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Les dépenses du Ramadan déstabilisent les ménages

Même les prix de nombre de produits non alimentaires ont pris l’ascenseur, selon le HCP




Décidément les Marocains ne savent plus à quel saint se vouer durant ce mois sacré. Au moment où ils se réjouissaient à l’idée qu’il n’y aura pas de hausses des prix des produits alimentaires, selon les maîtres-mots de l’indicible Mohamed El Oufa, ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, prononcés récemment dans l’Hémicycle, ils sont tombés des nues. La réalité est patente et ne peut être cachée par les sempiternelles ritournelles dont l’Exécutif a le secret.
Le tableau dressé, par le Haut-commissariat au plan (HCP) dans sa dernière note d’information, est, en effet, des plus sombres.
Les écarts de dépenses des produits alimentaires et non alimentaires du mois de Ramadan se sont creusés par rapport aux autres mois de l’année. De plus en plus mal, les dépenses d’habillement baissent en faveur de la flambée du panier de la ménagère. Au pis, l’évaluation des effets de ce mois sacré sur les prix alimentaires ne présage rien de bon. De la dépense de consommation par ménage qui augmente en moyenne durant Ramadan à la montée en flèche des frais déboursés dans la rubrique du «transport et communication» en passant par un impact global ressenti, en grande partie, durant ce mois, étant donné que 24 journées de jeûne coïncident avec juin.
Ainsi, les analystes du HCP commencent par indiquer que la dépense de consommation par ménage s’apprécie de 16,3% en moyenne durant Ramadan, notant que cette hausse dépend, toutefois, du niveau de vie des foyers marocains. Et de rappeler, au passage, qu’il s’agit là des résultats de la dernière enquête sur les dépenses de consommation des ménages au Maroc, réalisée par leurs soins, entre juillet 2013 et juin 2014 précisant, à toute fin utile, que le mois de Ramadan 1437 est le deuxième, depuis 1983, où le mois sacré chevauche sur les mois de juin et juillet.
La même source souligne, en parallèle à cette appréciation globale du panier de la ménagère, que le mois sacré est aussi à l’origine d’une configuration substantielle de la structure de consommation faisant savoir que les ménages dépensent plus d’un tiers en alimentation (+37%). «Cette augmentation de la dépense alimentaire touche toutes les catégories de la population et s’accroît au fur et à mesure qu’on avance dans l’échelle du niveau de vie (en passant de 22,5% à plus de 40% entre les deux classes extrêmes)», met en relief le HCP.
Et de faire état, dans ce cadre, de produits qui contribuent le plus à cette dépense supplémentaire ajoutant qu’il s’agit en l’occurrence des jus et boissons (+230%), des fruits (+163%), des épices (+60%),  des viandes (+35%), des céréales (+35%) et du «lait et produits laitiers (+47%)».
Toujours est-il, le HCP relève que même si cette reconfiguration reste à l’avantage du panier alimentaire, à l’origine de 82% de la hausse constatée de la dépense globale durant ce mois, il n’en reste pas moins que d’autres rubriques de dépense subissent des modifications importantes, dévoilant, notamment la rubrique du «transport et communication» (avec une hausse de 20% de la dépense dédiée) et celle de l’«habitat et énergie» (+3,7%).
L’on signale aussi de même source, un fait marquant qui a trait à la dépense d’habillement qui baisse de 13% en moyenne durant ce mois sacré, notamment en milieu rural (-17,3%) ajoutant qu’en définitive, la dépense en produits non alimentaires n’augmente que de 4,6%, ce qui est l’apanage essentiellement du changement de comportement des citadins.
Pour le HCP, ces changements de comportement auront des impacts sur les évolutions des prix à la consommation faisant ressortir une appréciation totale estimée à 0,6% que connaîtraient les prix des produits alimentaires, durant le mois de ramadan en cours (par référence aux observations des dix dernières années).
Et ce n’est pas tout. La même source affirme que les produits qui seraient les plus touchés demeurent les poissons (+55%), les œufs et les fruits annonçant que les prix des poissons devraient, en effet, s’inscrire en hausse de 6% durant le mois de juin (1,2% en juillet).
Et de mettre en exergue qu’alors que l’impact sur les prix des œufs atteindrait 3,3% (0,7% respectivement), le prix des fruits, en particulier les agrumes et fruits frais, enregistreraient presque la même tendance.

Meyssoune Belmaza
Mardi 14 Juin 2016

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