? Dans le landerneau politique, personne ne veut y croire. « Ce sera déjà trop tard. Et que peuvent valoir des lois adoptées dans la précipitation et sous la pression du temps ? Nous n’avons vraiment pas le droit de rater ce rendez-vous alors que nous sommes à la veille de l’adoption d’une nouvelle Constitution qui va donner plus de prérogatives à la Chambre des députés, constitutionnaliser la méthodologie démocratique et réhabiliter l’action politique », conclut ce dirigeant politique dont les craintes donnent sérieusement à réfléchir.

Narjis Rerhaye
Mercredi 4 Mai 2011

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