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Les établissements scolaires privés appelés à surmonter leurs dysfonctionnements

Mohamed Hassad les a à l’œil




26% des établissements d'enseignement privé nationaux souffrent de problèmes de gestion, 11% d’entre eux ont violé une série de dispositions réglementaires et 48% connaissent des dysfonctionnements. C’est ce qui ressort d’un contrôle des performances pédagogiques et administratives mené par l’Inspection générale de l’éducation et de la formation.
Selon un communiqué du ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de Recherche scientifique, cette opération qui s’est déroulée entre le 9 mars et le 21 avril derniers sur un échantillon de 459 écoles privées, soit 12% du total de ces établissements, a permis la suspension du travail d’un seul établissement suite au non-respect des procédures éducatives et administratives en vigueur.
Le communiqué du département de Hassad ne pipe pas mot sur ces dysfonctionnements et violations des règles en vigueur. Et ne précise pas sur quoi ses contrôles et évaluations ont porté. Pourtant, la loi n° 06-00 formant statut de l’enseignement scolaire privé précise dans son article 22 que «le contrôle administratif a pour objet la vérification des documents administratifs relatifs à l’établissement, à son personnel pédagogique et administratif et aux élèves, ainsi que l’inspection des installations sanitaires de l’établissement et la vérification du bon fonctionnement de l’internat, le cas échéant».
Selon certaines sources syndicales, nombreux sont les établissements d’enseignement privé qui transgressent ces dispositions. En fait, plusieurs sont les écoles qui dispensent des programmes scolaires sur mesure et qui ne relèvent pas nécessairement du programme ministériel. Certaines écoles privées donnent la priorité à certaines matières comme les mathématiques et les langues au détriment d’autres ou en réduisant les heures d’enseignement de certaines matières, voire leur  annulation du programme. Ces établissements sont également accusés de ne pas procéder à des examens médicaux réguliers des élèves comme cela est stipulé par la loi.
Ledit communiqué ne dit rien non plus sur le problème prioritaire dont souffrent plusieurs familles marocaines, en l’occurrence les tarifs affichés dans ces établissements. En effet, les frais scolaires sont passés, en quelques années, de 300 DH en moyenne à plus de 4.000 DH par mois sans compter les manuels scolaires imposés à chaque rentrée des classes et qui peuvent atteindre les 6.000 DH ainsi que les frais d’hypothétiques assurances. Notamment dans les établissements privés de  Casablanca et Rabat. Une situation d’autant plus aberrante que plusieurs de ces établissements ne paient même pas leurs impôts estimés aujourd’hui à des dizaines des milliards de DH.
Pour Mohamed Hassad, le contrôle de ces frais n’est pas du ressort de son département. Ces derniers sont soumis, selon lui, à la loi de l’offre et de la demande et ils ne sont pas encadrés par la  loi. Le ministre a néanmoins indiqué que ces prix oscillent entre 350 DH et la totalité du SMIG mensuel, voire davantage tout en précisant que les écoles privées sont partie intégrante du système éducatif marocain.   
Une réponse qui en dit long sur le sort qui a été réservé aux recommandations que le Comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU a adressées en 2014 au gouvernement marocain. En fait, le CDE a fait part de son inquiétude au sujet du «manque de supervision nécessaire concernant les conditions d’inscription et la qualité de l’enseignement dispensé». Il a également recommandé au Maroc d’évaluer et de traiter «les conséquences du développement rapide de l’enseignement privé»  avant de suggérer que «les enseignants du secteur public contribuent à l’amélioration de l’éducation […] plutôt que d’être utilisés par le secteur privé».

 

Hassan Bentaleb
Mercredi 14 Juin 2017

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