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Les élections en Centrafrique repoussées de trois jours










L’ONU justifie ce report par des difficultés de logistique et d’insécurité



Le Premier ministre centrafricain par intérim, Mahamat Kamoun, a annoncé jeudi que le premier tour des élections présidentielle et législatives prévu dimanche avait été repoussé de trois jours en raison de problèmes logistiques.
 "C'est pour permettre une organisation plus réussie, faire en sorte que ces élections soient plus transparentes, crédibles et démocratiques", a déclaré le chef du gouvernement à Reuters.
 Mahamat Kamoun a expliqué que les urnes destinées à ces scrutins devant parachever la transition démocratique du pays, après la guerre civile de 2013-2014, avaient été reçues tardivement et que certains assesseurs devaient encore être formés à les utiliser pour tirer les leçons du référendum constitutionnel des 13 et 14 décembre.
 "Nous avons constaté lors du référendum que la plupart des membres des bureaux de vote n'avaient pas le niveau requis, (ce) qui a contribué à l'annulation de beaucoup de suffrages", a-t-il souligné.
 "Il faut absolument organiser une formation, trouver les gens qu'il faut", a poursuivi le Premier ministre en rappelant que l'enjeu des scrutins "est de taille par rapport à celui du référendum".
 Mahamat Kamoun a mis sur le compte de "problèmes d'avion et de fret" le retard pris par l'acheminement du matériel électoral et assuré que celui-ci se trouvait désormais à Bangui.
 "Il faut (voter) avec du matériel sophistiqué pour éviter la fraude", a-t-il insisté. "Le report est nécessaire si on veut avoir des bons résultats."
 Les élections, qui ont déjà été repoussées à plusieurs reprises, devraient désormais avoir lieu le 30 décembre.
L'ONU a justifié jeudi le report des élections en République centrafricaine (RCA) par des difficultés logistiques et l'insécurité, estimant qu'il ne s'agissait pas d'un revers pour la transition politique dans ce pays.
 "Je ne dirais pas qu'il s'agit d'un revers" pour le processus de transition, a estimé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. "Etant donné la situation de sécurité très délicate dans le pays, il est important que ces élections se tiennent dans les meilleures conditions possibles".
 Il a aussi invoqué "la nécessité de traiter des problèmes logistiques et de compléter la formation des agents électoraux". "La mission (de l'ONU, Minusca) va continuer à aider à distribuer les bulletins de vote et à soutenir les forces" de sécurité de RCA, a-t-il souligné.
 Tous les bulletins de vote pour les deux scrutins présidentiel et législatif sont arrivés à Bangui mercredi et la Minusca "va les distribuer progressivement dans les provinces", a-t-il expliqué.
 Il a souligné que le report avait été décidé par les autorités électorales de RCA. "C'est leur processus, ce sont leurs élections et nous sommes là pour les soutenir", a-t-il ajouté.
L'éventuel second tour de la présidentielle et le second tour des législatives - pour lesquelles quelque 1.800 candidats sont en lice - sont prévus le 16 janvier.
 Illustration d'une instabilité chronique depuis son indépendance de la France en 1960, la Centrafrique a déjà connu cinq Républiques, un Empire et six régimes de transition issus du renversement des pouvoirs établis.
 Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants parmi les plus pauvres au monde, les électeurs se sont massivement inscrits sur les listes électorales, témoignage d'une forte volonté d'en finir avec la loi des armes.
 Trente candidats - dont la grande majorité n'a aucune chance de succès - sont en lice pour la présidentielle.
 Trois personnalités émergent du lot avant le scrutin: deux anciens Premiers ministres du défunt président Ange-Félix Patassé, Anicet Goerges Dologuélé et Martin Ziguélé, ainsi qu’Abdoul Karim Méckassoua, plusieurs fois ministres de François Bozizé.
 Le renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, a précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes, à Bangui et en province.
 Accusé par la communauté internationale d'inaction, Michel Djotodia a finalement été contraint à la démission début 2014, dans la foulée d'une intervention militaire internationale sous la conduite de la France.
 Dirigée depuis par la présidente de transition Catherine Samba Panza, la Centrafrique tente de panser ses plaies et de redresser une économie ruinée et sous perfusion des bailleurs qui, France en tête, poussaient à l'organisation rapide d'élections malgré l'insécurité persistante.
 Les trois derniers chefs d'Etat du pays - et les seuls encore en vie - sont exclus du scrutin. MM. Bozizé et Djotodia, actuellement en exil, sont sous le coup de sanctions internationales et la Charte de transition interdisait à Mme Samba Panza d'être candidate.

 


Libé
Samedi 26 Décembre 2015

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