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Les effets pervers de la nationalisation




Les effets pervers de la nationalisation
La nationalisation déstabilise la société et l'économie, réduit l'investissement, l'innovation entrepreneurial, la croissance économique, et a des conséquences négatives pour la majorité de la population, y compris les pauvres. Elle traduit, pour les investisseurs locaux et étrangers un manque de sécurisation de la propriété. La nationalisation détruit les emplois et la rentabilité des entreprises et en général est très préjudiciable à la population. C’est mauvais pour les consommateurs, les travailleurs, les pauvres et la démocratie.

La nationalisation
est anti-consommateurs

Ce sont les consommateurs dans une nation libre qui décident quels fournisseurs de biens et services méritent de prospérer. L’impact de l’usurpation de ce droit par le gouvernement fausse le marché par rapport à une situation de libre concurrence. Les dirigeants de ces entreprises nationalisées nommés par le gouvernement sont obligés de suivre les injonctions de leurs patrons politiques ce qui les éloignent des désirs des consommateurs. Il en résulte une absence de choix, une médiocre qualité, et une limitation du libre choix. L’expérience montre que la mauvaise gestion peut conduire à des pénuries et la qualité de service se détériore.
Hedrick Smith, dans son livre « Les Russes » (1975), décrivait les longues files d'attente dans les magasins. « La norme acceptée », disait-il, « est que la femme soviétique consacre deux heures par jour pour la file d’attente dans les supermarchés, sept jours par semaine ; y aller tous les jours correspond au double du temps que la ménagère américaine passe au supermarché une à deux fois par semaine. J’ai noté dans la presse soviétique que les Russes gaspillent 30 milliards d'heures de travail en file d’attente chaque année pour faire des achats ». Aux États unis les consommateurs sont souverains et les manager dans les entreprises privées sont prêts à risquer le capital et affronter une vive concurrence pour les servir. En Russie socialiste, ce sont les politiciens et les fonctionnaires du gouvernement qui sont souverains, comme dans toutes les économies socialistes qui sont inéluctablement autoritaires.

La nationalisation
est anti-travailleurs

Dans une économie libre les employeurs sont en concurrence pour s’attacher les services des travailleurs. Les travailleurs sont donc en mesure d'améliorer leurs conditions de travail et leurs revenus. Freedom House, dans son rapport 2010, révèle que les droits des travailleurs sont plus réprimés dans les pays à orientation communiste. La domination accrue du gouvernement s’accompagne d’une tendance à l'autoritarisme. Même si la nationalisation se limite à un secteur de l'économie, cela ne sert pas les intérêts des travailleurs dans les secteurs ciblés. Notons qu’il y a des répercutions sur les travailleurs des autres secteurs car, d’évidence, les nationalisations sont un frein à l’investissement dans le secteur privé. La règle du jeu est faussée. Or, les hausses de salaires sont totalement dépendantes de l'augmentation des investissements, de l'efficacité des activités des entreprises, et d’une croissance économique plus élevée. En ce sens, la nationalisation ne peut qu’être anti-travailleurs et réduire les salaires.

La nationalisation
est antidémocratique

Aucun gouvernement démocratique ne saisit les actifs de ses investisseurs. Si le gouvernement d’Afrique du Sud (SA) venait à prendre une telle mesure antidémocratique, il détruira l’image et la réputation du pays dans le monde. Dans son rapport, « le travail libre dans un monde hostile », Freedom House a déclaré: « De l'Afrique du Sud à la Corée du Sud, du Chili à la République tchèque, la démocratie et les mouvements de défense des droits des travailleurs ont été étroitement liés. Cette relation a été bien comprise par les fascistes, les communistes, et les dictateurs autoritaires qui craignaient la force de syndicalistes démocratiques ».
Les droits des travailleurs sont plus susceptibles d'être reconnus dans les pays où il ya une plus grande liberté et le respect des principes démocratiques, notamment l’état de droit. Dans leur propre intérêt, les travailleurs devraient défendre la démocratie et l’état de droit.

La libre concurrence
est bénéfique pour tous

Plutôt que de considérer la nationalisation, l’Afrique du Sud devrait se pencher sur la croissance de l'économie en améliorant le climat des affaires. Cela nécessite l'élimination des barrières d’entrée pour tous les secteurs économiques, tels que les licences, les permis inutiles, et les interdictions, y compris ceux qui empêchent les entreprises privées de se faire concurrence équitablement.
Imaginons que nous ayons une concurrence ouverte sans protection réglementaire pour les entreprises contrôlées et appartenant à l'État. Celles-ci devraient alors entrer en concurrence pour le plus grand intérêt des consommateurs.
Le service de médiocre qualité ou les prix excessivement élevés pratiqués par les entreprises publiques attireraient immédiatement le consommateur vers d’autres fournisseurs satisfaisant mieux leurs besoins. La libre entrée pour les entreprises étrangères rendrait le marché encore plus concurrentiel avec plus de bienfaits encore pour les consommateurs. Dans une économie ouverte, les consommateurs ont plus de liberté de choix, de meilleurs services à des prix plus bas. Il y a aussi plus d’opportunités d'emplois. En supprimant les barrières à l'entrée, les situations des consommateurs, des chômeurs et des pauvres en seraient grandement améliorées.

La neutralité du
gouvernement dans l'économie

Si le gouvernement était totalement neutre dans l'économie, les ressources seraient mieux utilisées dans l’intérêt des citoyens en tant que consommateurs et ne seraient pas détournées à des fins politiques. Un tel gouvernement neutre concentrerait son attention à l’amélioration de l’environnement des affaires pour la réalisation d'une croissance économique élevée. La liberté de choix personnel, la protection des droits de propriété et la liberté des échanges sont des ingrédients clés d'un tel environnement.
Une caractéristique importante des économies à croissance élevée, est que l’intervention du gouvernement est limitée. La part des impôts dans le PIB est faible, la réglementation et l'ingérence dans les affaires sont limitées au strict minimum, et le plus important, le gouvernement n’est pas propriétaire des entreprises. Sans barrières à l'entrée, dans un environnement de libre concurrence ce sont les entreprises les plus performantes qui seront en tête pour le bien être des consommateurs.

* Directeur de The Free Market Foundation

Par Eustace Davie
Mardi 20 Janvier 2015

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