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Les épreuves du Code de la route prochainement en amazigh : Les ambitions d’une mesure et les contraintes de la procédure




D'ici 2014, les épreuves théoriques du Code de la route ainsi que les sessions d'éducation à la sécurité routière se feront en langue amazighe. C'est ce que nous a annoncé une source proche  du ministère de l'Equipement et des Transports.
Du côté des propriétaires des établissements d'auto-école, la nouvelle mesure ne poserait pas de problèmes. Elle pourrait même être bien accueillie. Pour eux, elle permettra de donner un contenu concret à l'une des dispositions de la nouvelle Loi suprême du Royaume qui a stipulé que l'amazigh constitue une langue officielle de l'Etat, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception. «On ne peut que se réjouir qu'une telle initiative soit prise. Ce sera un autre pas vers la reconnaissance de l'amazighité comme composante de notre identité », nous a précisé Nourdine Safadi, président de l'Association professionnelle des propriétaires des établissements d'auto-école (APPEAE). Il estime que cette mesure a trop tardé vu que la demande des professionnels concernant ce sujet ne date pas d'aujourd'hui. D'après lui,  les cas de clients trouvant des difficultés à parler et à  comprendre l’arabe sont nombreux. «Tout au long de ma carrière, j'ai constaté que plusieurs personnes sont incapables de dire un mot en arabe. On est donc souvent obligés de faire appel à des traducteurs », nous a-t-il confié.
Pourtant, les propriétaires des auto-écoles, exerçant dans les zones berbérophones ne semblent pas partager les propos du président de l'APPEAE. Selon eux, la nouvelle mesure n'a pas de sens puisque l'usage de la langue arabe n'a jamais posé de problème à leurs clients.  Ils craignent, par ailleurs, de voir cette nouvelle action instaurer plus de discrimination envers les amazirophones et engendrer des surcoûts pour leurs établissements. «On ne voit pas la logique d'une telle disposition sachant que dans nos régions personne ne s'est jamais plaint de la langue arabe comme langue d'enseignement», nous a affirmé le directeur d'une auto-école à Agadir.
Toutefois, les professionnels sont unanimes à considérer que si le département de tutelle est déterminé à investir dans ce volet, ils exigent, en contrepartie, qu'il mobilise les moyens adéquats. « On est prêts à jouer le jeu, mais il faut que le ministère nous fournisse les manuels appropriés pour  qu'on puisse dispenser le Code de la route et, surtout, qu'il nous apprenne nous-mêmes l'usage du tifinagh», nous a déclaré M. Safadi.  Même son de cloche du côté de ce propriétaire d'une auto-école à Tiznit qui revendique, lui, que l'Etat prenne en charge la formation des moniteurs qui seront chargés de dispenser le Code de la route, et ce en coordination avec l'IRCAM. Et veiller à ce que les panneaux de signalisation se trouvant tant à l'intérieur des périmètres urbains que dans les zones rurales soient rédigés en langues arabe et amazighe. Ce qui semble induire des investissements que le ministère de l'Equipement et des Transports ne semble pas avoir pris en compte.
A ce propos, les professionnels ont saisi l'occasion pour critiquer le monopole exercé par une certaine société française sur les manuels du Code de la route,  sur les outils d'apprentissage et les logiciels utilisés. Ils estiment qu'il est temps de mettre fin à cette exclusivité incompréhensible. D'autant plus que l'appel d'offres afférent à ce marché a été publié dans des conditions douteuses.  Les professionnels estiment aussi que le système de formation a besoin d'être repensé de fond en comble et qu'ils doivent être associés à toute discussion relative à ce sujet.

Hassan Bentaleb
Mardi 6 Mars 2012

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