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Les détournements des aides humanitaires par le Polisario remis sur la table de l’UE




Une ONG africaine dénonce les conditions inhumaines des habitants des camps de Tindouf

Dans une lettre adressée, jeudi 23 juin à l’ensemble des parlementaires européens, l’Association marocaine de solidarité sahraouie en Europe exhorte ces derniers à  initier une action coordonnée pour suivre les recommandations de l’OLAF, à propos des détournements des aides humanitaires destinées aux habitants des camps de Tindouf.
Dans cette lettre,  Ragragui Alaârch, président de l’association, a indiqué  que l’absence  de suivi du rapport de l’OLAF suscite des doutes quant à la volonté et la détermination du Haut-commissariat européen de prendre les mesures qui s’imposent. Il a souligné que l’Union européenne et ses citoyens ont le droit de savoir la destination des aides et leurs bénéficiaires.
L’association qui a appelé les parlementaires européens à inclure ce point à l’ordre du jour de leurs communications avec l’OLAF, a insisté sur la nécessité de procéder à des recensements permettant d’établir les listes des bénéficiaires. La lettre a précisé que les recensements des habitants des camps de Tindouf doivent constituer une condition sine qua non pour continuer à recevoir ces aides.
L’association a, par ailleurs, indiqué que le rapport de l’OLAF a fait la lumière sur une opération de fraude, précisant que la chaîne regroupe des ateliers permettant de mettre les produits dans des emballages neutres avant leur transport  vers les destinations de commercialisation sur les marchés nord-africains, alors que les emballages portant l’emblème européen sont utilisés pour couvrir des produits de moindre qualité. La lecture du rapport de l’OLAF permet de découvrir que la fraude a porté sur des dizaines de millions d’euros depuis le début des opérations d’envoi des aides européennes aux camps.
L’association a considéré que la non diffusion du rapport de l’OLAF et la non exécution de recensements revendiqués par l’UE soulèvent le problème de l’escroquerie organisée. N’est-il pas étonnant, poursuit le président de l’association, que l’UE continue de payer à l’Algérie des droits de douanes sur ces aides, malgré les conventions internationales?
En 2005, une mission d’inspection initiée par le Programme alimentaire mondial avait fait état de nombreuses irrégularités dans le cheminement des aides alimentaires humanitaires destinées aux habitants des camps de Tindouf. Ce qui avait amené cette institution à réduire ses aides qui étaient attribuées sur la base d’estimations erronées du nombre de ces habitants. 
Emboîtant le pas au PAM, le CHR avait réduit ses aides et exigé une liste des responsables des détournements. Le CHR avait demandé, également à l’Algérie de procéder aux recensements. Demande restée sans suite.
A signaler, par ailleurs, que lors de la session du Conseil des droits de l’Homme que tient l’ONU à Genève, l’ONG ‘’Africa Développement’’ a dénoncé les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les habitants des camps de Tindouf, en l’absence de tout enregistrement ou recensement. 
Prenant la parole, au nom de l’ONG,  l’actrice associative sahraouie, Aminatou Laghzal a déclaré que son association est préoccupée par la situation inacceptable et exceptionnelle au vu du droit international, qui persiste dans cette partie du monde. Elle a souligné que la séquestration de toute une population pour des raisons politiques donne à ce problème un aspect sans précédent et dépassant tous les critères sur le plan mondial. Rappelant que de nombreuses violations des droits de l’Homme avaient été dénoncées dans ces camps, Aminatou Laghzal a indiqué que ces gens sont privés de leurs droits les plus élémentaires  de liberté de déplacement, de rassemblement et d’expression. Elle a fait état de cas de séquestrations, de tortures et de disparitions arbitraires, sans oublier les cas de mariages forcés et d’esclavages.
L’associative sahraouie a souligné que malgré les demandes persistantes, l’accès à ces camps demeure impossible. Pour preuve, l’interdiction imposée au réseau euro-méditerranéen qui avait l’intention d’enquêter sur les violations des droits humains. Aminatou Laghzal a lancé un appel au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU et à toutes les institutions internationales pour faire pression sur l’Algérie et le Polisario en vue de mettre fin à l’isolement des camps de Tindouf et donc de permettre aux acteurs des droits humains d’y accéder.
Notons que deux autres ONG avaient attiré l’attention du Conseil des droits de l’Homme sur la répression dont sont victimes tous ceux qui ont le courage d’exprimer leur opposition aux thèses séparatistes du Polisario. L’ONG Sinacolo et l’Agence internationale de développement ont enregistré nombre de cas de séquestrations et de disparitions arbitraires dont celle du militant Khalil Ahmed 


Ahmadou El-Katab
Lundi 27 Juin 2016

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