Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les décisions contradictoires du ministre de l’Education nationale




Le ministre de l’Education nationale, Mohamed El Ouafa, qui a tenu une conférence de presse hier à Rabat, doit s’attendre à des jours difficiles. Ses décisions relatives à la note 37/12 sont qualifiées de hâtives. Elles présenteraient même des contradictions flagrantes. En voici quelques-unes :
1ère contradiction:  le ministre n’a pas seulement mis un terme à la PI avec sa décision pour le moins hâtive ; mais il a détruit  un modèle pédagogique qui met en œuvre l’approche par les compétences adoptée avec le consentement des forces vives du pays dans la Charte nationale pour l’éducation et la formation en 2001. Cette approche s’est perdue huit ans durant sans trouver d’issue pour sa mise en application dans le système scolaire.
Le ministre a-t-il une alternative adéquate pour remplacer cette approche qui est pour le moins adoptée par la majorité des systèmes éducatifs?
2ème contradiction: le ministre laisse le libre choix aux acteurs des établissements scolaires du primaire (directeurs et professeurs) d’adopter la PI ou de la rejeter pour revenir à la PPO ou toute autre pédagogie. Il ne se rend pas compte, de ce fait, qu’il installe deux curricula dans le même système éducatif national qui est censé être unifié.
Où sont donc l’équivalence des chances entre les élèves et l’équité dans le système éducatif ?
Et qu’est-ce que le ministre a fait  de l’inspection générale des affaires pédagogiques et celle des inspecteurs ? Les a-t-il mises à la marge ? Ou  les garde-t-il pour jouer le rôle de sapeur-pompiers après l’incendie? Ne sont-ils pas ses premiers consultants  en matière de pédagogie? Certainement pas, car il a les syndicats en poche maintenant !
3ème contradiction: le ministre abroge la note ministérielle 204 du 29/12/2010 relative à l’évaluation selon la PI. Dans le cas de l’adoption de ladite PI par certains établissements, quel système d’évaluation propose-t-il? Or les élèves des établissements, qui ont opté pour la PI ont le droit d’être évalués selon le degré de maîtrise des compétences. On est certain  qu’il n’a aucune idée des différents niveaux d’apprentissage, ni des différences entre ces niveaux, encore moins du mode d’évaluation pertinent à chaque niveau.
Comment compte-t-il terminer l’année scolaire ? Quel est le cadre de référence des apprentissages et d’évaluation qu’on va suivre pendant les cinq mois restants?
4ème contradiction: la décision du ministre a été prise, ou plutôt dictée, à l’insu de ceux et celles qui ont adhéré à ce projet avec  abnégation et dévouement. Ils ont contribué pendant 3 ans à l’édification de ce projet qui a stimulé les acteurs du système éducatif (inspecteurs, formateurs, professeurs et directeurs), et remis en cause un ensemble de pratiques pédagogiques inadéquates.
Où est donc l’approche participative que le gouvernement Benkirane ne cesse de vanter à chaque occasion ?
5ème contradiction: pour la première fois dans l’histoire du système éducatif marocain moderne, les élèves trouvent du sens à ce qu’ils apprennent à l’école, et trouvent du goût à résoudre les situations qui leur sont proposées, pour une fois que nos professeurs réussissent à garantir la pérennité des apprentissages. Il a fallu qu’un contingent de fainéants, bras cassés, je m’en-foutistes... viennent tout détruire pour revenir aux méthodes qui incitent à la paresse, à la mémorisation et au psitacisme.
Quel élève veut-on former ? Ou plutôt quel citoyen veut-il former ? Un élève qui apprend par cœur quand Okba ibn Nafie est mort,  ou qui a tué Tarik ibn Ziad ? Bravo ! Voilà le type de citoyen qui garantira la place de notre pays dans les années 2025.
C’est bien dommage de le voir régresser sur une simple décision inqualifiable et injustifiée, pour permettre à la médiocrité de supplanter le travail sérieux et réfléchi.

Nouri Zyad
Jeudi 23 Février 2012

Lu 921 fois


1.Posté par MOUALIM le 24/02/2012 23:06
Je ne peux pas ne pas réagir à cet article et je vais le faire en tant qu'acteur et donc parler en tout état de cause. Monsieur Zyad semble divaguer. Il parle comme s'il vient d'un autre monde. Il parle de choses qui ne disent plus rien aux Marocains et encore moins aux professeurs et leur élèves. La vérité est que c'est vous M. Zyad qui êtes en flagrante contradictions pour ne pas dire ignorance total de la chose éducative au Maroc. Voilà pourquoi:
D’abord vous parlez de la Charte pour l'enseignement, de ce long texte rédigé en 1999 par une commission chargée de trouver des solutions aux problèmes de l'enseignement dans notre pays. Or On sait aujourd'hui que cette charte n'a rien apporté à l'école marocaine sinon des textes et des circulaires rédigés à la hâte et qui n'ont guère fait avancer les choses sur le terrain. Inutile de vous rappeler que ce document a fait - immédiatement après sa publication - état d'un nombre important de critiques et d'analyses qui à l'époque furent qualifiées de précipitées et considérées comme outrageuses aux désirs et volontés des décideurs. Mais depuis maintenant quelques années déjà ces mêmes décideurs se rendent compte qu'ils nous avaient imposé une charte trop ambitieuse pour ne pas dire impossible. Ils réalisent – mais sans scrupule - que cette même charte au lieu de redresser la barre elle n'a engendré que échec après échec. La preuve n'est autre que le plan d'urgence de trois ans. Les professeurs l’avaient tout de suite compris : ce plan est venu calmer les esprits et prolonger de trois ans les malheurs de l’école nationale. Nous avions dit que ce plan n’arrangerait pas les choses, que d’autres décisions hâtives allaient lui succéder inutilement. Nous avons dit que ce plan d’urgence lui-même aurait besoin d'un autre plan d'urgence, Qu’il allait nous faire perdre davantage de temps et d’argent dont a énormément besoin notre école publique. Les acteurs que sont les maîtres et professeurs avaient donc raison. Aucune politique éducative ne pouvait aboutir dans les conditions qui les ont vues naître. Car ce qui manquait à ces décideurs c’est une vision claire et surtout une réelle volonté de faire réussir l’école publique. Heureusement que ces nouvelles décisions que vous caractérisez de contradictoires sont venues mettre fin à l’hémorragie. Mais cette fois ce n'est pas une décision prise comme vous dites à la hâte comme l’ont toujours fait les autorités éducatives de par le passé, elles ont toujours pris les décisions dans l'urgence et sans jamais consulter les vrais acteurs de l'action pédagogique que sont les maîtres. Cette fois le ministère semble avoir bien écouté les revendications des professeurs et bien compris les souffrances et désirs des apprenants et des parents. La décision courageuse d’en finir avec des politiques qui n’ont cessé de jouer avec les intérêts du peuple est aujourd’hui une volonté partagée par – je ne dis pas tous - les Marocains qui veulent le bien de l’école nationale.
Ensuite vous évoquez « un modèle pédagogique qui met en œuvre l’approche par les compétences ». Et par là vous voulez parler de la Pédagogie De l’Intégration. Vous parlez donc comme si vous et Rodgers avez découvert un trésor. La PI. Je voudrais savoir en tant que qui ou quoi vous parlez à la place des enseignants. Car vous ne pouvez pas être un enseignant même si vous appartenez au Ministère de l’éducation Nationale. La PI, monsieur, n’est ni une pédagogie nouvelle ni une nouvelle pédagogie. En effet, depuis que l’école moderne existe, les enseignants ont toujours pratiqué l’intégration et ils continueront à la pratiquer aussi longtemps que l’école existera. Xavier Rodgers et ses collaborateurs ont pris beaucoup d’argent pour un copiage/collage gratuit. Vous ne pouvez pas être un enseignant car vous ignorez que jamais un enseignant n’a enseigné avec une seule pédagogie. Le principe même de la pédagogie est que le maître doit réussir sa mission en essayant et pratiquant toutes les méthodes d’enseignement disponible. Or ce que La PI propose ce n’est pas une pédagogie mais une méthode. Et de ce fait elle ne doit pas exclure les autres pratiques qui lui ont précédé ni celles qui apparaitront dans l’avenir. Car le terme même de pédagogie signifie relation, accompagnement, conduite par un adulte d’un apprenant durant un temps déterminé et en ayant recours à des outils et des procédures (= méthodes) pour amener l’élève à bon port. Vous comprenez maintenant que ce Belge vous a tous induit à l’erreur et maintenant il vous accuse de ne l’avoir pas laissé travailler. A suivre

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs