Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les diplômes de l'Ecole supérieure d'architecture de Casablanca posent problème : Les lauréats de l'ESA n'arrivent pas à construire leur avenir




Les diplômes de l'Ecole supérieure d'architecture de Casablanca posent problème : Les lauréats de l'ESA n'arrivent pas à construire leur avenir
Après 6 ans d'études à raison  de 73500 DH par an, 20 lauréats diplômés de l'Ecole supérieure d'architecture de Casablanca sont toujours dans l'expectative. Problème : à la fin de leur cursus, des certificats leur ont bien été décernés mais en fait ce sont juste des attestations d'un usage assez limité. En effet, ce document ne leur donne pas accès aux  concours organisés pour le recrutement des architectes au sein des organismes publics. Ils ne peuvent pas non plus  ouvrir leurs propres cabinets d'architecte et par voie de conséquence la porte de l'Ordre des architectes leur est irrémédiablement fermée.  Et pourtant, «c'est la première école privée d'architecture au Maroc, fondée en octobre 2004 à la demande du gouvernement par des architectes de renom», ont-ils expliqué. Le besoin s'est fait  sentir pour combler un  déficit de l'ordre de 3000 architectes à l'horizon de 2020.
C'est un métier d'avenir et ils n'ont pas hésité longtemps à faire leur choix. Mais est-ce pour autant le meilleur? Probablement pas. Et pour cause, en l'absence d'équivalence avec les diplômes étatiques, tous leurs projets restent suspendus. Ils se disent entièrement dans leur droit. « Notre école est le fruit d'un partenariat privé-public (du moins c'est ce qu'ils croient) et de ce fait l'Etat ne peut pas nous lâcher. Dès notre inscription, nous étions convaincus que notre situation sera régularisée dès l'obtention de nos diplômes». Ils vont même jusqu'à assurer que les responsables de leur école ne sont nullement impliqués dans cette affaire. Des propos spontanés et peut-être naïfs. Mais qu'en est-il en réalité? Le scénario n'est pas nouveau. Il ne fait que se reproduire. Peut-être ont-ils été bernés? Ont-ils été victimes de publicités mensongères? A qui la faute? C'est la sempiternelle problématique des diplômes privés qui revient sur le tapis. Ont-ils été sacrifiés sur l'autel du lucre? L'enseignement supérieur est un commerce juteux en fait. Bien des questions qui demeurent sans réponse.
En attendant, ils ont frappé à toutes les portes qui ne se sont pas toujours ouvertes. Mais à force d'abnégation, ils ont réussi à saisir Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur mais qui leur a assuré que pour le moment il y a des priorités qui s'imposent et que leur problème n'en fait pas partie. Pas très encourageant !
Ils cherchent une issue à leur impasse du côté juridique à travers  l'amendement de la loi 001 (article 4) relative à l'enseignement supérieur. Un processus qui risque d'être long même avec toute la bonne volonté dont les pouvoirs publics pourraient faire preuve.
La seule arme dont ils disposent, c'est de faire pression sur les responsables. Dans ce cadre, ceux parmi eux qui  poursuivent leur cursus au sein de ladite école ont  entamé une grève depuis 10 jours et comptent persévérer jusqu'à ce qu'on daigne prendre en considération leurs revendications fort légitimes du reste. Un autre bras de fer qui s'annonce. Pour donner plus de légitimité à leurs demandes, ils ont même créé une association. Iront-ils jusqu'à faire preuve de logique et réalisme et attaquer les propriétaires de leur école pour dol?

Nezha Mounir
Lundi 19 Novembre 2012

Lu 3865 fois


1.Posté par Hamid le 19/11/2012 19:02
Ce problème illustre au Maroc , un problème plus large qui a été ignoré voire encouragé par l'état, à savoir la prolifération anarchique de diplômes privés dans tous les secteurs économiques y compris celui de la santé. Des établissements privés qui proposent des formations sois disant qualifiantes mais dont le contenu est très souvent médiocre par rapports aux standards internationaux; lesquelles formations ont été payées au prix fort pour la plus grande joie des propriétaires d'établissement motivés par l' apa du gain et nullement par un quelque souci de l'utilité public. Dans le secteur de l'expertise comptable , de pseudo comptables agrées veulent certifier les comptes des entreprises mais c'est tous les investisseurs qui n'auront plus confiance dans les entreprises marocaines. Même chose pour les infirmières privées qui achètent leurs diplômes. Au lieu d'interdire tout simplement ces diplômes privés qui portent préjudice à l'économie marocaine, les gouvernements précédents comme l'actuel ne trouvent rien de mieux que de les conforter dans leur statut. Quelle aberration!

2.Posté par yoyo le 20/11/2012 07:50
une solution pour valider leurs diplomes : 2 ANS d'études suplémentaires dans l'école d'architecture de l'état qu'ils doivent payer car ils sont riches et c'est aux proffesseurs de l'état de les juger!

3.Posté par Anonyme le 20/11/2012 21:17
Votre solution n'est pas une solution. Ne mélangeons pas les cas !
L'école d'architecture de Casablanca suit le programme établi par l'ena. Les professeurs qui y enseignent enseignent à l'ena aussi.
Leur demander de poursuivre leurs études plus tard, et de payer parce que riche (excusez moi, mais il y a des parents qui se sacrifient, des familles qui sont loin d'être riche, mais qui s'amputent d'un certain confort pour l'avenir de leurs enfants) … pourquoi 2 années de plus à étudier pour que des professeurs jugent s'ils sont aptes à devenir architecte ou pas ? ces mêmes professeurs qui leur ont donné leur diplôme ? ces mêmes professeurs qui ont assistés à leur soutenance de diplôme ?
Ne parlons pas de choses dont on ne connait rien.
Ces étudiants n'ont pas à être jugés ! Ces étudiants ont emporté le deuxième prix à un concours international (holcim) ! ces étudiants ont une renommée, une réputation dans les autres écoles d'architecture au monde que les étudiants de l'ena, de l'état, n'osent même pas espéré !

4.Posté par Inconnu le 20/11/2012 22:23 (depuis mobile)
Les gens comme YOYO qui ont la haine contre les gens du privé, ne doivent pas etre consideré batatane, en+ cest pas du tt une facon de parler. Yoyo san comentair...

5.Posté par EACiste le 20/11/2012 22:55
Je me permet de réagir par rapport au commentaire de yoyo que je juge - étant étudiante à l'EAC - très déplacé. Ca n’est pas parce que l’école est à 73500 dh /an que nous sommes riches , nos parents ne lésignent pas sur les moyens pour nous offrir la meilleure des formation, en faisant de grands sacrifices . Ceci dit je tiens à vous préciser monsieur ( ou madame ) que notre formation a été validé par l’ENA ( École National d’Architecture ) ,et que les "professeurs de l'état “ comme vous dites , savent ce que nous valons. l'EAC n'est pas une école privée qui "vend un diplôme sans formation" . L'équivalence du diplôme est notre droit , à l'état d'assumer ses responsabilités.

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs