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Les écoles surchargées condamnent les Mozambicains aux cours du soir




Il est plus de 20H00, et Joana Charles attend son professeur d’histoire. Dans des écoles surpeuplées du Mozambique, les élèves ont cours à tour de rôle, tôt le matin ou tard le soir. L’enseignant n’est pas apparu et la plupart des 62 élèves sont partis.
Pourtant, Joana garde espoir. “La patience apporte la victoire”, dit stoïquement cette mère de 31 ans. Si le prof arrive juste après notre départ, on aura raté son cours!” Dans ce pays pauvre d’Afrique australe, les classes ont une moyenne de 66 élèves par enseignant, et les écoles fonctionnent selon trois roulements de 07H00 à 22H00.
Les cours du soir ont commencé sous la colonisation portugaise, et le Mozambique a conservé le système après l’indépendance, en 1975, pour faire face au trop plein d’élèves.
Malgré tout, le système scolaire est proche de l’explosion, parce que le pays tente d’éduquer non seulement sa jeunesse, mais aussi les adultes privés d’école par des décennies de guerre.
Après avoir fondé une famille, Joana est ainsi retournée à l’école, où ses camarades ont la moitié de son âge.
Elle veut renforcer ses chances de trouver un bon emploi. Même si elle n’étudie pas longtemps, cela pourrait faire la différence dans ce pays, où les adultes ont eu en moyenne 1,2 année de scolarité, selon les Nations unies.
Mais sa scolarité est perturbée par les absences à répétition des enseignants. “Nous n’avons eu que deux cours” dans le dernier semestre.
“En seconde, nous aurons des problèmes”, raconte Joana.
Aida Bila, 16 ans, est également préoccupée par les leçons manquées, mais espère que les enseignants lui donneront un coup de pouce pendant les examens. “Ils ne donnent pas toujours les réponses, mais ça peut arriver!”, dit cette avocate en herbe, qui doit parfois marcher 5 km pour rentrer chez elle dans l’obscurité, si les transports publics ne circulent plus ou si sa famille ne peut pas payer le prix du billet.
Même lorsque les enseignants sont présents, de nombreux élèves ne viennent à l’école que pour se faire des copains, regrette Carlos Francisco, un enseignant de 29 ans.
“Le système a créé les conditions pour qu’ils perdent tout intérêt. On les fait passer automatiquement d’une classe à l’autre, et ils arrivent ici sans savoir ni lire ni écrire”, déplore-t-il.
M. Francisco enseigne le dessin, mais sans aucun matériel. Il travaille quatorze heures par jour dans trois écoles pour nourrir sa famille. “Le gouvernement essaie d’améliorer les choses, mais le pays a tant de problèmes... “



Libé
Mercredi 18 Mai 2011

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