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Les chimpanzés n’ont pas besoin de l’homme pour se faire la guerre




Les chimpanzés n’ont pas besoin  de l’homme pour se faire la guerre
Les chimpanzés s’entretuent pour éliminer des rivaux et obtenir un meilleur accès au territoire, aux femelles et à la nourriture et non parce que l’impact des activités humaines les aurait rendus plus agressifs, assurent des chercheurs.
Les attaques meurtrières lancées par des groupes de chimpanzés mâles contre d’autres mâles isolés n’appartenant pas à leur communauté traduisent une “stratégie d’évolution”, selon une étude réalisée par une équipe de trente chercheurs du monde entier et publiée mercredi dans la revue Nature.
Ce travail se veut une réponse à un nombre croissant de commentaires affirmant que la violence des chimpanzés résulterait de la présence humaine qui a provoqué la déforestation et des apports artificiels de nourriture.
Les humains et les chimpanzés sont les seules espèces au monde à mener des attaques coordonnées contre des membres de leur propre espèce.
“Si nous utilisons les chimpanzés comme des modèles pour comprendre la violence de l’homme, nous avons besoin de savoir ce qui rend réellement les chimpanzés violents”, dit Michael Wilson, chercheur à l’université du Minnesota et principal auteur de l’étude.
“Les modèles d’agression mortelle chez le chimpanzé montrent peu de corrélation avec les impacts humains mais s’expliquent davantage par l’hypothèse de l’adaptation, le meurtre étant un moyen d’éliminer des rivaux lorsque le coût de l’agression est faible”, concluent les chercheurs.
En accroissant leur territoire, l’accès à la nourriture et aux femelles, les chimpanzés augmentent leurs chances de survie et de se reproduire, ce qui leur permettra de transmettre leurs gènes aux générations futures.
Les chercheurs ont réuni des informations sur 18 communautés de chimpanzés (Pan troglodytes) en Afrique, recueillies au cours des 50 dernières années. Ils ont recensé 152 meurtres.
Les scientifiques ont également étudié quatre communautés de bonobos (Pan paniscus) sur la même période. Ils n’ont trouvé qu’un meurtre suspecté chez ce singe réputé pacifique qui fait partie des espèces en danger.
Pour étudier l’impact de l’homme, les chercheurs ont retenu trois variables: les chimpanzés avaient-ils été nourris artificiellement, de quel espace disposaient-ils, avaient-ils été dérangés notamment par la déforestation?
Pour tester l’hypothèse de la stratégie évolutive, ils ont regardé de quelle région venaient les chimpanzés et le nombre de mâles. Ils ont également étudié la densité (le nombre de chimpanzés au km carré).
L’étude montre que les chimpanzés mâles représentaient 92% des attaquants mais aussi 73% des victimes. Les jeunes non sevrés sont également la cible d’attaques meurtrières. 
Les deux tiers des meurtres ont eu lieu dans le cadre d’attaques contre des membres d’autres communautés, peu susceptibles de faire partie de la même famille.
Les agresseurs étaient bien plus nombreux que les agressés (dans un rapport de huit contre un), ce qui permet de réduire le risque et donc le “coût” de l’attaque, soulignent les chercheurs.

Jeudi 25 Septembre 2014

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