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Les dix plaies de l’Ecole




Oyez, oyez, messires et gentes dames, vos ouailles ont servi de cobayes à des réformateurs en rupture de ban sans que vous n’en ayez été préalablement informés. Ce n’est certes pas la première fois qu’ils jouent aux cobayes et ce ne sera certainement pas la dernière. Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique est un habitué du fait. Vendredi 26 juin 2009 à Rabat, lors de la clôture du Projet ALEF de l’Agence américaine pour le développement international, il a annoncé avoir eu recours à eux en vue de  l’institutionnalisation d’un certain nombre d’approches mises en œuvre sur le terrain depuis 2005 pour améliorer la qualité et la pertinence de l’éducation.
Cinq années durant, lui et l’USAID ont, en effet, développé et testé huit modèles permettant d’opérationnaliser ce monstre du Loch Ness qu’est la fameuse Charte nationale de l’éducation et de la formation dont nous fêtons le dixième anniversaire. Ces modèles concerneraient la pertinence des apprentissages, le projet d’établissement et la mobilisation sociale, l’éducation au choix et l’entrepreneuriat, les clubs et activités parascolaires, les Dar Taliba et internats de qualité, l’intégration des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation, l’alphabétisation des femmes fondée sur le Code de la famille et la mobilisation d’une communauté professionnelle éducative au niveau local pour le développement professionnel et l’amélioration de la qualité éducative.
Ces stratégies ont été mises en œuvre dans quatre Académies régionales pour l’éducation et la formation ; à savoir celles de Chaouia-Ouardigha, du Grand Casablanca, de Meknès-Tafilalt et de l’Oriental, avant d’être étendues à cinq autres régions : Fès-Boulemane, Rabat-Salé-Zaër-Zemmour, Souss-Massa-Drâa, Tadla-Azilal et Tanger-Tétouan.
260 000 élèves et 3 300 enseignants ainsi que les inspecteurs et les directeurs de plus de 400 établissements ont été touchés par le projet. Ce qui a fait écrire aux rédacteurs du communiqué triomphateur rendu public à ce propos que « l’Ecole marocaine est capable, même dans des zones isolées et démunies, même avec peu de moyens matériels, de mener à bon port les jeunes qui lui sont confiés ».
Un constat à l’emporte-pièce qui non seulement sonne faux, mais cadre mal avec le malaise certain que les parents ressentent à chaque fois qu’ils entendent parler d’enseignement. Fût-ce sur les pages des journaux, les ondes des radios ou les écrans des chaînes de la télévision marocaine. A telle enseigne que nombre d’entre eux comparent la déliquescence de ce secteur vital aux dix plaies d’Egypte.  La souffrance des familles est, en effet, le point commun entre ce récit biblique et les méfaits de l’Ecole marocaine. Jusqu’à quand ?

AHMED SAAIDI
Lundi 29 Juin 2009

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