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Les entreprises offrent moins d’emploi : Le marché du travail en zone de turbulences




Les entreprises offrent moins d’emploi : Le marché du travail en zone de turbulences
Les pouvoirs publics communiquent peu sur le marché du travail. La crise qui marque divers secteurs économiques laisse apparaître, cependant, une grande difficulté des employeurs à maintenir l’emploi. En dépit de mesures annoncées par le gouvernement dans ce sens, près de 50.000 salariés du textile et confection auraient été licenciés. Les raisons sont multiples. Certes, la demande étrangère adressée au Maroc baisse sous l’effet de la crise financière et économique mondiale, mais le manque de compétitivité du tissu industriel et productif national constitue le facteur déterminant.
En attendant des chiffres fiables, le BTP, le tourisme et le textile, les pertes en emploi est une réalité vérifiable sur le terrain. Heureusement que la pluviométrie abondante est de nature à atténuer la situation. En effet, la bonne récolte qui devra atteindre les 105 millions de quintaux créera de nombreux emplois, du moins pour le trimestre courant. Toutefois, c’est un travail saisonnier, familial et entrant plus dans le cadre de l’entraide sociale que du salariat.
A elle seule, cependant, l’agriculture est dans l’incapacité de réduire le chômage qui s’aggrave en milieu urbain.
Il découle, par ailleurs, de la note de conjoncture du ministère de l’Economie et des Finances que le taux de chômage a reculé de 0,2 point pour se situer en 2008 à son plus bas niveau jamais enregistré, soit 9,6% contre 9,8% en 2007. Ce repli a surtout profité au milieu urbain avec une baisse de 0,7 point (passant de 15,4% à 14,7%), tandis que le chômage rural a augmenté de 0,2 point pour se situer à 4%. Il faut noter que ces statistiques ne prennent certainement pas en considération les effets de la récession économique qui s’abattent sur le Royaume. Même à 10% d’ailleurs, ce taux doit inciter les pouvoirs publics à agir sans plus tarder par crainte d’aggravation de la situation. La même note de conjoncture signale que par sexe, le chômage des hommes a accusé une baisse de 0,3 point pour se situer à 9,5% contre 9,8% en 2007. Par contre, le chômage féminin a été maintenu au même niveau que l’année précédente, soit 9,8%. Par tranche d’âge, le chômage des jeunes âgés de 25 à 34 ans est passé de 14,4% à 13,5% en 2008, soit un repli de 0,9 point. De même, le chômage enregistré chez la tranche d’âge de 35 à 44 ans a fléchi de 0,7 point pour s’établir à 5,2%. Par diplôme, le chômage des diplômés s’est élevé à 18,5%, en baisse de 0,5 point par rapport à 2007. Le chômage des sans diplômes a également reculé pour se situer à 4,7% contre 4,9% en 2007.
Concernant l’état d’avancement des programmes mis en place par les pouvoirs publics pour la promotion de l’emploi, le nombre de bénéficiaires du programme Idmaj a atteint en 2008, d’après la note du ministère de l’Economie et des Finances, environ 120.750 personnes. En outre, 12.100 personnes ont bénéficié en 2008 d’une formation pour l’intégration dans le marché du travail grâce au programme Taahil. Quant à Moukawalati, ce programme a permis la création de 526 entreprises à fin 2008.
La même source indique qu’en 2008, la population active âgée de 15 ans et plus s’est établie à 11.267.000 personnes, en légère progression de 1,1% contre +1,4% un an auparavant. L’évolution de la population active à un rythme inférieur à celui enregistré par la population totale s’est traduit par un recul du taux d’activité de 0,4 point, passant à 50,6% en 2008 contre 51% en 2007. Le taux d’activité des femmes a reculé de 0,5 point pour se situer à 26,6% contre 27,1% un an auparavant. Cette baisse a concerné aussi bien le milieu rural (-0,7 point) qu’urbain (-0,2 point).
Pour ce qui est de la population active occupée, elle a atteint 10.189.000 personnes en 2008 contre 10.056.000 actifs occupés en 2007, ce qui équivaut à la création nette de 133.000 postes entre les deux périodes. Le premier secteur pourvoyeur de nouveaux emplois sont les services avec 102.000 nouveaux emplois créés entre 2007 et 2008, suivi du BTP avec 65.000 postes et enfin l’industrie avec la création de 28.000 emplois. La forte création d’emploi agricole du quatrième trimestre, sous l’effet de l’abondance des précipitations enregistrées au début de la saison agricole 2008/2009, n’a pas pu compenser les pertes enregistrées durant les trois premiers trimestres de l’année 2008. Le secteur agricole a, ainsi, perdu 67.000 emplois entre 2007 et 2008. Au-delà des chiffres et des statistiques, force est d’admettre que l’amélioration du marché de l’emploi exige impérativement des mesures draconiennes visant aussi bien les entreprises(baisse de la pression fiscale, mesures institutionnelles, souplesse dans l’octroi de crédits bancaires et investissement public en logistique, transport ainsi qu’en infrastructure de base) que les employés (refonte du dispositif de formation, révision à la hausse de la grille de salaires, respect de la législation en vigueur entre autres).

Mohamed Kadimi
Mercredi 6 Mai 2009

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